Le blog de La Sorcière
 

Semaine de la capitale

La semaine dernière j'étais à la capitale, ça aurait pu être "A moi, Paris!!"

La jolie ville, les jolies boutiques....

Sauf que, bien sûr, c'était pour le boulot. Donc c'était un peu moins bonne ambiance...

... la pression de la fin d'année, et des chefs en tout genre (brrr elle fait peur)... youpiiiii...

... l'angoisse pour les petiots, qui prennent un malin plaisir à vous expliquer comment ils viennent juste de se planter.... grrmmblll...

... les multiples "arrêts de travail surprises" et autres lignes coupées "pour travaux".... scrounch...

... et cette saloperie de pluie!! Déjà, Paris, y a trop de gens, trop de bruit, j'aime pas. Mais alors sous la pluie en plus... pffffff.

 

A.P. de la contemplation: Cashback (deuxième partie)

Reprenons. Tout lecteur ayant séché la semaine dernière devra rattraper avant la lecture de ce qui suit.

On en était donc à notre charmant petit héros, Mister Olivier Dubois, qui vit dans un temps qui se dilate au point de se figer pendant ses heures d'insomnie occupées à passer la serpillère dans le supermarché de nuit.

Lorsque le temps se fige, il fait tout de même un cadeau inestimable à notre jeune artiste peintre: il lui donne l'occasion de prendre tout le temps nécessaire pour travailler, à sa guise, sur des modèles parfaitement immobiles.

Dans ce monde en pause, il redécouvre un concept qui semble à tous à la fois immédiat et inexplicable: la beauté artistique.

Il met à profit ce temps figé pour recommencer son travail d'étude de la beauté. Il dessine, encore et encore, tous les corps qui lui sont offerts par ce point d'orgue temporel. Il a le temps, enfin, de vraiment travailler, d'aller au plus loin dans sa recherche de la représentation du bel art. De regarder, vraiment.

Et voilà à quoi ressemble le supermarché au cours des parenthèses temporelles et picturales d'Olivier

Y a comme un truc changé...

Bon on n'en est qu'à 28 minutes de film donc je passe tout le milieu, ça vous laissera plus de surprises. Car il y en a, et pas qu'un peu!!

Après avoir tâtonné dans son travail, sa quête s'éclaircit enfin. Son sujet d'étude se révèle à lui.

Au détour d'un café, cette charmante demoiselle lui explique sa vision du peintre. Et donc de l'art pictural. Elle tient en particulièrement haute estime la capacité d'un peintre à voir la beauté cachée en toute chose, de la capturer et de l'exposer à tous. Elle lui donne la clé de son but artistique. Et elle lui apporte même le moyen d'y parvenir.

Even though it's happenning slow, I just feel that my life's ticking away, a second at a time. Mais, ma bonne dame, ça tombe fichtre bien!! Justement, lui, il peut faire ce qu'il veut de ces secondes, il peut les arrêter juste pour toi! Et le voilà qui s'exécute, partant à la recherche de toute la beauté qu'elle recèle.

Regardez-moi ça comme il est content.

Alors c'est parti. Il la dessine, la croque, la peint, l'explore, la scrute. Il capture pendant des heures sa beauté et tente de la retranscrire.

Il en vient même à exposer son œuvre, à rendre visible à tous sa perception de la beauté de son sujet.

(Hou, comme elle hallucine...)

Et c'est là qu'on obtient notre réponse à la question initiale de notre petit Olivier sur l'amour. Il n'est pas besoin de le définir ni de l'identifier par une quelconque critère. Non, il est là en permanence, reconnaissable sans aucun effort ni la moindre analyse. La difficulté, c'est de le voir, tout simplement. De le regarder, caché derrière chaque scénette, chaque seconde de nos vies. L'amour n'est pas difficile à comprendre, il est juste difficile à voir, à capturer. Il est timide, se cache, se fond dans le décor. Et si on ne prend pas suffisamment de temps pour essayer de l'apercevoir, on peut le rater. Comme le caméléon dans les branchages, il faut observer la verdure vraiment longtemps et avec la plus grande attention pour voir apparaître l'animal.

Voilà le beau cadeau qu'a fait le temps à Olivier: il ne répond pas à sa question initiale Qu'est l'amour?, mais il lui offre le temps, les instants nécessaires pour comprendre que sa question était obsolète, caduque. La question n'est pas "quoi", mais "où".

