First Contact. 1996. J'ai rarement autant attendu un film que celui-là, je peux vous le dire !
(Enfin, c'était avant de connaître Peter Jackson, of course.)
A l'époque, c'était à peu près tout ce que j'avais à me mettre sous la quenotte en matière de Star Trek, et j'ai été sacrément récompensée. Je ne peux pas vous dire à quel point j'ai trouvé ce film bon. C'est le meilleur, sans conteste. Et treize après, j'en ai ri de voir ça, au générique.

Ah, Ronnie, sans le savoir, comme je t'ai aimé et béni après avoir vu ce putain de film. Comme notre histoire remonte à loin. 
(Dommage que je ne puisse plus sentir les deux autres arsouilles également cités depuis qu'ils m'ont coulé l'Enterprise de Trip et Jonathan, mais bon.)
Alors oui, c'est bourré des petits défauts qui m'exaspèrent, dans Star Trek. Oui, ils ont soixante-dix balais dans le fion rapport à ce que c'est des hommes de l'espace hyper-idéalistes et que non, ils ne vont pas baiser comme des castors alors qu'ils en meurent d'envie dans la cabane puante de Monsieur Premier Contact, l'alcool aidant. Ca fait 25 ans que ça dure, pourtant, et bon, c'est pas tout ça, mais on commence à se faire vieux, ma bonne Deanna.
Hein, M'sieur Riker ? Pourtant, ça n'a jamais hésité à culbuter une ou deux aliens en relatif catimini. Mais à part tapoter gentiment la main de la bourgeoise pour la ranimer après une solide biture, mouaif.
Enfin, bon, c'est que partie remise, et le film suivant nous prouve bien, encore une fois, que dans Star Trek, on ne faute que quand on est sous l'emprise d'une hormone alien qui vous flanque en chaleur un truc de malade ou qu'on se retrouve rajeunit de trente ans par l'opération du saint-esprit (ou des anneaux farceurs d'une planète de jouvence).
Oui, j'avoue que le manque de tagada-tsoin-tsoin et la manière dont la chose est soit maladroitement soit froidement abordée dans Star Trek, ça m'a toujours un peu agacée.
C'est encore le cas ici. Mais on ne refait pas trente voire quarante ans de franchise, c'est clair.
C'est une des raisons pour lesquelles BSG m'a immédiatement séduite, au passage. Parce qu'on ne s'embarrassait pas de pincettes pour parler de sexe. Et parce que oui, dans l'espace, même les vieux ont le droit de niquer, ce qui est formidable.
Bon, on peut commencer par le commencement, ma bonne Sorcière, si point ça ne te dérange, hein ? Oui, on peut commencer par cette scène spectaculaire, un zoom arrière absolument renversant. Au ciné, je vous raconte pas le vertige. L'iris bien vert de Jean-Luc, notre Picard de Captain, qui recule, qui recule, qui recule.





Jusqu'à ne plus être qu'un minuscule élément de ce frais et charmant vaisseau qui n'est autre qu'un cube borg.
Alors, pour les novices (qui peuvent parfaitement regarder ce film, d'ailleurs), il faut savoir que notre ami Jean-Luc a été chopé par les Borgs quelques années plus tôt, assimilé par leur collectif, et devenu un vilain robot très dangereux. Dangereux car il a tous les amiraux dans la poche de son pyj' et que tous ces jolis secrets de Starfleet entre les papattes griffues des Borgs, ouh la la, ma bonne dame, le dégât que ça fait ! D'autant qu'il est pas totalement débile, Picard, il sait jouer aux échecs en trois D, donc zyva pour le flinguer à la bataille navale en vrai, toi.
In extremis, on nous le récupère et le voilà sauvé et réhumanisé, ce qui nous l'a totalement traumatisé parce que faut bien le dire, ça n'a rien de très agréable, d'une part, de se retourner contre ses petits camarades humains, et d'autre part, de se faire opérer pour enlever tout le métal qu'on vous a enfoncé dans le corps.



