Le blog de La Sorcière
 

205 : Big girls don't cry

C'est assez marrant, parce qu'en ce moment, lorsque je regarde un épisode des Soprano, je me retrouve souvent à râler, à lâcher quelques "blë ?", voire "WTF ???", je referme Bill pas forcément contente, et puis au fur et à mesure que l'épisode fait son chemin, je suppose jusqu'à mon cerveau, mon avis évolue. Ca peut prendre une journée.

Là, clairement, le Furio, ça va pas être mon copain. En même temps, je ne pense pas que Tony l'ait débauché à Annalisa pour en faire son meilleur pote. En revanche, pour massacrer les gens, il a l'air au poil.

Déjà, non mais qu'est-ce que c'est que cette dégaine, là ? Haircut emergency detected ! Ensuite, moi, c'est vrai que je préfère nos pépères. Sil et Paulie, notamment. Eux, c'est des princes. L'autre, ça m'a l'air d'être un tordu de première, genre limite perv' sur les bords. Je m'appellerais Carmela Soprano, je ne serais pas ravie de voir un mec comme lui fréquenter mon canap' ni bisouiller les enfants de mes copines.

Et la pauvre Charmaine Bucco a bien raison de se rebiffer, mais je serais elle, je ne la ramènerais pas trop non plus.

Donc, ça, c'était pour le Rital.

Par contre, on a encore droit à une magnifique mise en lumière de Christopher. J'ai failli m'esclaffer en le voyant arrivant, roulant des mécaniques, dans son cours de scénaristes, mais comme je l'aime bien, je me suis tenue. Je ne m'attendais vraiment pas à ce qu'il soit aussi excellent, en le voyant faire la comédie (c'est le cas de le dire) pour changer de scène.

C'est bouleversant de voir un mec se découvrir comme ça. Et je ne suis pas du tout étonnée que sa réaction soit aussi violente quand un mec lui demande innocemment comment il a réussi à pleurer pour jouer la scène. C'est un peu comme Tony quand il s'est rendu compte dans le cabinet de Melfi à quel point il était vulnérable, et qu'il a claqué la porte. C'est la honte, pour ce genre de mec, c'est tout. Enfin, toujours est-il que c'était parfaitement remarquable. Ca lui permet sans doute de réaliser certains trucs, au point d'aller balancer aux ordures son début de scénario tout pourri.

Chouette personnage, décidément. Belle sensibilité malgré le côté canaille brutale et cocaïnée.

Et enfin, le meilleur... Jennifer Melfi qui récupère son Tony en consult', parce qu'elle en a besoin, tout simplement, comme elle le dit à son analyste qui doit grave halluciner.

Pente glissante, la mère Melfi, tout de même. Et ce grand pendard qui se dépêche de refuser sa proposition mais qui se pointe quand même le lendemain à son rendez-vous. Arf. Elle le connaît bien. Comme s'il pouvait répondre oui d'emblée.

En tout cas, elle a toutes les peines à dissimuler à quel point il lui a manqué... Lui, par contre, se hâte de reprendre cet air goguenard et provocateur qui lui va si bien, quand il est avec elle.

Pour finir, avec l'arrivée de Furio, ça sent pas bon... Pussy écarté, Paulie qui prend du galon... Mmmmh... Méfiance.

Ca pue aussi du côté de la famiglia parce que maintenant, Tony est au courant pour Richie et Janice.

Quel couple atroce, d'ailleurs. Brrrr...

Et enfin, contre toute attente, j'ai plutôt bien aimé la petite dynamique entre Tony et sa maîtresse. Décidément, c'est fascinant de le voir évoluer avec ses femmes.

Pas mécontente d'avoir revu Hesh, également, qui donne à Tony une clé importante : il lui apprend que son père souffrait des mêmes crises de panique.

Voilà qui va peut-être apaiser le caïd. Savoir que son père (un saint !) présentait les mêmes symptômes, c'est rassurant.

Bon, et maintenant, Gregory House, à nous deux !