La clé, c'est le moment de la contemplation. C'est pour ça que les artistes ont toujours eu ce petit avantage sur nous, pauvres cafards... Joli!

 

A.P. de la contemplation: Cashback (première partie)

Il en est des œuvres comme des gens: on croit avoir tout vu, connaître toutes les ficelles et tous les clichés. Plus rien ne nous étonne, on se sent glisser vers une inévitable lassitude, et tout à coup.... le choc...

... une vrai surprise. Un tourbillon d'introspection qui arrive à garder à la fois fraîcheur et pertinence. Du beau conservant du propos. Je n'y croyais plus, Olivier Dubois me l'a pourtant offert (enfin bon, le réalisateur en fait, mais je ne me souviens plus de son nom).

Premier choc. Bon, je sais, vous n'avez pas le son. Mais Mozart arrive doucement sur cet écran noir, plein de tendresse mais aussi de nostalgie. Un tout petit moment de perfection, dès la première seconde, sans le moindre support visuel. Ça part bien, se dit-on.

Choc 2, on commence sans image. Par une phrase dont il est impossible de savoir s'il faut en rire ou s'en offusquer, le ton ne semble pas vouloir être décrypté. Ambiguïté. J'adore. *Pourlèchement de babines sur les notes du hautbois* Toujours pas d'image, et le film est déjà passé au niveau 2 (aka "je na zappe pas tout de suite").

Petit retrait. On repasse en niveau 1,5. Veut-on vraiment me faire passer plus d'une heure devant les errements émotionnels d'un petit british (semble-t-il à l'accent) *Farfouillage dans le canapé pour récupérer la télécommande*

Choc 3. Les errements émotionnels d'Olivier Dubois, ça peut me retenir une heure. Et même deux s'il le faut. *Repose tranquillement la télécommande sur le canapé*

Surtout qu'Olivier Dubois vient de vivre la méga rupture. On se balance des objets gentiment achetés ensemble chez Ikea *ricane dans son canapé* Evidemment, je suis acheteuse. Un film qui démarre juste après la rupture, ça veut dire qu'on a sauté toutes les scènes de "on se rencontre à une soirée - on se regarde - trop le coup de foudre - on se tourne autour pendant 3/4 d'heure du film - on s'embrasse pendant 10 minutes du film - on est très heureux pendant 1/4 d'heure - générique de fin". Non, là , on démarre quand ça devient intéressant. Merci, Olivier.

Pour info, à ce moment-là, on est en à 1 minute et 41 secondes. Vous êtes pas couchés.

Cette rupture parfaitement banale déclenche une question centrale pour Olivier (C'est Ben en fait dans le film. Il sera rebaptisé Olivier pendant tout ce commentaire. Toute réclamation est à garder pour soi.). En pleine cafétéria de la fac de beaux-arts, il se pose cette question éternelle et pourtant parfaitement oiseuse: finalement, nous aimions-nous? Pour répondre, encore faudrait-il que je sache ce qu'est l'amour. Donc, question: qu'est l'amour?? Bien sûr, je grogne dans mon canapé et repars à la chasse à la télécommande. Même pour Olivier Dubois, je ne me tape pas un film complet pour une question idiote et un poil rhétorique.

Mais voilà qu'on entre dans les heures sombres, d'un coup. Les "heures du tourment". La nuit d'Olivier. L'heure des regrets, du manque et de la résignation. Sauf que pour Olivier, ça va plus loin. Après l'inévitable coup de fil ridicule à l'ex, le voilà qui sombre.

... dans l'insomnie.

(Hi hi hi la lampe Ikea cassée sur la table de nuit).

Le tourment devient absolu. Plus il désire que le temps passe vite, que l'oubli arrive, plus il devient imperméable au sommeil. Ce qui implique encore plus de temps réveillé, plus de temps pour penser à l'ex, aux regrets, à la souffrance. Devant ce tiers de vie supplémentaire subitement accordé, et pourtant si peu souhaité, il ne lui reste plus qu'à trouver une occupation qui arrive à l'extraire de ses pensées.

Choc 4. Au bout de 15 minutes, on change complètement d'environnement. Olivier intègre l'équipe de nuit du supermarché glauque du coin. Gné??? Totalement intriguée, étonnée, voire choquée de ce changement brusque de direction, j'enterre la télécommande. Film passé d'un coup en niveau 5, ça n'est pas arrivé depuis Fight Club.