C'est là que débarque Céline Dion, tiens, ça faisait longtemps qu'on l'avait pas vue, c'te bonne gueuse !
Inutile de dire que Patrick Stewart nous joue ça à la perfection.

Et là, regardant dans le miroir sans doute pour y détecter quelque ancienne cicatrice, ah ah !

Bis repetita. Quel talent, cette Céline !
Forcément, on s'en doute, aussitôt que les Borgs montrent un quart d'orteil, on nous envoie le Picard et son équipage somnolent deux ou trois galaxies plus loin histoire de voir si le gazon y pousse correctement. Ca énerve un tout petit peu toute la marmaille qui commence à arborer quelques rides/cheveux blancs/traces de botox.

Ca énerve également Dave Williams que je trouvais très très mimi à l'époque. 

Ouep. Dave Williams qui pilote l'Enterprise E. On se fait pas chier, mon bonhomme, dites donc !
Bref, comme une fois par film, Picard nous fait tout un cake parce qu'il va enfreindre les ordres de Starfleet. Et là tout le monde de prendre un air pénétré et recueilli.
Picard : Lieutenant Hawk, set a course for Earth. Maximum warp.
Hawk a.k.a. Dave Williams : Aye, sir.
Picard : I'm about to commit a direct violation of our orders. Any of you who wish to object should do so now. It will be noted in my log.
Et là, mon Data tout frétillant grâce à sa petite puce d'émotivité toute neuve.
Data : Captain, I believe I speak for everyone here, sir, when I say : to Hell with our orders.
Good boy. 
S'ensuit une bataille spatiale de folaïe où qu'on récupère notre Klingon maison qui officie désormais sur DS9 (mais bon, hop, un coup de baguette magique et le voilà à bord de l'Enterprise) et franchement, j'adore encore le moment où l'Enterprise, gigantesque, se glisse entre le cube borg et le Defiant en mauvaise posture.

Treize ans plus tard, ça le fait toujours.
Hop, surprise, le cube détruit par les bons soins de Picard qui connaît bien les faiblesses de l'ennemi nous accouche d'une sphère. Qui file tout droit vers la Terre. Mais pas la Terre du 24ème siècle de l'Enterprise E. La notre dans 54 ans. Eh ouais. Les Borgs doivent avoir des ancêtres lointains de la race Terminatrice. Parce qu'ils ont décidé qu'un petit coup de timeline-frak s'imposait.
En fait, ces très intelligentes et logiques personnes ont tout simplement empêché le premier vol exponentiel (plus rapide que la lumière, baby) et donc empêché le premier contact extra-terrestre dont on nous rebat les oreilles depuis quarante cinq ans et qui doit faire de notre planète une nation unifiée, heureuse, béate, sickness-free et prospère.
Résultat, les Terriens restent des ptites bites qui peinent à se remettre de leur troisième guerre mondiale, et rien de plus simple, de ce fait, de les assimiler et d'en faire une nation robotique. Vous me suivez ?
L'occasion pour Picard et ses laquais de rencontrer le grand Zefram Cochrane, l'auteur de ce premier contact... et de se rendre compte que... euh... certes il est grand en hauteur, mais pour le reste, euh... c'est un peu un heureux incident, cette histoire de premier contact. Disons que Zef, il a un peu le cul bordé de macaronis, quoi.

Ou de verres de tequila, au choix.
(Et oui, le mari de Ruth Fisher est l'auteur du premier contact. C'pas beau, ça ?)
Donc d'un côté, on a l'équipe descendue sur Terre qui va tout faire pour que le premier vol exponentiel ait lieu... on s'amusera d'ailleurs de découvrir que Cochrane a modifié un missile nucléaire pour en faire une fusée spatiale, laquelle fusée spatiale va ouvrir la voie vers une nouvelle ère de paix et de félicité pour notre planète à deux balles.

De l'autre, on a l'équipage de l'Enterprise qui ne le sait pas encore, mais qui est déjà en train de se faire envahir par les Borgs. Et sans la connaissance encyclopédique du sieur Picard sur le sujet, nul doute qu'ils n'en seraient jamais sortis.