 

204 : Commandatori

Encore une fois, je ne suis pas très fan des épisodes où Tony et la clique quittent le New Jersey. Mais bon, pour une fois, cela permet aussi de s'intéresser un peu aux femmes, dans les Soprano. Aux femmes de manière général.

On suit donc un peu les états d'âme de Mme Bompensiero, et par effet miroir, ceux de la veuve Aprile et de la Signora Soprano. Et encore par ricochet, ceux de Janice qui tout en critiquant copieusement la vie de ses copines, tombe dans les mêmes travers en se maquant avec Jackie Aprile, comme le lui fait vertement remarquer sa belle-soeur.

Et c'est vrai qu'elles font bien pitié, les gonzesses. Oh oui, elles ont une belle baraque, des ongles impecs (*jette un coup d'oeil aux siens* hum !), elles n'ont rien d'autre à foutre que déjeuner avec les copines, faire les boutiques et torcher les mômes... Eh ben... les malheureuses.

La première à péter un câble, c'est donc Mme Pussy. Tentative de suicide, dépression...

Sous le regard effaré des autres femmes qui préfèrent probablement faire comme si cela ne les concernait pas. Mais bien sûr.

C'est vrai qu'il est lourdaud, le gars Pussy. Et c'est sûr que les mafiosi, c'est pas franchement des gars super attentionnés envers leurs petites épouses.

C'est quand même une drôle de relation que ces messieurs entretiennent avec les femmes. Mères, filles, maîtresses, épouses... tout est bien rangé et dès que cela se bouscule un peu, ils ne comprennent plus rien à ce qui se passe.

Exemple en Italie où Tony est parti avec ses lieutenants, pour affaires.

J'en profite d'ailleurs pour remarquer que Christopher est de plus en plus à la dérive...

Bref, c'est curieusement sur le vieux continent que ces valeurs machistes entretenues par nos ritals d'Amérique volent en éclats. Le tout incarné par la fille du parrain local, lui-même impotent.

C'est donc elle qui mène les affaires, avec force gestes et hauts cris parce qu'elle est Italienne, faut pas déconner.

Ca, ça lui coupe, au petit Tony.

Amusant aussi de remarquer que sans être là, Melfi trouve quand même le moyen de s'infiltrer dans l'épisode. Tony trouve qu'Annalisa lui ressemble beaucoup, à sa psy.

Bref, si cet épisode n'avait pas été aussi riche en symboles, je pense que je ne l'aurais pas aimé du tout.
Au final, c'est tout de même un état des lieux magistral.
La preuve avec la dernière scène. Le grand "I'm home !" de Tony, chargé de cadeaux, et l'indifférence de Carmela, presque dégoûtée de le voir rentré à la maison.

Brrrr...

 

203 : Toodle-fucking-oo

Ex-cel-lent.

Sérieux, superbe épisode. On en prend plein la poire !

Déjà, grand coup de chapeau à Miss Meadow qui balade ses vieux, mais d'une force !

Oh, la déception pour le pauvre Tony, de découvrir que sa fille peut être une vraie petite merdeuse.

C'est une ado, quoi.

Au fond, je ne pense pas que Meadow soit mauvaise fille. Elle traverse une période mouvementée, c'est un peu une Alyssa Milano rebelle, quoi.

Elle manipule ses parents avec un talent certain, mais je pense que tout ça se tassera une fois qu'elle entrera à la fac. Je la vois bien avoir des fréquentations pas très claire, mais au fond, c'est une brave petite.

Enfin là, pour le moment, elle est à gifler, et elle sème quand même légèrement la discorde.

Genre partout. Et notamment entre sa mère et sa tante.

Et même avec son frangin.

Janice : "There's a Zuni saying: "For every twenty wrongs a child does, ignore nineteen.""
Tony : "There's an old Italian saying: "You fuck up once, you lose two teeth.""

La tante Janice, c'est quand même une jolie taupe. Sous ses bouclettes à la cool et sa bonne tronche, y a quand même un esprit un peu tordu. Ce qui m'amène à...