Monsieur Dubois fait des natures mortes sur le sol du supermarché.

Monsieur Dubois imagine les clientes en biches sous les arbres. Monsieur Dubois fatigue, quoi.

Et je vous passe les ultra-savoureux collègues, il faut quand même que vous ayez quelques surprises quand vous le regarderez. Car vous le regarderez. J'ai dit.

Mais, tout de même, on ressent toujours le propos sous-jacent. Et là, choc 5. Le narrateur nous avait annoncé un thème sur l'amour, mais c'est l'écoulement du temps qui est inscrit en filigrane dans toutes les scènes. Ce temps qui n'en finit plus de se dilater dans ces nuits interminables d'ennui au supermarché. Tous les personnages sont pris dans cette quasi-immobilité du temps. La caissière met carrément un sparadrap sur sa montre en espérant ne pas subir ce ralentissement.

Et l'ennemi, ici, c'est l'horloge. C'est la Méduse: ne jamais, jamais la regarder dans les yeux...

En voulant passer son temps excédentaire plus vite en se trouvant une activité, Olivier se retrouve dans un lieu où il ne s'écoule que trop lentement. Visiblement, le temps ne veut pas lui laisser d'échappatoire.

Oh que non. Pas d'échappatoire du tout. Voilà que ça s'aggrave, et qu'Olivier se met à figer le temps. Lui seul continue à bouger dans ce monde parfaitement immobile. Il boira jusqu'à la lie le calice de l'arrêt du temps. Il savourera tout instant de ces heures tourmentées. Il est coincé dans ce temps immobile, qui le force à faire la seule chose qu'il est encore capable de faire: observer, scruter, admirer, évaluer.... bref, contempler.

Voilà pour la première partie: on a lentement glissé des errements amoureux d'un post-ado pas bien dégrossi à une expérience sur l'écoulement du temps et sur la sensation physique de l'existence d'un temps dilaté. Si vous êtes sage, la semaine prochaine vous aurez la réponse à cette question qui, je le sais, vous hante: Mais où est donc le rapport avec le début??? Nandidiou!!!

... hik hik hik .... *plan laugh*

 

Pourquoi, J. Michael Straczynski, mais pourquoi?

Ô toi, mon lecteur assidu, non je ne t'ai pas oublié. Je sais que tu dépéris depuis 48 heures devant ton écran, l'index tétanisé par trop de pressions successives sur le rongeur. Oui, je suis en retard et je te présente mes plus plates excuses. Mais c'est qu'il s'est passé une chose incroyable, cette semaine.

Je te raconte: le temps a subi des successions incontrôlées de contractions et d'accélérations subites depuis 10 jours. Je te parlerai plus longuement de ce phénomène fascinant de physique quantique dans un prochain hebdo-post, suite à mon récent visionnage des expériences de M. Olivier Dubois sur cette thématique (ne cherche pas, tu comprendras la semaine prochaine).

Suite à ces glissades temporelles récurrentes, le milieu de semaine s'est retrouvé décalé jusqu'à vendredi, soit aujourd'hui. Une élégante démonstration qui te prouve sans aucune ambiguïté que non, en fait je ne suis pas en retard. Cette semaine, le vendredi s'est imposé comme milieu de la semaine. Ce sont des choses qui arrivent, et qui d'ailleurs risquent de se renouveler de temps en temps. Car c'est imprévisible, la physique quantique. CQFD.

Comme tu t'en doutes surement, mon chagrin de la semaine dernière était bien trop grand pour être déjà absorbé. Je suis donc toujours en deuil, et j'envoie ce cri à J. Michael Straczynski: Pourquoi, mais pourquoi m'as tu fait ça??

Le voilà qui nous éteint la station, comme ça, d'un coup, avec à peine un regard. Non, le pardon n'est pas en vue. Même si j'essaie de me consoler en me noyant dans la filmographie britannique, la blessure suinte encore. Vivement le visionnage des TV films.

Ô toi, mon lecteur, fais-moi un petit signe pour m'assurer que tu n'as pas séché devant ton clavier. La semaine prochaine, je te promets autre chose que B5. Mais pas d'être dans les temps. A cause de la physique quantique, tu sais bien, hein....

