Le blog de La Sorcière
 

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Alors, sachez, bon lecteur anonyme, que la Sorcière a bien atterri sur Mars et qu'elle y a passé quelques nuits blanches.
Elle a dû interrompre ses reviews car elle n'avait pas grand-chose à en dire sur le moment, mais maintenant qu'elle a vu la fin, elle compte bien compléter la rubrique "LOM" tôt ou tard, en toute connaissance de cause, ce qui lui évitera d'avoir l'air d'une parfaite quiche. Mais pour l'instant, elle a bien trop à faire pour être à jour en septembre avec le retour des séries au long cours.

(Et puis finir SPN, merdeuh.)

 

Harvey Keitel ?

HARVEY KEITEL ???

LE HARVEY KEITEL ? DANS LE RÔLE DE GENE HUNT ?

Mais c'est complètement incrédible, ce Life on Mars version US ! C'est pire que Dynasty, leur truc !!!

En tout cas, avec tous les changements annoncés récemment, ils vont peut-être réussir à en faire quelque chose. Seule question : est-ce que pendant qu'ils y sont, ils ne devraient pas changer le titre ? Parce que euh, bon...

(Et de me dire que je n'aimerais vraiment pas m'appeler Colm Meaney, ces jours-ci... )

 

This is so WRONG !

Je reconnais que c'est peut-être lié au fait que je termine à peine la série originale. M'enfin... c'est atroce !!!



J'aime po.

Pour rappel, il s'agit donc de la bande-annonce du remake amerloque de Life on Mars made in David E. Kelley (qui depuis a demandé à se désengager de la chose). Cette fois, Sam Tyler atterrit en 1972. Dites-moi juste qu'ils ne vont pas surnommer Colm Meaney "Guv" parce que alors là, je crois que je n'y survivrais pas.
 

107 : Wrongful death

Je me pose un paquet de questions au sujet de Sam Tyler, ces derniers jours. Jusqu'à présent, il ne m'avait que peu effleuré qu'il puisse être question d'autre chose que d'un coma. Et puis avec les deux derniers épisodes de la saison 1, je me dis que si ça se trouve, il est bel et bien devenu fou, pas d'une folie incurable ou de celle qui vous envoie définitivement à l'asile, mais voilà... peut-être que tout gentil et équilibré qu'il soit, il traverse une phase totalement démente mais indispensable... et que pour en sortir, il n'a d'autre solution que trouver des réponses à toutes les questions qu'il se pose inconsciemment. Ca a l'air con et je ne l'exprime peut-être pas correctement, mais il me semble que chacun d'entre nous passe à un moment donné par là, et l'aventure de Sam en 1973 pourrait très bien n'être qu'une énorme métaphore de cette phase de transition qu'on traverse parfois et durant laquelle on se pose mille questions existentielles, notamment qui suis-je, qu'est-ce que je fous là, qu'est-ce que je veux vraiment, et plein d'autres que je ne nommerai pas car en tant que trentenaire légèrement azimutée, ce sont aussi un peu les miennes.
J'ai un peu l'impression que c'est à ce genre de question que Sam essaye de répondre. Et qu'elles deviennent de plus en plus cruciales et profondes à chaque épisode. Que chaque enquête dévoile un pan de sa personnalité dont il n'est peut-être pas conscient, que ses choix pointent tous vers une chose : la personne qu'il est vraiment.
Je me dis qu'en fait, le coma pourrait très bien être une métaphore à l'intérieur de la métaphore.
Au fond, d'ailleurs, ça ne change pas grand-chose. J'ai simplement l'impression que si Sam ne parvient pas à rentrer chez lui pour l'instant, c'est qu'il ne le veut pas. Ou qu'il n'a pas encore les vraies réponses qui lui sont nécessaires. Un peu comme Alice qui un coup n'a pas la bonne clé et un coup n'a pas la bonne taille. Une fois que Sam aura les deux, il pourra rentrer chez lui. Qu'il rentre chez lui en sortant du coma ou d'une crise de folie passagère, finalement, c'est pareil.

Bref. Ca fait un peu couillon, mais j'adore quand une série m'oblige à me poser ce genre de questions complètement tordues. Même si je me fous de la réponse.

Enfin, cet épisode : waouh. Extrêmement bien foutu, signé Chris Chibnall à qui je garde pourtant un chien de ma chienne.

Bourré de petits clins d'oeil... comme cette course-poursuite très mignonne avec un exhibitionniste devant lequel Sam détourne pudiquement les yeux... et qui finit naturellement par se faire broyer les glaouis par Hunt !

Billy Kemble : Oh, bollocks.
Gene Hunt : My thoughts exactly.

Petite parenthèse pour caser la réplique de Phyllis qui m'a fait recracher mon café (et la tronche de Sam qui va avec).

Gene : Are we keeping you up ?
Phyllis : You will be. Every cell's full and Harry Smith's phoned in sick. Muggins here's covering and I'm knackered.
Gene : Serves you right for staying up ruttin all night with that new fella of yours. Do you let his guide dog watch ?
Phyllis : His guide dog's giving your Mam one… from behind.

Gene : Whatever happened to all the classy birds ?

Monstrueux !
Je trouve fabuleux que ce soit mamie Phyllis, avec son chignon et son air de pas y toucher qui arrive à moucher le Gene Genie de cette manière.

