Le blog de La Sorcière
 

722 : Tomorrow

Hanlalalalalalalala !
Ben je vous dis pas ce que ça fait de revoir cet épisode, maintenant, là, aujourd'hui ! D'abord, c'est triste parce que c'est celui qui clôt cette série exceptionnelle, et ensuite c'est complètement troublant parce que l'investiture de Monsieur O., c'était le 20 janvier dernier, et que c'est quand même très difficile de ne pas jouer à la superposition des visages et des personnages quand c'est aussi frais.

Quoi qu'il en soit, cet épisode est beau. On sent l'envie de graver ces images dans la postérité. De vivre cette journée exceptionnelle jusqu'au bout. D'ailleurs, tout commence à l'aube. Le soleil envisage de se lever sur Washington.

Et aux quatre coins de la ville, les personnages centraux se réveillent. Ou peut-être n'ont-ils tout simplement pas dormi.

(Mgni. )

La nervosité pour certains, la nostalgie pour d'autres, la réflexion, parfois. Tout cela se lit chez eux.

Il y a ceux qui se préparent à arriver. Et ceux qui se préparent à partir.

C'est passionnant de suivre les réactions de chacun. De Josh, notamment, qui est déjà dans l'après. Lui, il y est, à la Maison Blanche.

D'ailleurs, il sera l'un des premiers de la nouvelle administration à débarquer. Car quelque part, il y est toujours un peu chez lui. Et puis il y a CJ. Et ce joli moment qu'ils partagent alors que celle-ci lui laissera bientôt son bureau. Sauf que non, pas vraiment son bureau. C'est et cela restera à leurs yeux celui de Leo. J'ai adoré qu'on nous ramène John Spencer, brièvement, dans cette scène. Encore plus lorsque CJ donne à Josh un post-it tout froissé, qui a dû beaucoup servir.

Josh : WWLD ?
CJ : What Would Leo Do ?

Il y a également les réactions du président élu et de madame qui ne ratent pas une occasion d'être mignons comme tout et qui gloussent tant qu'ils peuvent.

Et qui encore, à quelques secondes de la prestation de serment, claquent quelques blaguounettes parce que décidément, ils sont un peu monsieur et madame Tout-le-monde.

Helen : Man, I hope Janet Spraegins has her TV on.
Matt : Who ?
Helen : Senior year. She beat me out for the last varsity spot on the swim team.
Matt : Guess what ?
Helen : What ?
Matt : You win.

Voilà qui tranche joliment avec le côté grand bourgeois des Bartlet. Car Helen est inquiète. Le soir même, il faudra apparaître à neuf bals et y esquisser quelques pas de danse. Angoisse.

Helen : Am I supposed to wear nine gowns ?
Matt : Do you have nine gowns ?
Helen : No !
Matt : Then you're not.

Ils ne sont pas trop pressés, les Santos. Pas plus que les Bartlet ne le sont de partir. D'ailleurs, il traîne, le Jed. Traîne dans son bureau oval, en jogging. Attend le dernier moment avant de rédiger le traditionnel petit mot à son successeur. Et ça, Debbie ne manque pas de le lui faire remarquer. A sa manière toujours gentiment grinçante.

Debbie : You do realize that you turn in a pumpkin at noon ?

Oui, oui, et il sera à la bourre, de toute façon. Mais il faut faire les choses proprement, prendre congé de tous ces braves gens qui ne partiront pas sans leur poignée de main.

(Ici à Carol, et un peu plus tard à sa propre fille, Renee Estevez, à qui il demande des nouvelles de sa mère. Ah ah ah.)

On a beau savoir que Charlie restera un proche de la famille Bartlet, ben rien à faire, il y a une telle tendresse entre lui et le président que ça me bouleverse chaque fois qu'il y a une scène un peu forte entre eux. Du coup, j'en ai mordu mon poing lorsque Jed lui fait un dernier cadeau avant de quitter la Maison Blanche, le plus beau, sans doute. Sa Constitution, celle de son père, qu'il lui avait offerte quand il était encore à l'école.

Rah, quand je pense que Charlie, c'était un petit livreur de rien du tout. Et le voilà le fils que la famille Bartlet n'a jamais eu, après deux gendres discutables. C'est trop mignon, c'est juste trop.

Donc, Jed traîne. Et il traîne surtout autour d'une dernière chose : la grâce de Toby qu'on ne verra pas, dans cet épisode, sans doute parce qu'en intervenant dans la crise des astronautes, il a perdu le droit de l'être. Ca m'a fait de la peine, vraiment.
Mais il est longuement présent par ce papier qui attend désespérément la signature de Bartlet. Et ce sera d'ailleurs son dernier acte en tant que président. Signer l'amnistie de Toby qui n'ira donc pas en prison. Non sans mettre un petit coup de poing sur le bureau après l'avoir fait. Parce que c'est un peu la merde, quand même. Et que ça va faire couler beaucoup d'encre.

Une bise à CJ, un dernier tour du propriétaire...