 

A.P. de la disparition: Babylon 5

On continue dans les vieilleries, mais cette fois-ci avec un épisode de clôture. (Vous n'échapperez pas pour autant à des épisodes plus anciens, désolée. En fait pas tant que ça!!).

Cet épisode, qui peut sembler inutile à certains à cause de son absence de narration et de sa déconnection d'avec toute intrigue interne à la série, est pourtant capital si l'on veut appréhender le propos sous-jacent aux cinq saisons de B5 (prononcez bifaiv'; c'te classe...).

Si l'épisode précédent était centré sur la transmission, le passage, la poursuite de l'œuvre après le départ des protagonistes initiaux, celui-ci au contraire nous prépare à la disparition de ce qui fut.

Bien évidemment, la disparition qui sert de fil rouge à l'épisode, c'est la mort programmée de Sheridan depuis la saison 4.

Lorien: And then, one day, he will simply.... stop

C'est l'occasion de confronter les personnages principaux à leur façon de gérer la mort imminente d'un proche:

- Delenn, l'épouse aimante et admirative. Toute sa volonté de Minbari ne peut l'empêcher de vivre exclusivement la douleur et l'angoisse de perdre celui qui est devenu une partie d'elle-même. Ayant promis d'offrir à John une dernière journée joyeuse, elle n'est finalement pas capable de dissimuler sa peine.

Cette image d'elle, perdue en position fœtale dans son lit, choque, tant Delenn a toujours été solide, disciplinée, voire un peu froide dans ses émotions. Moi-même, n'étant pas une grande fan du personnage, je ne m'attendais pas à ressentir aussi crument sa douleur.

- Garibaldi, le bon (et souvent erratique!) compagnon. Il retrace leur passé commun à travers les histoires drôles de leurs années de service. Le gai luron indispensable dans ces moments pesants.

Et on nous ressort l'histoire du Pak'mara qui avait bouffé le chat mort qui avait bouffé le cristal de données.... le tout ayant fini en vomi verdâsse sur l'uniforme du commandant Sheridan. Un grand moment, c'est vrai!

- Franklin, l'allié, celui qui a été de tous les complots et de tous les arrangements. Il montre une certaine résignation -probablement liée à son métier de médecin-, et une acceptation issue du sentiment d'être vraiment allé au bout de leur histoire commune, d'avoir vécu tout ce qui leur était donné de vivre ensemble, et de ne rien laisser inachevé.

- Bien sûr, il y a Susan, qui ne peut se préparer à cette mort annoncée, elle-même n'ayant pas encore effectué son travail de deuil précédent. N'ayant pas encore accepté la mort de Marcus, elle est bloquée dans un instant immobile et sans issue.

- Enfin, Vir, à qui ce dîner d'adieux évoque la disparition préalable de Londo. A travers la disparition d'un, nous revivons celle de tous ceux qui l'ont précédé. C'est l'occasion de leur porter un toast. Ces noms égrenés avec toute la tendresse que leur ont portée les personnages, nous assaillent avec une nostalgie inattendue.

G'Kar *bouhouhouhouhouh*

Londo *mais bon sang on ne saura donc jamais comment il s'est débarrassé de son schtroumpf sur l'épaule???*

Lennier *quel gâchis c'est pas possible*

Marcus *jamais je ne leur pardonnerai*

Tous, ils ont été remplacés, leur œuvre est poursuivie, on l'a vu dans l'épisode précédent. Pourtant, individuellement, leur perte nous accable, dans la certitude que nous ne pourrons plus bénéficier de leur sagesse, insulter leur inconstance, désespérer de leur déclin inéluctable, rire de leur merveilleux petit accent.

C'est aussi l'occasion d'appréhender la disparition du côté de celui qui part.

Sheridan est en train de "faire ses valises", de se préparer à un voyage personnel. Il ne cède pas vraiment à l'angoisse de sa mort, mais décide de "go on a sunday drive", comme il dit.

On le voit sur cette image. Devant le soleil levant de Minbar, Delenn est toute à sa douleur, mais Sheridan lui, regarde devant, il se projette déjà dans son voyage. Il est déjà parti.