Chose qui m'a plue, en revoyant ce film : on ne découvre les Borgs que très très tard. On les devine longtemps. On les voit même terrifier Robert Picardo, qui joue le docteur holographique fort brièvement histoire d'occuper les robots-zombies pendant que Beverly et toute la clique se cavalent, ce qui ne l'amuse pas du tout, tout hologramme soit-il...

The Doctor : I'm a doctor, not a doorstop.

Donc pendant ce temps, Jean-Luc Picard, remonté pour la fiesta, regarde tranquillement tout son équipage se faire assimiler, ce qui lui plaît beaucoup. Car que fait un Borg quand il se voit menacé ? Il assimile et crée d'autres Borgs. Comme ça.

Donc au bout d'un moment, eh bien il faut commencer à descendre les hommes de l'Enterprise. Sympa, non ?

Le pire, c'est que le Captain le fait sans même hésiter une seconde histoire d'épargner à ses gars de passer par la même torture que lui.
Pas de bol, cette truffe de Data se fait lui même pécho, et comme il est déjà un robot, eh bien... on va faire tout l'inverse, et faire de lui un vrai petit garçon !
Ca, j'ai trouvé magistral. D'abord parce que comme je le disais dans la review de Generations, j'adore le voyage de Data. Ensuite, parce qu'il n'y a rien à faire, on revient toujours à l'androïde. Autant on peut avoir fait le tour des autres personnages, autant lui, depuis la fin de la série, son intrigue, déjà riche avant, s'envole.
On le retrouve donc prisonnier des Borgs, et plus précisément de leur reine, qui est absolument et horriblement fascinante.

Et je ne sais pas comment c'est possible, mais elle est également très sexy.

D'autant qu'on la soupçonne d'être un tout petit peu une coquine, dans son genre. 
Donc ayant percé à jour le grand rêve de Data, devenir humain, elle lui fait cadeau de morceaux de peau. Et lui fait découvrir... de nouvelles sensations. Wouhouh.



Après ça, elle lui fout évidemment bien les glandes en le menaçant de lui reprendre ce joli présent qu'il feint de ne pas vouloir. Mais évidemment, après avoir cédé à ce péché de chair, notre brave androïde est bien incapable de renoncer à tant d'humanité.

Moralité, il est bien piégé. Et en tant que fan de TNG, c'est magique d'assister à une telle scène.
Et dans la foulée, paf, il se fait séduire par sa majesté.

Pendant ce temps-là, sur Terre, ben les envoyés de Picard s'en sortent comme des brêles et terrifient le pauvre Cochrane en lui racontant à quel point il est un héros, qu'on apprend tout sur lui dans les écoles du 24ème siècle, et qu'il aura sa statue érigée dans cette clairière, le bras levé vers le cosmos.

Du coup, le héros, qui ne dessoûle pas de deux semaines, se carapate et il faut le ramener à coups de pied dans le cul jusqu'à sa fusée. C'est vachement propre.
Mais je me bidonne à chaque fois que je vois Reg Barclay (Loopiiiing !) venir lui serrer la main, à la limite de mouiller son slip devant son héros d'enfance.

Et sinon, ben je suis bien contente pour Geordi qui est enfin débarrassé de son visor et qui étrenne son nouveau look.

Là, bon. Après être allé faire guincher la gueuse du 21ème siècle dans le holodeck, JL commence à péter un sérieux boulard au sujet des Borgs. Ca va pas super fort chez lui, et le fait de se traîner un transfuge terrien arriéré, a.k.a. la copine de Zef qui comprend rien à ce qui se passe et qui pense que les Borgs sont suédois, ben ça pourrait aider, mais non.
Pourtant, une fois de plus, j'ai poussé un long soupir lorsqu'il lui explique à quoi ressemble son futur. Notre futur.
Picard : The acquisition of wealth is no longer the driving force in our lives. We work to better ourselves, and the rest of humanity.