Bref, pour en revenir à notre prisonnier exhibo, à savoir Billy Kemble, petit dealer de drogue... eh bien c'est lui qui va apporter la merde au commissariat. Ce qui est étrange, c'est que tout semble s'enchaîner de manière tellement facile qu'on se dit que c'est presque trop facile. Je m'explique.
Que Hunt veuille faire cracher ses tripes au petit dealer pour qu'il avoue le nom de son fournisseur : logique.
Que Sam se mette en travers en brandissant son auréole de flic modèle : logique.
Que Hunt et Carling décident de mettre le résistant aux fers avec une sorte de yéti malpoli (et probablement sodomite) qui ferait mieux de réviser son manuel de grammaire : logique.
Que Hunt s'en aille manger un curry tranquillou avec Sam en attendant que le dealer décide de passer aux aveux... euh. Allô ? C'est un peu bizarre, non ? Moi, en tout cas, je trouve ça très bizarre, et je me dis que l'esprit de Sam est quand même très tordu.

En passant, vous êtes sûrs que la faille de Cardiff ne fait pas un léger détour par Manchester ?

Britney : With a taste of your lips I'm on a ride You're toxic, I'm slipping under...

Oué, oué, oué... Bref, tout ça m'a l'air très commode. Notamment Hunt qui s'obstine à ne pas comprendre que Sam est complètement à l'ouest. Même quand celui-ci nous tape un cirque monumental au resto indien.

Alors évidemment, quand on retourne au commissariat pour y retrouver un Billy Kemble tout raide et une poignée de flics muets comme des carpes, ça commence à faire beaucoup.

J'ai adoré Hunt dans cet épisode. Pour moi, il éclipse presque Sam. Sans lui, ce 1973 n'aurait que peu d'intérêt, outre le côté cosmétique. La facilité aurait été de faire de Hunt un simple mufle au crâne épais et débitant suffisamment de vulgarités à la seconde pour faire rigoler le pékin derrière sa télé. Il n'en est rien. Le goujat est d'une intelligence remarquable. Il sait qu'il ne peut pas se permettre de foutre son équipe en l'air pour une bavure, que cela compromettrait l'efficacité sur le terrain et affaiblirait tout le commissariat. Et il ne le veut pas parce qu'il les aime bien, ses petits poussins, aussi cradingues et à moitié demeurés soient-ils. (Oui, parce que bon, Chris, clairement, son QI est loin de crever le plafond.)

Alors Gene Hunt, il profite d'avoir dans son équipe un petit rebelle hargneux qui aime bien que les choses soient claires, quitte à se prendre un ou deux gnons au passage, et il s'en sert. A peine besoin de faire preuve d'une résistance aussi molle que feinte pour que le loustic décide d'en faire son affaire personnelle, de cette mort suspecte. Et mon Hunt est tout à fait tranquille. Même pas besoin de salir ses mains de chef ni d'accuser qui que ce soit. C'est génial. Et on ne peut même pas dire qu'il ait tort. Au contraire, il a mille fois raison. Impossible de lui en vouloir pour cela tellement il semble tenir à l'esprit de camaraderie dans son commissariat. Au fond, il est là, son talon d'Achille, à Gene Hunt. D'ailleurs, j'en viens à me demander s'il est vraiment marié. S'il a vraiment une vie, derrière.

En tout cas, quand il chope Sam par le bras et qu'il lui balance un solide : "We'll will stick together on this." Wow. Très impressionnant. J'adore.

Bref, que Sam, ulcéré par le silence de ses collègues et par la légèreté avec laquelle Hunt semble prendre cette affaire, commence à se mettre tout le monde à dos, on ne s'étonne guère. Ca fait juste un peu de la peine de le voir se fritter avec Annie qui prend très mal d'être soupçonnée et interrogée même si Sam y met autant les formes qu'il le peut avec elle (il ne serait sûrement pas contre y mettre les formes d'une autre manière, à mon avis)...

Et puis avec Chris, aussi, qui n'est pas bien futé mais que j'adore parce qu'il est marrant et qu'il a tellement une dégaine... Seventies.

Sam ne s'en rend sans doute pas compte, mais je pense que Chris est un allié très proche. Il a été l'un des premiers à l'accepter quand il est arrivé. C'est vraiment un brave gars, inoffensif et pas vicelard pour un sou.

Bref, l'enquête de Sam prend un nouveau tournant lorsqu'il découvre à l'occasion d'une autopsie un peu gerbatoire que Billy Kemble était farci de cocaïne et que c'est ça qui a provoqué sa mort. Ajoutez à cela la soeur du défunt qui fait (bien à tort) une confiance aveugle et touchante à la police et le déclic de Sam qui réalise que si ça se trouve, c'est un test, et c'est vraiment parti mon kiki.

Car de l'autre côté, à l'hosto, on tente de stimuler Sam-le-comateux, notamment en lui collant du tabasco dans le bec. Alors si ça se trouve, il suffit qu'il résolve cette énigme pour pouvoir enfin se réveiller et rentrer chez lui.

Sam : That's what I have to do : destroy his world so I can get back to mine !

D'autant que c'est vrai, ça, comme le dit Hunt : "If everything's so wonderful in Hyde, why are ou wandering through my department like the smell of last night's haddock ?"

Bref, je pense que ça va être un peu un thème récurrent dans la série à partir de maintenant, sachant que Sam commence quand même à un peu s'attacher à 1973 : est-il capable de tout foutre en l'air ici pour rentrer chez lui. Réponse : oui. Malgré les supplications d'Annie dont il pourrait très facilement ruiner la carrière.

Pourtant, je suis bien certaine que ça doit lui coûter, si j'en juge par le petit moment charmant où fouillant dans le vestiaire d'Annie pour y trouver la preuve irréfutable de la bavure de ses collègues, il enfouit son nez dans la veste de la demoiselle... Ptit coquin.

Et puis il y a Ray Carling, le vrai coupable de tout le truc, même si les autres se sont montrés un poil complaisants. C'est lui qui a foutu le nez du dealer dans la cocaïne alors que celui-ci avait le coeur fragile. Et de toute façon, avec Sam, il fallait que ça pète et qu'un des deux gagne. La peignée qu'ils se mettent dans les vestiaires est spectaculaire. Rien à voir avec les gentilles claques de Hunt. Sam m'a sciée. Il lui met une de ces branlées, au moustachu !