C'est évidemment l'aspect le plus ténu, le plus fugace, le moins tangible de l'épisode. Rien n'est clair, peu est sous-entendu. C'est à nous d'essayer de faire ce voyage avec lui. Il ne nous y invite pas vraiment, et nous restons finalement toujours un peu étrangers à ce passage, comme si nous n'étions pas encore prêts à l'emprunter.

Et c'est vrai, nous ne le sommes pas. C'est finalement une bonne chose, après tout ce n'est pas notre voyage à nous...

Non, notre bout du chemin, on ne peut le partager qu'avec la station. Au coeur de toute la série, il n'y a jamais eu qu'elle, et sa disparition est d'une violence inouïe.

(sanglote bruyamment)

Car, plus que les personnages, l'intrigue ou la narration, c'est ce lieu qui nous a accueillis dans son rêve de paix, son ambition de compréhension mutuelle et sa vision d'un futur à bâtir soi-même. Je sais, ça a l'air cucul, mais pour vous (toi) qui me lisez (lis) il semble évident que ces aspects bisounours ne peuvent avoir emporté mon adhésion. C'est juste pas possible, c'est le Dark Side ici quand même, oh!!

Non, non, cette station arrive réellement à nous transmettre cette vision, elle est capable de la faire vivre à ceux qui décident de la fouler. Comme dit Zack, "it's this place"... Elle parvient même à nous la faire vivre à nous, passables téléspectateurs. La peine que nous procure cette vision finale de Babylon 5 nous étonne, nous prend réellement par surprise. Sans s'en rendre compte, on s'était attachés à cette station plus qu'aux personnages. Elle a été un lieu de sécurité, où l'on s'est toujours senti chez nous. A postériori, on réalise que, effectivement, tous les épisodes ou fragments d'épisodes tournés ailleurs ont toujours été plus angoissants, plus dangereux. Plus imprévisibles...

Voilà, on s'est fait manipuler, on nous a eus comme des bleus. On pensait avoir donné notre tendresse à G'Kar, Franklin, Marcus, Londo, même Morden, et sblam! C'est la fin de la station qui arrive à nous arracher une larme. Finalement, ce n'est pas incongru. Car c'est dans les lieux où nous avons vécu des moments fondamentaux avec nos disparus que nous ressentons avec le plus d'intensité à la fois la perte due à leur départ, mais également le bonheur de cet instant fugace mais définitivement ancré dans ce lieu. Bien plus qu'en des endroits consacrés comme les cimetières, ce sont les lieux du partage qui font revivre la mémoire de nos morts.

Zach "It's this place. (...) Every part of this station has somebody's fingerprints on it . Layers, and layers of people's lifes."

C'est exactement pour cela que Sheridan foule une dernière fois la station, afin de ressentir l'émotion des instants vécus là. Malgré le souvenir vibrant que sa mémoire peut en avoir, il ne peut en revivre l'intensité émotionnelle que sur Babylon 5.

Le retour de Za'hadum...

(clin d'œil, on voit bien Lennier en plein milieu...)

Delenn répond parfaitement à cela en choisissant elle aussi un lieu pour se souvenir.

Sur ce banc, où ils ont regardé le soleil se lever sur Minbar, elle fait revivre, pour un fugace instant, son mari.

Alors, oui, Babylon 5, toi la médiocre image de synthèse suspendue et tournicotant dans l'espace, tu nous a ouvert une fenêtre sur le possible, le réalisable, l'atteignable. Ils ne sont jamais faciles à faire, souvent lourds à assumer, mais nos choix ne sont pas regrettés. A la fin.

Post-scriptum pour ceux qui ont tenu jusque là: Bon, c'était très très long donc la semaine prochaine on fera très très court. Et puis, je sais, ce n'est pas très funky groove cette semaine, désolée. Mais j'ai fini Babylon 5, et j'en suis attristée. Pour la peine, je vous mets encore une image de la station, parce que c'est juste trop horrible...

 

A.P. de la caricature: My Name Is Earl

Oyez, oyez, voici de quoi vous repérer dans mon espace hebdomadaire. Sous l'acronyme "A.P.", se cache le thème abordé dans la semaine. Ici et aujourd'hui, ce sera donc A Propos de la caricature.

Vous donc, qui ne cliquez compulsivement sur le bandeau du blog que dans l'espoir angoissé de voir apparaître la dernière review du dernier BSG tout droit sorti du four, vous pourrez ignorer tout ce qui commence par Semaine de, A.P. de, Le monde selon, ou encore Pourquoi, ...? (et d'autres encore à venir, j'essaye de laisser quelques surprises à mon très probable seul et unique lecteur).