Voilà pourquoi j'aime Star Trek. Cette phrase, tout simplement. Elle définit parfaitement tout l'univers de Star Trek.
Après ça, comme les Borgs foutent le bronx et menacent de tout faire péter, il faut détacher une partie du vaisseau de je ne sais plus quoi, sauf qu'évidemment, ces branlouzes n'ont absolument plus le contrôle de quoique ce soit, donc faut procéder à la mimine. Ca nous vaut une pure scène d'une lenteur et d'une longueur exquises. Worf, John-Luke et Dave Williams sont dans la place. Et arpentent longuement la coque du gigantesque vaisseau la tête à l'envers. Ce qui vaut au vaillant Klingon moult râles d'agonie. La bête à l'estomac fragile.

Paf, pas de bol, Dave se fait assimiler, ce qui explique beaucoup de choses...

Mais on parvient quand même à ne pas tous sauter dans les dix secondes.
Bien sûr, le pétage de plombs de Picard est magnifique, et personne mieux que Patrick Stewart ne peut jouer le rôle du type qui n'arrive plus à distinguer ce qu'il convient de faire dans pareille situation. Incapable d'accepter la défaite, incapable de détruire son vaisseau pour détruire les Borgs, aveuglé par sa haine des Borgs et son désir de vengeance.
Quant à ses hommes, ils baissent le nez et obéissent. C'est le capitaine. Quitte à crever jusqu'au dernier.
La rébellion, elle vient donc de Lily, la copine de Zef (qui est aussi Mrs Applewhite à Wisteria, vous voyez comme on se retrouve ???), qui le secoue, un truc de ouf.


Et au final, ça marche. On n'échappe pas à la petite analogie avec Moby Dick, mais c'était ça ou le Magicien d'Oz. Et comme c'est Patrick Stewart qui fait la citation et qu'il a une voix à tomber, on pardonne.
Picard : "And he piled upon the whale's white hump the sum of all the rage and hate felt by his whole race. If his chest had been a cannon he would have shot his heart upon it."
Alors faisons donc péter l'Enterprise E. Sauf qu'au moment de partir, JL se souvient qu'il a un peu oublié quelqu'un. Et ce quelqu'un, c'est Data.
Ca tombe bien car c'est exactement sur ça que comptait sa majesté tentaculée. Elle l'avait déjà chopé une fois, mais cette fois, elle veut qu'il vienne à elle de son propre chef.

Pendant ce temps, l'ivrogne fait voler sa fusée, avec un gros coup de pouce de Geordi et du Willou...

Et pour ceux qui ont suivi Enterprise, vous vous souvenez du générique ? 



Ca venait donc de là.
A bord du vaisseau, paf, sa majesté veut faire péter la fusée avant qu'elle n'ait pu être repérée par les extra-terrestres du premier contact. Sauf que Data n'est pas tout à fait d'accord et qu'au terme d'une scène d'action où on se dit que Patrick Stewart a dû passer des centaines d'heures à soulever de la fonte, eh ben notre androïde sauve tout ce petit monde en liquidant sa majesté.



Et c'est Picard qui brise ce qui reste des morceaux.

Back to Earth, les extra-terrestres en vadrouille ont bien aperçu le passage de la fusée de Zef, et décident que ça peut valoir le coup de rendre visite aux petits Terriens de rien du tout. Et surprise...

Ces extra-terrestres...

Ce sont des Vulcains...

Accueillis avec toute la classe dont Zefram Cochrane est capable.
Vulcain : Live long and prosper.
Cochrane : Thanks !

Voilà... s'il y avait un film à faire, c'était bien là-dessus, merci, Ron. Jolie plongée psychologique chez les deux personnages, le Captain et l'androïde, dont l'amitié s'en trouve d'ailleurs encore approfondie par cette expérience commune.
Et en attendant, ben Will Riker n'a toujours pas tiré sa crampe alors que Data s'est encore tapé une folle du cul, c'est juste du délire ! 
Du bon Star Trek, ça madame. Contrairement à ce qui m'attend avec Insurrection... oups ! Ca va tailler !
(Trouver le moyen de me rendre F. Murray "Salieri" Abraham ridicule, fallait quand même le faire.)
To be continued !