Et il est temps de fermer la porte. Et pour nous d'entrer dans la partie qui nous est si familière. C'est d'ailleurs très amusant de voir les anciens de la Maison Blanche suivre l'investiture de "l'autre" à la télévision.

(Arnie !!!)

Il est donc temps.

Et alors que Matt Santos apparaît sur l'estrade, un ballet à la fois drôle et triste a lieu à la Maison Blanche. En l'espace de quelques heures, le logement des Bartlet doit devenir celui des Santos. Alors on replie, on range, on dévisse et on roule le plus vite possible.

Et Debbie Fiderer regarde le carrosse se transformer en citrouille. A midi pile.

On a beau aimer Santos, ça fait un pincement au coeur.

Hop, l'image culte.

Combien on en a vu faire ça ?

Donc voilà. Matthew Santos est président et Jed Bartlet ne l'est plus. Et moi, je me marre de voir Josh et son armée entrer à la Maison Blanche d'un pas de conquistador.

Sam : Home sweet home.

J'ai presque versé ma larme en voyant la jeune Ronna reprendre le flambeau de ce vieux chameau de Fiderer. Qui ne pourrait pas être plus gentille qu'en cet instant où elle prodigue les quelques conseils indispensables à la secrétaire du président.

Oh oui, elle est émouvante, cette petite Ronna qui jette un regard timide et surtout ému sur le bureau ovale qu'elle aperçoit pour la première fois. J'imagine qu'elle n'aurait jamais pensé arriver jusque là.

Il y a aussi Bram qui s'installe sans faire de façons, sans même écouter les quelques politesses de Charlie, déjà dans son truc.

Et il y a Donna qui m'a rendue fière, dans cet épisode. Je m'attendais presque à la voir rougir et pouffer lorsqu'on lui présente le grand et magnifique bureau qu'elle prend pour celui de la première dame... et qui sera en fait le sien.

Elle se rattrape bien vite, avec naturel, et je ne peux pas m'empêcher de me dire que ce bureau est bien plus grand que celui de Josh.

Pendant ce temps, ceux qui ont été indispensables pendant si longtemps sont maintenant devenus superflus. Et j'imagine le vide que l'on peut ressentir à ce moment de sa vie. Le désarroi.

Charlie : What about see a movie ?
Will : It's two o'clock in the afternoon.
Charlie : You got anything better to do ?
Kate : No, I guess, we don't.
Will : Is there a movie theater around here ?
Charlie : I have no idea.

Pour CJ, ce sera un dernier petit tour dans sa salle de presse.

Et pour Jed, une dernière phrase à son successeur.

Jed : Make me proud, mister president.

Et pendant que le nouveau président prend ses quartiers...

(Roh le frisson quand Santos s'installe derrière le bureau !!!)

... l'ancien s'en va...

Abbey : Jed ?
Jed : Mmmh ?
Abbey : You made it. You're still here.
Jed : Yeah. I'm still here.

Au même moment, CJ s'en va par la petite porte. A pieds. Avec un dernier sourire vers cette grande baraque où elle a passé tant d'années à s'échiner.

Avant de se tourner et de se mêler à la foule pour redevenir une quidam. Et de prendre son avion pour rejoindre Danny en Californie.

La dernière scène de Matt Santos sera avec ses conseillers. Une scène qu'on a déjà tant de fois vue avec Bartlet, Leo, Toby, Sam, Josh et CJ. Là, c'est une toute autre équipe.

Et une fois renvoyés, il n'en reste que deux. Le président et son chef de cabinet. C'est reparti pour un tour.

La dernière scène de Jed, c'est celle de l'avion qui l'emmène vers la ferme familiale. Il y ouvre le cadeau laissé par Mallory, la fille de Leo.

Le slogan de sa première campagne présidentielle, griffonné à la hâte sur une serviette de restaurant.

Et enfin, les quelques secondes qui resteront gravées dans ma mémoire :

Abbey : What are you thinking about ?
Jed : Tomorrow.

Magnifique. Quelle sortie, mes enfants, pour Jed Bartlet.

Voilà, c'est fini, et c'est une review bien bêbête pour un si grand épisode, mais des fois, il faut savoir faire simple, voire inutile. Et puis parce que c'est épisode, c'est surtout des images. Plein d'images fortes.
Enfin, je vais fermer la porte de cette rubrique, moi aussi.
Et c'est avec les yeux humides que je le fais, je peux vous le dire.
Mais je n'exclue pas de rouvrir mes DVD de temps en temps. Car il y a des épisodes inoubliables que je me referais avec plaisir.

 

721 : Institutional memory

J'adore, cet épisode. Vraiment. Quand je l'ai vu la première fois, j'ai été complètement sous le charme. Je comprends tellement le désarroi de ceux qui sont encore en place, poussés vers la sortie par ceux qui piaffent d'impatience à l'idée de prendre la relève. Comme ça doit être dur de céder son bureau à un inconnu quand on aurait tellement de choses à faire, encore. Fucking transition.
Alors il y a ceux qui rêvent d'être repêchés par la nouvelle administration, comme Kate Harper. Et il y a ceux qui ne savent pas, comme CJ Cregg.
C'est justement autour d'elle que tourne cet épisode, et autour de sa décision : faut-il rester alors qu'elle tente justement de faire passer une nouvelle taxe improbable à quinze jours de l'investiture de Matt Santos ? Ou faut-il aller oeuvrer ailleurs, sachant qu'elle est désormais la personnalité la plus courue par les chasseurs de tête ?