De même, si tout ce qui a plus de 3 mois n'est plus de la télé pour vous, passez votre chemin, ici on déterre des vieilleries, parce que les vieux trucs, c'est cool.

Nous commencerons donc par illustrer notre propos (vous avez vu, pluriel de majesté, je m'éclate) sur la caricature grâce à My Name is Earl, et attention le pilote s'il vous plaît (oui je sais il a deux ans. Je m'en fous).

La caricature, thème central de cette série, commence pas le choix des personnages. Voici donc, en plus-du-tout-exclusivité, nos charmants péquenots plus mignons les uns que les autres:

- Earl:

Notre héros, avec une bonne tête de vainqueur! La moustache toute droit sortie du Dakota du Nord des années 30, l'œil glauque, la truffe humide et le visage inexpressif, il fleure bon le rien. Le vide, quoi.

- Randy, le petit frère:

Toute barbaque dehors, le Marcel sexy qui moule le poil. Glamour.

- Joy, l'ex-femme hystérique:

Comme vous le voyez, plutôt pas mal, de grands yeux bleus, ça pourrait être une bombe. Mais comme vous pouvez également le voir, ce n'est pas sa distinction et son élégance qui vont l'épuiser avant l'âge.

- Crabman, le nouveau mec de l'ex-femme:

Parfait prototype de l'adepte de la fumette qui a grillé ses derniers neurones autour de 14 ans, il est pourtant, et ce dès le pilote, authentique et charmant. Surprenant, vue sa quasi-totale absence à l'écran et sa seule et unique réplique (à savoir, Hey, Earl!. Waow, ça c'est du dialogue...). La cool attitude la plus excessive jamais vue!

- on arrive dans les personnages récurrents:

Patty, la prostituée de jour. Qui a son spot à l'arrêt du bus scolaire. La grande classe, mais à l'instar de la plupart des autres personnages, hautement sincère et entière.

Catalina, l'hispanique en situation irrégulière faisant des ménages. Et super sexy, of course.

Voilà pour la caricature de personnages. Des caractères brossés suivant un seul angle pour chacun, à eux tous ils représentent le panel du péquenot américain que tout bon européen (ou plus probablement tout bon New Yorkais sortant de Carnegie Hall) peut avoir à l'esprit. Donc, à priori, pas de finesse là-dedans, que du cliché.

Que nenni!! Car voilà qu'arrive la caricature de situation. Et là, la série trouve son ton.

Car il y a la liste. La sacro-sainte liste des mauvaises actions que Earl veut réparer afin de satisfaire Mister Karma (il est persuadé que Karma est une personne toute-puissante le punissant pour ses mauvaises actions et le récompensant pour ses bonnes. Actions. Toute ressemblance avec un barbu habillé en toge blanche est fortuite.)

Numéro 44 de la liste: Kenny.

Kenny, le mioche gringalet qu'Earl a terrorisé et maltraité pendant son enfance.

(.... mmmmhhh, c'est mignon les enfants hein??)

Earl et son frère, voulant aider un Kenny adulte renfermé, isolé, et toujours aussi gringalet, lui offrent une après-midi de jeux pour adultes avec Patty (gloups!). Mais voilà-t-y-pas qu'on découvre que le pauvre Kenny est gay. Et ce, au fin fond d'un bled de péquenots en plein Dakota du Nord (je sais c'est pas dans le Dakota mais ça me fait marrer, moi, le Dakota du Nord.) Pas de chance, Kenny!

Angoisse, sueurs et tachycardie pour nos deux amis confrontés à une toute nouvelle situation. Nouvelle, donc ingérable. Et ces crétins se mettent à courir, de peur que des tentacules lui sortent des narines peut-être??? :-D

Bien sûr, Earl et son frère finiront par trouver un terrain d'entente avec Kenny, une fois la peur surmontée. Earl aura effectué sa pénitence envers Kenny, et nous pourrons aller vers un autre malheureux de la liste.