Richie Aprile. Oh... my... God. Tous aux abris. Autant le frangin décédé au début de la série avait l'air relativement... sensé... pour un parrain de la Mafia, du moins, autant lui, il a l'air complètement fracassé, le pauvre garçon. Le voilà donc sorti après dix ans de taule. Et dès le début, ça ne se passe pas tout seul. Et je sens qu'il y a de fortes chances que ça ne se passe pas tout seul entre lui et Tony.

Sans déconner...

En revanche, là où ça se passe très bien, c'est avec cette tordue de Janice. Voyez-vous ça, ils sortaient ensemble quand il étaient jeunes. Si c'est pas mimi.

Non, en fait, c'est pas mimi du tout, c'est hyper flippant !

Et vas-y que je vais faire un peu de lèche à mama Soprano...

Sinistre individu !

Sinon, le truc qui m'a absolument éclatée, c'est la réaction de collégienne de Melfi lorsqu'elle croise Tony dans un restau. Lui, parfaitement dédaigneux, et elle, tellement prise au dépourvu qu'elle en est ridicule.

Au point d'en lâcher une salutation complètement grotesque, ce qui, a posteriori, la laisse totalement mortifiée.

Notamment face à son psy.

En fait, elle culpabilise à mort d'avoir repoussé Tony quand il avait besoin d'elle, après sa crise au volant de sa voiture. Moralité, elle en fait des cauchemars, la pauvre.

Maintenant, reste à savoir combien de temps cela va lui prendre avant qu'elle ne le reprenne. Uhuhuh. Hé hé hé, ils m'éclatent, ces deux là.

 

202 : Do not resuscitate

Il y en a deux ou trois qui doivent se dire depuis quelques jours : "Tiens, la Sorcière, elle ne regarde plus les Soprano."

Si, si. Il m'est juste arrivé une mésaventure qui m'a complètement coupée dans mon élan : j'ai regardé l'épisode 203 avant le 202. Un micmac infernal entre les captures qui correspondaient pas et tout le bataclan. Moralité, j'ai envoyé tout ce joli monde se faire frakker depuis quatre jours. Et il faudrait peut-être que j'envisage de dire ce que j'ai pensé de ces deux épisodes, ordre ou pas ordre.

Donc, à retardement : fucking hell, la mère Soprano, c'est juste PLUS-POS-SI-BLE.

Non mais sérieux, une vieille pareille... Ca va bien que sa fille Janice louche sur la maison, parce que sinon, je pense qu'elle l'aurait déjà envoyée péter d'importance, tout comme Tony l'a fait.

Oh, et puis alors, voyant qu'elle risque de se coltiner sa fille à demeure, la comédie qu'elle fait, faisant semblant de s'étouffer histoire de lui flanquer la frousse...
Vieux chameau.

De son côté, Tony, réclamé par son oncle, va lui rendre visite en taule.

Et de son côté, l'oncle Jun, il joue bien la comédie aussi. Le voilà en train de jouer les braves pépés souffrants pour obtenir la liberté en étant assigné à résidence.

Non, mais c'te famille de cinglés !!!

Les affaires reprennent donc tout doucement pour Mr. Magoo qui négocie avec son neveu une part des bénefs et qui parvient, grâce à un toubib copieusement arrosé, à rencontrer en toute discrétion, les gens qu'il faut.

Pendant ce temps-là, Livia ferait pas mal de se méfier. Elle commence à capter que si elle devient trop gênante, il pourrait bien lui arriver des soucis.

C'est comme ça qu'elle finit par appeler Carmela pour lui dire qu'elle compte bien laisser tout son argent aux enfants, et puis un peu aussi pour pleurer misère...

Et Carmela lui raccroche au nez.

Tout cela sur fond de magouilles dans le secteur du bâtiment. Ah ça, les bras m'en sont tombés quand j'ai compris que le bon révérend était dans le coup, lui aussi... Ca m'a scié la croupe, vrai.

Il n'empêche que j'ai également adoré la fin de l'épisode. La chute de l'oncle Junior dans sa baignoire, et Tony qui le soulève comme une plume pour l'emmener chez le toubib.