Bref, Hunt finit par trancher.

Gene Hunt : I don't know who the biggest dickhead is round here. You, for what happened... You, for your holier than thou act... or me, for having any of you on my team.

Hop, le coupable est dégradé. Non sans objecter faiblement que c'était pour vous faire plaisir, chef, euh. Oui mais non. Et le chef, il a beau faire les gros yeux, il se sent drôlement miteux.

Et il y a la cassette. Brave petit Chris qui maintenant enregistre méticuleusement chaque interrogatoire, comme Sam le lui a montré. Cette cassette, cette preuve, Sam n'hésite pas une seconde à l'apporter au supérieur de Hunt... qui la détruit immédiatement en arguant que n'importe qui peut produire un faux. Pauvre Sam...

Vite, vite, une petite conversation avec le philosophe du commissariat, grand maître du discours à double sens, qui l'attend à la sortie du bureau du grand chaif.

Hunt : We can't change this world, Sam. Only learn to survive in it.
Sam : I won't give up that easily.
Hunt : Good.

(Frakking incroyable. Hunt sait, c'est pas possible autrement.)

Et puis se réconcilier avec Annie dans la foulée, parce que sinon, ça le fait pas...

Pfiouuuu. J'adore. Et le pire, c'est que c'est encore plus zénorme dans l'épisode suivant. C'est fatigant.

 

Quelqu'un sait-il pourquoi...

... David E. Kelley s'est senti obligé de faire un remake américain de Life on Mars ? C'est l'odeur de fish and chips qui incommode le pays de l'oncle Sam, ou quoi ? Pffff... c'est moisi du fion. Je suis bien contente que John Simm et Philip Glenister aient dit non.
Le pire, c'est qu'il caste des acteurs brit' pour sa série. Je trouve ça complètement idiot. Si encore c'était pour explorer l'Amérique des années 70...

(Humeur charmante, la Sorcière, aujourd'hui.)

 

106 : The deadline

Oh là là, ça ne s'arrange pas du tout pour Sam Tyler. Non seulement il se retrouve dans une époque qui n'est pas la sienne (ce qui ne l'empêche pas de vouloir nettoyer sa ville de tous les coyotes qui l'infestent), mais en plus, le voilà menacé de tous côtés...

Car en 2006, on désespère. Les médecins, ne notant aucune activité de son cerveau, ont décidé de débrancher Sam. A 14h ce même jour. L'épisode débute donc par les premières notes très floues de "What a wonderful world" (une de mes chansons préférées, hiii) alors que Sam arrive au boulot pour trouver un vrai champ de bataille, désert. On a fêté l'anniversaire de ce gros péteux de Ray (je m'interroge sur son rôle, à celui-là, sûrement pas un hasard si on débranche Sam juste après la fiesta de ce bâtard), et sans lui.

Ce qui n'est déjà pas très agréable, il faut bien le reconnaître. Mieux encore, le téléphone (celui de Hunt, non ???) se met à sonner. Débranché, le téléphone. Il sonne, donc, et à l'autre bout, c'est sa mère qui lui annonce qu'à 14h, bonne nuit pour toujours, Sam.

Donc non seulement il ne rentre pas, mais en plus, on le tue. Sympaaaa ! Vient se greffer par dessus une affaire très intéressante. Une prise d'otages, dans les locaux du journal le plus lu de la ville. Le forcené affirme que quelqu'un mourra à 14h. Naturellement, le rapprochement est vite fait. Sam interprète ça comme une chance de ne pas être débranché de l'autre côté. Il décide donc d'empêcher toute tuerie.

Sam : Nobody dies today.

L'épisode est donc rythmé par les progrès de Sam, parfaitement entraîné à gérer les prises d'otages, de la manière qu'on voit à la télé, avec force négociations et profils psychologiques. L'ennui étant qu'en 1973 à Manchester, on en est pas tout à fait là. A vrai dire, Hunt, lui, il a tendance à négocier en s'envoyant régulièrement une bonne giclée de tord-boyau dans le cornet.

Ca aide pas.

Comme il y une otage malade, paf, on envoie Annie déguisée en infirmière...

Puis Sam s'improvise distributeur de sandwiches. Très vite rejoint par Hunt qui se voit bien en héros sauvant tout ce petit monde. Raté. Trois otages de plus face à un ravisseur d'apparence très inoffensive. Consternant.

Le tout au rythme des minutes qui défilent. C'est long, long, long, et on se demande vraiment qui va y passer.

(Petite parenthèse pour dire que la rédaction d'un journal en 1973, c'est quand même trop mignon, hihihi.)

Une tentative d'évasion haletante mais vaine et de très longs blablas plus tard, c'est Sam qui se retrouve bien évidemment menacé.

C'est lui qui va mourir, naturellement. Mais avant ça, les trois flics se racontent leurs meilleurs souvenirs. Un petit échange vraiment mimi. Enfin, surtout du côté de Sam et Annie parce que Gene, j'ai beau chercher, il n'y a vraiment rien de mimi chez lui. Le "she wants me, poor bitch" à propos de la petite journaliste qui ne peut pas le saquer m'a donné des envies de meurtre. En même temps heureusement qu'il est là. Parce qu'avec les deux loustics qui sont sur le point de faire une belle queue de cheval à mon Petit Poney, c'est un peu écoeurant.

Ouais ouais ouais.

(Beuh.)

Pauvre Sam. Si résigné, déjà. C'est vraiment futé de transformer cette aventure forcée et déplaisante en course pour sa survie. De l'obliger à agir.