C'est ce choix auquel CJ est confrontée ici, tout en continuant à faire tourner son administration car le business n'attend pas. Alors que dans la maison, tout le monde peaufine son CV, range son bureau, tente de se recaser à toute vitesse et enchaîne les entretiens professionnels, CJ, elle, peine à tout concilier, sans parler de sa relation avec son Danny qui a beau essayer de ne pas avoir l'air impatient, mais l'est un peu quand même. C'est qu'il compte bien lui fondre dessus aussitôt qu'elle aura quitté la Maison Blanche.
La bonne blague. Il ne s'attendait pas à ce que Matt Santos propose à CJ le poste de conseiller personnel. Offre alléchante, d'autant plus quand on sait que le secrétaire d'Etat va s'appeler Arnold Vinick et que CJ ne va pas manquer d'admirer l'intelligence du président-élu sur ce coup-là.
Mais CJ peut-elle accepter de travailler pour ce type qu'elle ne connaît pas ?

Il y a forcément l'envie de continuer l'oeuvre commencée sous Bartlet, la peur, peut-être, de l'inconnu, l'angoisse du vide quand on a passé huit ans à bosser quinze heures par jour. Et l'automatisme qu'on prend pour de l'envie. Surtout quand le futur président dit que le pays a besoin de vous.

Il faudra une bonne secousse à CJ pour réaliser ce dont ELLE a besoin. Et cette secousse, elle vient de Danny, bien sûr. Danny qui veut bien jouer les bouche-trous (hem) de 23 heures à 6 heures du mat', mais qui a l'intelligence de savoir ce qu'il veut et qui explose lorsque CJ évoque la possibilité de rester à la Maison Blanche. Pas d'ultimatum à la façon de Donna, ici, mais une mise au point. Non, ce ne sera jamais le moment si CJ ne le décide pas. Il y aura toujours une bonne raison pour qu'ils ne passent pas la vitesse supérieure.

Car comme beaucoup de jeunes demoiselles (hem), elle est terrifiée à l'idée de s'engager dans cette relation qui lui tend les bras depuis un bon moment, déjà. Un homme ? Mais qu'est-ce qu'elle en ferait, donc, si ce n'est tout ruiner au plus vite ? Alors autant trouver toutes les excuses possibles pour que cela n'arrive pas.

Il faudra une petite visite à un vieil ami pour comprendre qu'il est temps de tourner la page Maison Blanche, d'autant qu'un richissime homme d'affaires lui propose de mettre à sa disposition dix milliards pour faire un monde meilleur.
Ce vieux copain, c'est Toby, bien sûr. Avec qui elle se dépêche de se prendre le chou parce que c'est comme ça.

CJ : You don't need a pardon, you need a frying pan to the side of your head.

A ce moment de la série, sans avoir vu la fin, imaginer Toby en prison m'était intolérable. Il respire tellement la finesse et l'intelligence, derrière son masque bourru. Et la sensibilité, aussi. D'ailleurs, au bout d'un moment, elle finit par percer la muraille.

Toby : I missed you.

CJ est donc à point pour répondre à la question de Danny. Veut-elle vraiment travailler à la Maison Blanche ? Non, répond-elle de la tête.
La liberté, enfin. Elle l'a bien méritée. Et surtout de se reposer un peu sur l'homme qui lui propose une vraie vie de couple.

Danny : I want you to do what you want to do. Take the job at the White House. I just want you to talk to me about it. I want us to talk about what it will mean and we'll make it work. I want us to talk like we're gonna figure it out together. I want us to talk... because I like the sound of your voice. I just want to talk.

Ce ne sera donc pas la Maison Blanche. Et c'est le soulagement car je n'aimais plus cette CJ de la Maison Blanche.
Amusant, en parallèle, de voir les jeunes se dépétrer de ce changement d'administration. Will cherche un élu potentiel à placer en Oregon et ne trouve pas chaussure à son pied. En en parlant avec sa bonne amie Kate, l'évidence frappe soudain.

C'est évidemment à lui d'aller briguer ce mandat champêtre. Quitte à sacrifier sa relation avec Kate.

Joli parallèle avec le parcours de CJ, en passant. Elle, a suffisamment sacrifié.

Et voilà. Quel plaisir de revoir ça. Je comprends pourquoi je n'ai pas été capable de mettre un point final à cette rubrique. Je n'avais pas envie de finir. C'est trop bon, tout simplement.

 

The (real) West Wing



(Merci à Mo' qui a trouvé ça pour moi et à qui je souhaite good luck de tout coeur...)