Y a rien à faire, la famille, c'est vraiment sacré. Reste à déterminer laquelle, de famille.

 

Pourquoi je pense que Tony Soprano va tuer Christopher Moltisanti

Bon, alors, un peu d'indulgence et de discrétion, hein ? J'attaque tout juste la saison 2. En général, à ce stade d'une série, je commence à être suffisamment à l'aise avec l'atmosphère et les personnages pour commencer à réfléchir à l'avenir. J'évite les spoilers comme la peste (ce qui n'est pas facile quand une série vient juste de s'achever) et ce soir, en remplissant mon sac poubelle, je me suis dit : Tony va tuer son neveu, tôt ou tard.

Et plus tard que tôt, sans doute, car Christopher est un personnage clé. Mais voilà, aussi clé soit-il, ce brave garçon-là, à mes yeux, il est voué à disparaître. Et ça me fait bien mal au coeur parce que je m'y suis attachée. Pourquoi je pense que ce ne sera pas tout de suite ? Parce que Chris a encore du chemin à faire. Il faut qu'il grandisse encore, et surtout, qu'il en chie. Et quand il en aura bien chié, il fera une grosse boulette. Et là, les larges paluches de Tony Soprano viendront serrer gentiment son cou jusqu'à ce qu'il devienne tout bleu.

Pourquoi ? Parce que ce sera un choc, et que dans cette série, il faut des chocs. Et des symboles. L'axe oncle/neveu est très fort, bien plus, on l'a déjà vu dans la saison 1, que l'axe père/fils. Bien plus significatif. Dans la continuité de ce qui se passe entre Junior et Tony, la même chose se passera entre Tony et Christopher. Au grand dam de Tony, sans doute, qui n'est pas assez bête pour ne pas se rendre compte de l'engrenage diabolique dans lequel il est pris.

Parce qu'il faut des sacrifices, aussi. Pour le personnage principal comme pour le public.

Je pense également que Tony ne mourra pas à la fin de la série. Parce que comme pour Michael Corleone, la mort est un châtiment bien trop doux pour ce genre de bonhomme.

Parce qu'il faut qu'il vive pour, peut-être, regretter. Ou pas.

Enfin, je peux me planter totalement, mais là, après 14 épisodes, je vois bien ça comme ça...

Et je pense que ça va être formidablement bon.

 

"Just when I thought I was out... "

Silvio Dante qui imite Al Pacino... A pleurer de rire...

 

201 : Guy walks into a psychiatrist's office

Or donc, après une intro digne d'un opéra dramatique, où l'on voit notamment Christopher se remplir les narines de cocaïne et le fossé qui sépare Tony et Carmela se creuser à une vitesse impressionnante, bref, à l'issue de cette intro, Tony aperçoit une voiture suspecte garée devant chez lui et qui en sort, je vous prie ?

Le sieur Bompensiero alias Pussy disparu et très pleuré par Tony, mais pas tout à fait mort. Evidemment, quand on est italien, on commence par s'énerver très fort quand on retrouve un ami cher qu'on a cru décédé.

Et ça, pour s'énerver, il s'énerve, Tony, au point que Pussy se demande s'il va ressortir vivant de la casa soprana.

Mais après avoir postillonné quelques "who's you fucking boss ?" qui, espérons-le, passeront à Pussy toute envie de remettre ça pour les trente ans à venir, forcément...

Tout de même.

Ce qui nous vaut une scène absolument culte de retrouvailles entre les hommes de Tony. Pussy, absent pendant longtemps, demande à Silvio de lui faire son inimitable imitation d'Al Pacino... C'est hilarant. Les autres se marrent comme des bossus... Moi, j'en aurais pissé dans ma culotte. Silvio Dante, c'est... pffff, je ne saurais même pas dire. Il faut le vivre pour le comprendre.

Ah, c'est bon de voir ça.