Et puis au moment de l'exécution en question...

(Qui ne plaît pas beaucoup à Gene, on remarquera... Ah ah ah, gros sentimental, va.)

... débarque la Crim' façon cow-boys, et paf, une balle perdue pour mon gros Hunt qui se trouve étendu, vaincu par KO. Ce qui ne plaît pas vraiment à Sam.

Sauf que ce vieux Gene, bardé de flasques de whisky, en réchappe miraculeusement, sauvé par un de ses plus gros vices. Ah ben bravo.

Sam parvient même à empêcher le preneur d'otages, dégoûté, de se foutre en l'air.

Bref, "nobody dies today". Folle course dans laquelle Sam aura réussi à sauver dans l'ordre : Annie, la vieille qui nous fait un infarctus, le rédacteur en chef, la petite journaliste, lui-même, Hunt, puis le forcené.
La récompense tombe : on ne le débranchera pas cette fois. En 2006, sa mère l'a vu sourire dans son sommeil. A 14h pétantes. What a wonderful world...

Tout ceci nous en dit long, sur Sam. Après tout, il aurait très bien pu décider que l'objectif n'était que de sauver sa propre peau. Entre nous, les règles du jeu, à mon avis, c'est lui qui se les dicte. Le voir procéder ainsi, dans les règles de l'art, et improviser sur la corde raide au fur et à mesure que l'affaire se corse, face à un homme qui de toute évidence n'a rien à perdre, c'est vraiment bien foutu.
Sympathique parallèle d'ailleurs, avec le ravisseur, héros de l'ordinaire mais incompris et qui se tourne vers la violence parce que personne n'a conscience de ses actions, et Sam qui lutte de toutes ses forces alors qu'en 2006, on ne se doute pas de ce combat et on s'apprête à y mettre un terme.
L'intérêt de cet épisode et par là même de la série, c'est que chaque cas prend une dimension supplémentaire grâce à Sam. Ici, l'enjeu est tellement grand qu'il est impossible de s'extraire une seule seconde de cette intrigue (d'où le peu de notes prises par l'auteur de cette review, ahem). Je pense que c'est l'âme de Life on Mars, c'est ça qui en fait une série à part.
Dans le prochain épisode, on prend le même principe et on recommence. En dix fois mieux.

 

105 : The footie

Pfff... qu'est-ce qu'on s'emmerde.

Nan, je déconne. C'est juste que je ne sais plus quoi dire, moi, tellement c'est juste trop bien.

Prenons par exemple la scène d'ouverture. Le dynamisme des angles de vue, l'originalité de la mise en scène... Du Starsky et Hutch boosté à la Guiness et au fish and chips. Fallait oser.

Le tout pour finir dans les filets de pauvres cons qui jouent tranquillou au foutchebol... puisque aujourd'hui, à Manchester, c'est foutchebol. On leur a pas encore envoyé Eric "The King" Cantona, mais ça n'empêche pas ces braves Mancuniens de se mettre consciencieusement sur la gueule, surtout quand ce sont les deux équipes ennemies de la ville qui se rencontrent.
C'est dans ce contexte qu'on retrouve un supporter de United crevé dans une ruelle. Forcément, les premiers soupçons se portent vers les supporters de City.
Sam Tyler, lui, a des doutes.

(Ca, c'est sa tête "J'ai des doutes".)

Et comme il a Hunt dans la poche, maintenant, il demande une enquête poussée et une couverture. L'autre râle un peu pour la forme, sort quelques charmants jurons devant les copains histoire de...

Et puis accepte, naturellement. Surtout quand Sam lui explique que la mission implique de jouer les barmen dans un... pub.

Hunt : A "pob" ?

Forcément, le voilà en première ligne pour participer à la dite mission.
Et puisqu'on parle de vices...

Keuf keuf.

(Parfois, ça donne un tout petit peu envie de s'en griller une. )

Bon, sinon... je crois que Sam est un petit peu amoureux, quand même. Rires gênés, humour lourdingue, et surtout... le "long time no see" lâché avec un détachement suspect et qui veut trop dire : "Raaaaah, j'étais au bord de me taillader les veines, Anniiiie, pourkwââââ ???"

Parce qu'elle t'évitait, gros naze !

Ca tombe bien parce que grâce à son bonnet C, Annie va faire partie de la mission. Ouéééé. Inutile de dire que Gene Hunt en patron de pub, lui qui siffle autant de bibine qu'il en sert, c'est pas rien.

(Quelle mine avenante et épanouie... )

Sam : Gene ?
Hunt : Don't you mean Guv ?
Sam : We're under cover.
Annie. He's right... Gene.

Les petits effrontés.

Sans compter l'arrivée d'un pauvre type qui a eu le malheur de se faire coffret jadis par Hunt et qui s'en prend plein la tronche pour pas un rond de peur qu'il ne reconnaisse le patron. Bref, c'est très drôle et je me suis beaucoup bidonnée.

A part ça, cette petite incursion dans le monde des fans de foutchebol est évidemment passionnante. Et fascinante.
Bien sûr, une fois de plus, le duo Sam/Gene fonctionne à plein rendement. Gene quand il s'agit de s'incruster chez les soiffards (et il tient sacrément bien la gueuse, l'animal)...

Hunt : There will never be a woman prime minister as long as I have a hole in my arse !

Et Sam quand il s'agit de mener un interrogatoire tout en nuance auprès des piliers de comptoir. Ils me rappellent ces duos de cow-boys qu'on trouve parfois dans les vieux westerns. Ca s'engueule beaucoup, ça veut toujours avoir raison, et au final, à deux, ils déchirent.

Excellente scène où Sam vient tirer Hunt de sa soûlerie... qu'il croit.