Du côté de la Mefli, c'est pas la joie. Elle a mis la clé sous la porte et est partie se planquer dans un hôtel pourrave où elle donne ses consults. Seulement, arf arf arf, ma bonne dame, Tony Soprano vous a à l'oeil. Et ça, ça ne lui plaît pas du tout.

En fait, de prime abord, ça m'a énervée de voir sa réaction de rejet total, parce que vu de nos canap', Tony, on l'aime bien. On le trouve flippant de temps en temps, mais on ne peut pas ne pas l'aimer. Melfi, elle, elle est piégée. Quoiqu'elle fasse, difficile d'échapper à l'influence tentaculaire du nouveau Don (puisque nul doute que Tony l'est, à présent). Et même si Tony a l'élégance d'aller consulter un nouveau psy voyant qu'elle ne veut plus le voir... consultation qui tourne vite à l'aigre puisque le gars sait très bien à qui il a à faire... Il a pas peur, lui...

Dr. D'Alessio : "I've seen The Godfather and Analyze This, and I don't need that for my practice right now."
Tony : "Analyze This ? That's a fuckin' comedy !"

Bref, après cette expérience ô combien enrichissante (et humiliante), Tony, ayant chaussé ses plus gros sabots, se pointe tranquillou dans le rade où Melfi picore ses pancakes. Erreur. Fallait pas.

Et là, on se dit ouais, il s'est planté en bagnole, elle va avoir pitié et le reprendre... Que... dalle...

Et l'envoie péter avec une force qu'on ne lui soupçonnait pas... Et moi, je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'elle est bien gentille, mais que ça, elle aurait dû le faire il y a bien longtemps, comme ses proches le lui avaient conseillé, et qu'elle a été bien conne de ne pas croire que tôt ou tard, elle serait impliquée jusqu'au cou dans la vie de Tony Soprano. Alors si ses patients se suicident parce qu'elle a disparu, ce n'est pas seulement de la faute de son patient gras du bide, mais un peu de la sienne aussi. Elle en rigolait quand son ex lui faisait remarquer que ça pouvait déraper, eh ben là, elle rigole plus du tout. Quant à Tony, c'est clair que c'est pas en terrifiant sa psy qu'il va réussir à reposer ses fesses dans son fauteuil. Alors en attendant, il n'a qu'à nous faire quelques syncopes au volant, ça lui fera un peu les pieds. N'en déplaise à Carmela, qui, je le vois d'ici, va probablement aller trouver Melfi et la supplier de reprendre Tony en consult'. Arf arf arf, ce serait d'une ironie formidable.

Et c'est pas tout. Je me disais justement que les saisons 2, en général, elles servent à élargir le champ, à découvrir les personnages qui gravitent autour de nos personnages principaux, à sonder un peu les familles. Je ne me trompais pas. Direct saison 2, on fait connaissance avec les frangines de Tony, Barbara et Janice, dont une est complètement blasée, et l'autre complètement illuminée, voire un peu truande. C'est très drôle et fascinant.

Autre formidable découverte, les parents de Carmela. Qui sont de grands comiques dans leur genre. Plutôt que de s'indigner du business de Tony, ceux-ci ont choisi de se planquer derrière la méchante belle-mère histoire d'avoir une excuse pour ne jamais venir. Nul doute que maintenant que la vioque est presque froide, on va les voir beaucoup plus souvent. Même si je pense que Mama Soprano, que Tony ne veut plus voir, d'ailleurs, a encore quelques tours pendables à commettre avant de nous quitter... Apparemment, elle est déjà en train d'entortiller Meadow. On va bien rigoler !

Enfin, tout ça pour dire que je m'éclate !

 

113 : I dream of Jeannie Cusamano

Déjà, laissez-moi vous dire à quel point cette série me fait plaisir. Tellement plaisir que regarder un épisode de cette série tous les deux ou trois jours me satisfait plus que regarder deux ou trois épisodes d'une quelconque autre série quotidiennement. D'où, vous l'aurez compris, un certain ralentissement dans la cadence des reviews.

Ah, finir une saison des Soprano. C'est un peu comme un grand ménage de printemps. Et ça, pour du ménage, il y a du ménage, en effet.

A commencer par Jimmy Altieri, la balance. Allez hop, pas le temps de faire sa prière, le voilà expédié par Silvio Dante.

Cet épisode, c'est aussi celui où Tony est bien forcé d'admettre que sa mère cherche à lui faire la peau. Et quand Melfi le formule pour lui, il pète un câble, et lui fout par la même occase une trouille bleue.

Terrifiant.

L'ironie du sort, c'est que ce sont les fédéraux qui vont confirmer la chose à Tony. En lui faisant écouter une conversation enregistrée dans la chambre de la vieille, entre elle et l'oncle Junior. Pauvre Tony, ça doit être terrible de ne même plus avoir droit au doute.

Le pire, c'est que la vieille n'en a pas fini. Sénile ou pas, quand ce brave bistroquet d'Artie lui apporte des macaronis maison, vla-t'y pas qu'elle lui raconte que c'est Tony qui a foutu le feu à son cher restau, au début de la saison. Et innocemment, avec ça. Oh, ah bon, vous n'en aviez pas parlé ? Grrrrr...

Ni une ni deux, le brave Artie, probablement le personnage le plus honnête du lot, Père Phil compris (pique-assiette et dragueur comme c'est pas permis, le fumier !), bref, le brave Artie empoigne sa pétoire et s'en va, fermement déterminé à trouer la peau à Tony.

Tony que ça ne trouble guère de devoir jurer sur la tête de sa mère qu'il n'y est pour rien, oh, avec tellement d'honnêteté dans la voix qu'on meeeeeurt d'envie de le croire !

J'adore cette manière de maintenir les apparences, envers et contre tout, que ce soit face à la famille ou face à l'extérieur. Même quand Junior et la vioque viennent dîner à la maison. Même quand Tony se fait interroger par les Feds. Cette double vie, c'est fascinant. Et avec ça, on sent qu'à pas grand-chose près, on pourrait avoir à faire à une famille super normale. Mais non. Dans cette famille, quand on n'aime pas ou plus quelqu'un, on lui troue la couenne. Comme dans cette scène formidable où Mikey Palmice est expédié ad patres par Paulie et Christopher. Ca tombe bien, je n'ai jamais pu le blairer. Ca tombe bien aussi pour Chris qui en profite, au terme d'une course effrénée dans les fourrés, pour décharger et sa haine et son flingue sur le pauvre Mikey qu'on ne pleurera guère.

Voilà, c'est précisément cette sauvagerie qui fait la différence. Ce qui est très drôle, c'est la confession de Tony à ses hommes. Oui, il voit un psy. L'embarras de Silvio, Paulie et Christopher... et Paulie qui timidement explique que lui aussi a consulté, jadis.

Oui, bon, c'est sûr, ça fait drôle. Mais bon, c'est le patron, on va pas lui en tenir rigueur.

Il n'empêche, comme le dit Tony : "Psychiatry and cunnilingus brought us to this". Alors c'est pas tout, mais il faut planquer la Melfi, aussi. La réaction de la pauvre Jennifer quand elle voit son patient préféré dans sa salle d'attente en dit long. Clairement, elle en a une frousse terrible, du Tony. Il réussit quand même à la convaincre de l'écouter. Pour son bien, quoi.

Et alors, phénomène aussi fascinant qu'inattendu, lorsqu'il lui explique qu'elle risque de se faire buter, c'est l'Italie toute entière qui revient au grand galop chez la mère Melfi, si posée d'habitude. Le parler se fait fleuri, le geste large, ça sent presque l'huile d'olive et la pâte à pizza.

Et pour finir cet épisode et cette saison en beauté, pour clore ce grand ménage de printemps, il nous reste deux cas à régler. D'abord, celui de Mister Magoo...

Pour lui, les barreaux.

Et celui de Mama Soprano... pour elle, ce sera l'oreiller que Tony chope fermement dans le couloir de l'hopital... ah, mais non. Mama Soprano a fait une crise cardiaque. Elle est emmenée aux urgences. Mais sur son brancard, Tony se penche tout de même pour lui dire tout le bien qu'il pense d'elle...