Et où Hunt le ramasse en lui disant que d'une, il est pas bourré, et de deux, s'il veut qu'on l'engueule parce qu'il boit trop, il a sa femme.

Sont mimis.

Et quand un consommateur fait remarquer à Sam que fiou, le patron, il a une sacrée paire de...

Sam : If they were any bigger he'd need a wheelbarrow !

Ah, bref. Ils me font bien rire, je les adore. Sans oublier les inévitables petites scènes de délire de Sam.

(Qu'est-ce qu'il joue bien, l'enfoiré... Vous savez, je pense que c'était un sacré pari que de le mettre en face de David Tennant, dans Doctor Who. Ils ont le même âge, ils ont chacun une série qu'ils portent à bout de bras... Quelle idée brillante que de les confronter, de leur mettre les mêmes pouvoirs entre les mains et de voir ce que ça donne. Avec le recul, le Master, ça ne pouvait être personne d'autre. Du moins face à Tennant. C'était Simm ou personne.)

Et puis les très jolies scènes avec le fils de la victime à qui il promet d'arrêter l'assassin. On apprend ainsi que Sam allait lui aussi au foot avec son père. Et qu'il ne sait pas trop ce que celui-ci est devenu.
Le match approche, les journaux en rajoutent, la pression monte entre les deux clans. Mais Sam a flairé l'arnaque. (C'est le cas de le dire.)

C'est ainsi qu'il découvre qu'en fait, le gars a été tué par accident par un supporter d'United. Il voulait juste l'amocher et faire porter le chapeau à City. C'est malin.

Sam : You know nothing about football ! I used to go to football with my dad. United and City fans used to walk to the match together. Our next door neighbour, he had a City flag up in his window. Kids used to play together in the street, red and blue. But then people like you came along and you took it away from us.
Peter Bond : A good punch up's all part of the game ! It's about pride. Pride in your team. Being the best !

Sam : No it isn't ! This is how it starts and then it escalates. It gets on the telly and in the press, and then other fans from other clubs start trying to out do each other. And then it becomes about hate ! And then it's nothing to do with football any more ! It's about gangs and scumbags like you roaming the country seeing who can cause the most trouble. And then we overreact, and we have to put up perimeter fences and we treat the fans like animals ! Forty, fifty thousand people herded into pens ! And then how long before something happens, eh ? How long before something terrible happens and we are dragging bodies out ?

Parfois je me demande si Sam n'est pas meilleur dans sa vie de 1973 que dans celle de 2006. On connaît peu de choses de lui, finalement, sauf qu'il est un flic surdoué et qu'il se tapait sa coéquipière avec qui ça partait en javel.
Ce décalage lui permet en tout cas de porter un regard vraiment particulier sur ce qui se passe dans les années soixante-dix. Ca lui donne un recul exceptionnel, et voir tout ça par ses yeux, c'est passionnant.

Enfin, voilà l'affaire réglée. Reste plus qu'à la faire boucler à Hunt qui est persuadé d'avoir tout capté depuis le début.

Hunt : I'm ready anytime.
Sam : For what ?
Hunt : An apology. Was this or was this not about football ?
Sam : Was the killer drinking with him in the Trafford Arms ?
Hunt : Don't make excuses. I'm right, you're wrong, admit it. Was this about about football ?
Sam : Not in the way you thought.
Hunt : Still about football !
Sam : The only reason we caught him was because I persuaded you to go undercover ! All you were doing before that was dragging hooligans in !
Hunt : Still about football !
Sam : You just will not be proved wrong, will you ?! You know, that's very childish !
Hunt : No it is not.
Sam : Is !
Hunt : Isn't !

Roh, comme ils sont choupinets, ces deux-là... Si Sam parvient un jour à quitter 1973, ça va être terrible...

Enfin... c'est de mieux en mieux, et ça me fait mal au derche de me dire qu'il ne me reste plus que trois épisodes avant la fin de la saison 1... Mais euh.

(Et j'ai entendu au moins deux morceaux de Roxy Music, là-dedans ! Z'ont vraiment bon goût ces salauds d'ingliches. Si vous ne connaissez pas Brian Ferry et Brian Eno, je vous suggère d'aller vous faire une petite cure de culture musicale.)

 

104 : A conflict of interests

(A la demande générale de moi-même, je poste donc cette review malgré mon profond dégoût de la chose bloguesque aujourd'hui... Espérons que demain ça ira mieux. Je ne me pensais pas aussi vulnérable à la méchanceté sur internet... )

Cette série est épuisante à force d'excellence.

Non mais c'est vrai, c'est agaçant, à la fin. C'est bien simple, c'est tellement formidable que je ne sais pas quoi en dire...

Sam Tyler ? Un personnage exceptionnel, d'une profondeur et d'une richesse infinie qu'on pourrait explorer pendant des saisons et des saisons (mais le côté un peu éphémère de la série joue un rôle important, on sait qu'on doit en profiter vite et maintenant). Dans cet épisode, on découvre Sam Tyler sous un autre jour. Beaucoup plus intime. Et John Simm incarne ça avec une délicatesse, une pudeur, une telle innocence... comme un peu gêné qu'on l'approche d'aussi près. Bref, j'ai été charmée.

Et puis une fois de plus, les thèmes abordés sont tellement intelligents, tellement entremêlés que c'est un bonheur.

Quoi de plus logique que dans le même épisode, Sam se frotte à la mafia locale... et renoue avec sa famille ?

Pour commencer, j'ai trouvé géniale la scène de la discothèque. De manière générale, la mise en scène de la série est remarquable. Mais ce plongeon dans une boîte de nuit anglaise des années 70, paillettes, chaussures compensées et mini-jupes, c'était énorme. Et la musique qui va bien. Et Sam Tyler qui se lâche sur la piste de danse.

(Ca lui va bien, d'ailleurs. John Simm a quelque chose de très jeune et très moderne, tout lui va, c'est agaçant.)

Et puis à côté de ce Sam star des dance floors, on a le Sam qui pleure devant sa télé parce que soudain, une chaussette se met à lui parler avec la voix de sa mère qui de l'autre côté, le supplie de ne pas mourir. Et qui semble envoyer un message à son fils qui a accepté ce jour même, avec réticence, son premier pot-de-vin.

"What have they done to my beautiful boy ?"

Eh bien le beautiful boy va donc décider de chercher sa mère. Très émouvant de voir le regard du fils sur sa maman qu'il a l'air de trouver tellement belle...

Et c'est là que ça devient énorme. Comprenant que sa mère est dans la merde financièrement, Sam essaye de lui faire accepter l'argent que le parrain local lui a mis dans la poche à son insu... alors que sa mère est harcelée par un des hommes de ce parrain car elle n'arrive plus à payer ses loyers... Sauf qu'elle lui donne une leçon incroyable. Elle refuse d'accepter de l'argent de celui qu'elle croit n'être qu'un petit flic enquêtant sur des cambriolages dans le voisinage. L'idée même la laisse horrifiée. Autant que lui lorsqu'il a trouvé cet argent dans sa poche.
Telle mère, tel fils.

Une leçon qui va lui donner un grand coup de fouet dans sa lutte contre la corruption. Si tout le monde s'en accommode, Hunt le premier, Sam Tyler, lui, dit non. Du coup, il accepte d'héberger (roh, le pièèèège) une des danseuses du gros fumier qui essaye de se soustraire à son emprise... Et même qu'il lui fait la cuisine, ce petit mignon-là.
Mieux encore, elle est très canon... et Galaad le Pur n'envisage même pas une seconde de poser un doigt sur elle, alors que soyons clairs, c'est limite si elle ne lui saute pas dessus. Mais non.

Sam : It's a beautiful, wonderful life, Joni. Too beautiful to waste dancing in a rusty cage for a man like that.

Et bien sûr... Arf, la rigolade. Le lendemain matin...

C'est pas tout à fait l'ami Ricoré qui vient lui apporter le pain et les croissants.

Hunt : Well it's not all golf and badminton in Hyde then, ey ?

Mais... mais... il est JUSTE PAS POSSIBLE !

Et dans la foulée...

*s'essuie les yeux*

Pauvre Sam... roh, pauvre choupinet... Il est tellement mimi, c'est pas juste ce qui lui arrive...

(Surtout qu'il s'est bien fait baiser dans tous les sens du terme, ce petit mignon... )

Tiens, parlons d'Annie, un peu, maintenant qu'elle sait tout de lui.
En fait, j'avoue que j'ai été étonnée de voir Sam sembler s'installer aussi vite en 1973. Clairement, il a arrangé son appart, il fait les courses, et quand on lui demande s'il a une copine, il répond oui, il y a longtemps, en précisant qu'il espère que celle-ci a refait sa vie.
Surprenant.
Et puis lorsqu'il constate qu'Annie tire une tronche de dix pieds de long là où les autres se foutent de sa gueule, on comprend qu'en fait, Sam a décidé qu'il était un coeur à prendre.

Ca m'a vraiment vraiment prise de court. Je n'imaginais pas que Sam serait aussi déçu d'apprendre qu'Annie veut juste être son amie.

Annie : I've decided something.
Sam : What have you decided ?
Annie : I'm going to be a really good friend to you.
Sam : A friend.
Annie : 'Cause with the enemies you're making, you could do with all the friends you can get… Look after yourself, Detective Inspector Tyler… please ?

(Son amie, mon cul, oui !)

Oh, et puis la réplique qui tchue :

Sam : Look, I'm sorry you had to see what you saw before.
Annie : Don't flatter yourself. There wasn't much to see.

C'est pas très gentil, ça ! Drôle mais pas gentil !

Autre grande surprise, en ce qui me concerne, et vraiment très agréable : Hunt. Alors là, il m'a sciée, ce gros pourri de sa race.
Ca m'avait fait mal au coeur d'apprendre qu'il trempait dans toutes ces affaires de corruption... j'ai beau ne pas être aussi idéaliste que Sam, c'était une grosse déception...

Alors quand Sam et lui évoquent le sujet à coeur ouvert (grosse performance, d'ailleurs) et que Hunt avoue que la plupart du temps, il évite d'y penser, mais que quand il y pense, c'est comme si on lui dévorait les entrailles, j'étais folle de joie.

Sam : How does it make you feel now ?
Hunt : You know, I try not to think about it. Do the best that I can. Try and look after my men and the people in my city.
Sam : But when you do think about it ? How does it make you feel ?
Hunt : Like there's an animal eating away at my insides.
Sam : Fancy doing something about it ?
Hunt : Thought you'd never ask !

YOWZA !

Je n'ai pas été étonnée que malgré le plan des menottes et après une réplique bien cinglante mais magnifique et qui en dit tellement long ("You're a loser, Joni... or whatever your name is. Because you live in fear. And that's not really living at all, is it ? See, I don't live in fear. I'm alive."), Sam accepte une fois de plus d'aider Joni à s'en tirer... c'est vraiment un brave garçon... Malheureusement, ça sentait méchamment le sapin pour la pauvre gosse...

Enorme scène d'intervention des deux lascars pas contents du tout dans les abattoirs...

Puis coffrage en règle du gros méchant qui ne comprend rien à ce qui lui arrive...

Et gros sentiment de fierté à l'égard de Sam et Gene qui forment vraiment un duo formidable, parfaitement complémentaire. J'ai vraiment un gros coup de coeur pour les deux.