Et elle sourit sous son masque à oxygène, la vieille carne. Brrrrr... cette scène...

On termine quand même sur une note presque joyeuse, dans le restau d'Artie, en terrain connu. Entre la famille de Tony, Christopher et Adriana réconciliés, Paulie, Silvio...

Bref, quelle densité, quelle richesse. Il y a tellement de choses à raconter sur ces épisodes, c'est presque trop. Mais quel plaisir...

 

"It was a very good year"

L'incroyable début de la saison 2, sur une chanson de Frank Sinatra. C'est juste beau, émouvant. Et ça fout les jetons sauf qu'on ne sait pas trop pourquoi. Est-ce que c'est le sac rempli de billets ? Les petites lignes de Christopher ? Le regard que se lancent Carm et Tony dans le lit conjugal ?

 

112 : Isabella

Bon, bon, bon. C'est pas la joie, hein, on va pas vous le cacher. Pas de bol, chez Tony Soprano, c'est pareil, c'est la grosse déprime. Du coup, à le voir s'enterrer sous la couette, le regard paumé, blindé de médocs (oui, euh, moi non, hein ?), j'ai un peu l'impression de me voir.

Pauvre Tony. Décidément, la disparition de son copain Pussy l'a complètement anéanti.

Pauvre Tony, tellement sensible sous sa grosse carcasse d'ours mal léché...

C'est pourtant pas le moment de faiblir, car si Tony ne met pas souvent le nez dehors, lorsqu'il le fait, c'est naturellement pour se manger les sbires achetés par Junior en pleine face.

Et là, ça le réveille, le Tony. Ca lui met un gros coup de fouet. Ainsi qu'à sa famille. C'est que c'est pas passé loin.

Evidemment, la comédie qui se joue ensuite au domicile des Soprano est à mourir de rire, ou à pleurer de terreur, au choix. Il fait bonne figure, Tony, mais il sait que quelqu'un veut sa peau.

Et lui et ses hommes se doutent d'où viennent les ordres.

C'est quand même vachement mignon de voir à quel point Paulie, Christopher et Silvio font front autour de lui.

Ca l'a tellement bien réveillé, notre Tony, qu'il retrouve même sa petite langue de pute quand le curé se pointe pour lui présenter ses hommages.

Tony : "You're sleeping over right ?"

La meilleure scène de l'épisode, la voici : pour permettre à son mari de s'entretenir avec sa psy pendant quelques minutes, Carmela dépose Tony près de la voiture de Mefli, rencardée.

J'adore le bref regard échangé par les deux femmes, c'est leur première rencontre. Et j'aime beaucoup le profil bas qu'affiche Melfi, probablement très intimidée et très curieuse.

Difficile encore une fois de ne pas remarquer la fascination que Tony exerce sur elle, si rangée, et le plaisir qu'elle a à le rencontrer comme ça, vite fait, dans une voiture.

Et lui, c'est peu de le dire.

Bref, une fameuse complicité, et cette première rencontre hors du cabinet, elle est super forte.

Car si cet épisode s'intitule "Isabella", c'est à cause de cette vision de Tony, dans sa déprime. Vision d'une jeune femme vêtue tout en blanc, qui l'écoute et le rassure. Le symbole de ce que sa mère n'a jamais été. Et de ce qu'il aurait besoin aujourd'hui. Pas de bol, sa mère veut se débarrasser de lui. Ca concorde parfaitement.

Tout cela, Melfi le lui explique. Et il lui en est reconnaissant.

Bref. Encore une fois, un superbe épisode. Je n'ai pas tellement accroché à Isabella, parce que dès le début c'est une évidence. Une vision, un voyage, un moyen aussi de remonter la pente.

Ah, Tony Soprano et ses femmes.

Plus qu'un épisode. Les saisons 2 et 3 sont déjà commandées.

Je me régale, vraiment.

 

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