Finalement, Sam retourne une troisième fois chez sa mère, mais pour trouver l'appartement déserté...

Il n'aura jamais croisé la version de lui-même âgée de quatre ans. Cela ne m'aurait pas dérangée. Après tout, les paradoxes temporels, ça n'existe pas dans le cerveau d'un comateux. Si Sam ne s'est pas rencontré, c'est qu'il ne le voulait pas...

Ben dites donc... C'est quand même superbement émouvant et riche en rebondissements. Je suis vraiment soufflée par la qualité de cette série. Si j'avais tapé ma review hier soir, juste après avoir regardé cet épisode, je me doute qu'elle aurait été mille fois plus analytique. Finalement, 24 heures plus tard, j'en ai surtout gardé l'émotion.
En tout cas, c'est extraordinaire le niveau qu'ils arrivent à atteindre ici.

 

103 : The stabbing

Ah, très intéressant. Comme ça doit être troublant et passionnant de se retrouver dans le Manchester des années 70 pour assister à l'agonie de la révolution industrielle. Cet épisode, on peut le regarder comme un épisode de plus dans l'aventure de Sam Tyler (ce qui est déjà beaucoup), mais il raconte bien plus que ça. Etre témoin de la transformation de sa ville en business place, de la lutte des ouvriers pour maintenir un système déjà mort, pour un petit trentenaire des années 2000, ça doit être étourdissant. Surtout quand vous tuez un mec dans une usine qui est deviendra un jour son appartement. Gros gros symbole...

(Sans compter qu'au final, le coupable du meurtre... c'est l'usine elle-même. Enorme.)

Outre le désespoir qui est le quotidien des ouvriers de ce haut-lieu de l'industrie et qui est un sujet traité à maintes reprises dans le cinéma britannique, cet épisode, c'est surtout la lutte. Maintenant que Sam a trouvé ses marques et décidé d'accepter ses collègues et son patron tels qu'ils sont, bref, de s'accommoder autant que possible de sa vie en 1973, que faire ? Eh bien se rappeler que ce n'est pas pour autant qu'il faut déposer les armes. (C'est le cas de le dire.) Car si le combat des ouvriers est perdu d'avance, et il le sait, son sort à lui est toujours dans la balance. Et il ne tient qu'à lui qu'il le reste.

L'enquête du jour, c'est une démonstration de courage (même si j'ai moyennement accroché au trafic d'armes), et du courage, Sam en a bien besoin pour ne pas décider de s'enfoncer dans le confort relatif des années 70 et d'abandonner sa vie d'avant. Et même sa vie tout court.
Cela se manifeste par la radio qui égrène les supplications du personnel soignant de l'autre côté, par Hunt qu'il faut toujours écouter avec attention entre deux insultes... Surtout quand il s'agit de donner un petit coup de fouet à un Sam un peu trop ramolli.

Hunt : No fight.
Sam : No fight ? No fight ?

Ce qui est bien, avec Sam, c'est qu'il ne faut pas grand-chose pour le réveiller.

Bon... sinon, j'avoue, je cale sur la petite fille qui apparaît avec son clown. J'aimerais bien savoir ce qu'elle représente, exactement... Outre le fait qu'elle est super flippante.

Putain, comme j'aimerais pas avoir ce genre de visite, la nuit... Brrr...

Bref, je me suis un peu endormie sur la fin, pas parce que c'était ennuyeux mais parce que j'étais vraiment fatiguée... Mais j'ai levé une paupière juste à temps pour voir Sam et Hunt ouvrir ensemble leur grosse boîte de bière.
Je m'y fais, à cette ambiance de mâles machos à en gerber. Je commence à apprécier la subtilité de la mise en scène, les détails comme la clope omniprésente (je ne sais pas comment les acteurs font pour ne pas suffoquer, en intérieur, chaque mouvement est suivi d'un nuage de fumée), et puis cette reconstitution spectaculaire du nord de l'Angleterre des années 70 qui n'est décidément pas jouasse. Non, vraiment, c'est super bien foutu. Et puis ce que je vois me confirme ce que j'avais noté dans l'épisode précédent, au niveau de la distribution des personnages et j'en suis contente.

(Et à vrai dire, je fais court parce que je suis pressée de m'enfiler la suite, là. )

 

102 : The new world

BLOODY HELL !

Comment qu'c'est trop bieeeeen !!!

Je sais pas ce qui c'est passé, hier... Je partais pour regarder le dernier Desperate, et puis soudain, j'ai vécu une expérience transcendentale... Mes pieds qui m'emmenaient tout droit vers mon canapé ont pris le chemin de la table basse bis, mes mains ont commencé à farfouiller dans l'ignoble tas de DVD qui s'y trouve pour dénicher le coffret de Life on Mars qui gisait là depuis quinze jours... Et me voilà en train de regarder le deuxième épisode. En fait, je crois que Sam Tyler m'appelait... J'ai soudain eu une brusque envie de mater sa petite trogne toute mignonne.

C'est vrai qu'il est adorable, John Simm. A dévorer de bisous. (Et c'est pas souvent que ça m'arrive !)

D'ailleurs, il tient la série à lui tout seul. Ou presque.

Ce qui est fou, c'est que pendant quinze jours, je n'y avais pas repensé une seule seconde. Et si j'avais franchement apprécié le pilote, ce n'est rien comparé à la joie intense que j'ai ressentie en retrouvant Sam Tyler dans son 1973 de folie. Je ne m'explique pas ça. C'est juste le miracle des séries télé combiné à mon cerveau qui continue à travailler sur le dossier sans que je m'en rende compte... A moins que dans la nuit de dimanche à lundi, mon subconscient m'ait fait signe de reprendre le visionnage, bref. Toujours est-il que dès le début, fascination totale.

Et le "real/unreal" complètement azimuté du petit Sam, face à son miroir brisé qui semble lui promettre au moins vingt ans de malheur, m'a complètement replongée dans son histoire et dans ses problèmes. Je vous dis, c'est fou.

Et puis outre John Simm que je trouve décidément délicieux, comme par miracle, je me suis totalement ouverte à son environnement. A la manière de filmer, très désuète mais hyper-dynamique, à la lumière que d'un seul coup j'ai trouvée sublime, aux décors dont la laideur m'a séduite, et dans la foulée, j'ai même réussi à déporter un peu de ma passion naissante pour Sam Tyler sur son supérieur Gene Hunt. En même temps, pour une Sorcière, Gene Hunt, c'est un peu total bonheur.

Gene Hunt, c'est la goujaterie incarnée. Que dis-je, c'est l'inventeur de la goujaterie. C'est l'indélicatesse portée à son comble, c'est le grand magnat de la vulgarité... Aussitôt qu'il ouvre la bouche, on se demande quelle nouvelle ordure va en sortir.
Et pour vous donner une idée, trois fois pendant cet épisode, j'ai lâché un "rhhhhhhh" désapprobateur. C'est dire l'ampleur de l'incorrection de ce monsieur.

Contre toute attente (même pour moi), Sam et Hunt, c'est une équipe qui marche. Qui court, même. Et c'est ce qu'on va découvrir au fil de cet épisode dans lequel les deux lascars s'emploient à coffrer un gros truand. Avec pour conclusion qu'ils ont chacun beaucoup à s'apprendre. Mon avis, c'est que ce personnage créé par le subconscient de Sam est là pour une bonne raison. Et ce n'est sûrement pas pour rien s'il est son supérieur et qu'il lui met le nez dans sa merde de temps en temps.

(Ou dans le sang des demoiselles qui se font descendre un peu par sa faute.)

Bref, associer l'intelligence, la finesse et la sensibilité de Sam à la rudesse de Hunt, c'est génial. Pour bien sûr les voir, au final, se rapprocher... après s'être soigneusement mis sur la gueule.

Et puis la manière qu'a Hunt de chambrer Sam, moi, ça m'éclate.

Hunt : Is that the Wizard of Oz ? The Wizard will sort it out, because of the wonderful things he does.

Bref, je m'interroge pas mal sur Hunt. J'imagine que si Sam est bien dans le coma (et il l'est, pour moi ça ne fait aucun doute, surtout avec toutes les scènes où il entend des voix), Hunt, c'est son alter ego, celui sur lequel il se projette, c'est le fantasme de celui qu'il aimerait être parfois, et il en a honte. C'est celui qu'il peut accuser de lui mettre des bâtons dans les roues sans avoir à se demander ce que lui-même est en train de foirer. C'est peut-être de Hunt que lui viendra la clé pour rentrer chez lui. C'est d'ailleurs lui qui lui dit qu'il a été transféré ici à sa propre demande et qu'il ne peut rien faire pour lui. Mais rien que le fait que ce soit de sa bouche que ça vienne, c'est énorme.
En tout cas, le fait que Sam réagisse aussi fort à la présence de Hunt, le fait qu'ils s'empoignent aussi vite, c'est très très significatif. C'est tout son côté pipi-caca qui s'exprime par son chef (ahahah, la scène où ils arrêtent le type en sortant de la piscine, en maillot de bain, et où il lorgne le calebute du boss, j'ai trouvé ça énorme !), bref, c'est très drôle, ça m'éclate.

(Je ne parle même pas de l'homosexualité refoulée que tout ça dégage. Bref, aucun doute, on est bien dans le petit cerveau complexe de Sam Tyler.)

D'ailleurs, je trouve que la scène devant l'affiche du film "le Bon, la Brute et le Truand" est super parlante.

Sam : Which one are you ?
Hunt : All three.

Du moins c'est comme ça que Sam le voit lui. Pareil pour la scène où Sam se rebelle contre les manières de bosser de Hunt qui ne s'embarrasse pas de détails légaux quand il s'agit de faire cracher ses dents à un suspect.

Sam : I'm better than any of this !
Hunt : Says you.

Bref, je ne sais pas si vous comprenez ce que je veux dire, mais moi, je me comprends très bien !

(Et inutile de dire que je me régale.)

Autre personnage très intéressant à explorer : Annie. Intéressant que ce soit vers elle en premier que Sam soit allé. Et si elle aussi est un personnage fantasmé, je m'interroge sur ses fonctions. Que va-t-elle lui apprendre sur lui-même ? Elle est probablement la manifestation de son hémisphère droit, à l'opposé de Hunt-l'homme-des-cavernes, celle qui apaise, qui rassure... Celle aussi pour laquelle il pourrait avoir envie de rester.

En tout cas, si elle est pour Sam l'incarnation de la femme idéale, avant tout amie et confidente, ça fait de lui un mec plutôt équilibré. Cette idée me plaît bien. D'autant que la frimousse de la demoiselle est charmante.

C'est également très bien vu de nous placer Sam face à une jeune femme dans le coma. Le jeu de miroirs est saisissant et une fois de plus c'est totalement bourré de symboles.

Et à la fin, elle devient presque lui, alors que dans la réalité, son cathéter se détache et provoque un court-jus.

(On remarquera aussi que c'est autour de ce lit que Hunt et Sam en viennent aux mains avant de faire la paix assis devant. Uh uh uh.)

Bref, quelle aventure éprouvante pour le pauvre Sam. Et avec quel courage il y fait face, malgré l'abattement, malgré la peur, malgré le décalage...

Bref, accroche-toi, Sam chou, on va te sortir de là.

(Et je vous supplie, vous conjure de ne pas me spoiler sur ce coup. Pitié... )

 

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