Ici, on va jusqu'au bout de la dérision et du cliché, et les choix semblent assumés. Parodie parfois grotesque (ici grotesque au sens historique du terme, c'est-à-dire une figure caricaturale ou fantastique, représentant des ornements capricieux, des figures fantastiques et qui provoque le rire par son extravagance...) de l'Amérique profonde et isolée, qui grâce à cette karma-liste, peut se coltiner à toutes ses contradictions. Et démarrer sur l'acceptation d'un gay dans cette micro-société, je trouve ça particulièrement courageux. D'autant plus que les personnages restent cohérents avec eux-mêmes, ils ne comprennent toujours pas cette "attitude" de Kenny, mais ils lui trouvent une place dans leur entourage lointain. Rien ne plus n'était nécessaire, et surtout rien de plus n'aurait été crédible.

La sincérité des personnages fait le reste, et permet à la caricature d'être suffisamment tendre pour ne pas être cruelle. Juste drôle.

 

Semaine du trac

(Oui bon je sais je suis en retard mais c'est pas comme si c'était pas la folie au boulot... et c'est pas non plus comme si vous aviez attendu ça toute la semaine, hein!)

Brrrr la semaine du trac, pas ma préférée..... du tout du tout du tout.

ça commence en général de la manière suivante, et la semaine écoulée n'a évidemment pas fait exception à cette règle implacable:

Ce grand moment de solitude absolue où l'on se sent humilié par sa simple présence sur scène. La première note n'a pas retenti et déjà on se demande pourquoi on est là. On nous verrait la culotte, on sentirait pas pire. Il n'y a guère qu'avoir en plus la non-coiffure de Kate le ragondin (cf Lost) qui arriverait à empirer la situation.

Et puis bon ça démarre.

Le menton tremblant, la lèvre humide et le regard apeuré, il faut bien suivre le piano. A croire que les gens ne voient pas l'appel au secours vibrant dans notre voix hésitante et peureuse. Et fausse, d'ailleurs, au passage. *s'empourpre de honte*

Pourquoi, mais pourquoi ce n'est pas à cet instant qu'un chevalier blanc sur son fier destrier vient nous sauver la mise et nous emmener loin de ce bourbier??? Ah oui z'avez raison les chevaliers c'est plus l'époque. Et en fait c'était des gros lourds qui sentaient la sueur. Ballot.

Passé le moment de vide intersidéral initial, on pourrait s'imaginer que ça s'arrange, qu'on est rentrés dans l'évènement et que tout roule Raoul. Eh ben non, bizarrement ça ne se termine jamais comme ça:

La mine réjouie, l'être entier impliqué dans la performance, l'adéquation parfaite entre l'attitude corporelle et l'interprétation musicale....

Non, décidément, ça ne s'est jamais approché de ça.

... *gratte, gratte* Etrange, non?

 

Semaine de la montagne

La semaine dernière, c'était la semaine du grand air pur de la montagne. Donc ça aurait pu donner ça:

(voui voui je sais j'ai vu un épisode de torchwood ça paraît bizarre...) De belles ballades loin de tout et de tous, l'apaisement de la douce et fraîche brise d'altitude, la sérénité des grands espaces et des paysages éblouissants....

.... mais en fait c'était 6 jours de boulot (oui je bosse dans des endroits bizarres) en veste de trekking trempée et en chaussures autrichiennes à crampons, donc ça a plutôt donné un mix de tout ça:

... un hébergement hyper glamour

... l'inconfort de dormir dans des conditions médiocres

... la vie en communauté qui porte un peu sur les nerfs

... et la nostalgie de son home sweet home

Bref, j'ai beaucoup râlé, mais je suis enfin de retour!! En pleine forme pour vous produire des écrits sans queue ni tête... Enjoy! :-)

 

Semaine de l'inauguration

Alors, voilà....

Nous fêtons ici l'inauguration de mon petit espace hebdomadaire. Normalement et selon toute probabilité, cette rubrique sera remplie en milieu de semaine (lire le mercredi, mais je me laisse un peu de marge de manœuvre...).

Selon les visionnages, les envies, l'actu, le temps disponible, vous aurez droit à une "ambiance de la semaine", un épisode, un film, un livre, une théorie foireuse de plus, ou - vraisemblablement majoritairement - un "lui y m'énerve j'l'aime pas". Autrement dit et pour que tout soit clair, toute personne à la recherche de mauvaise foi, de bouderie, et de logorrhée oiseuse est le bienvenu... ah-hum

On commence fort puisque la semaine prochaine je suis absente, disparue dans des contrées où l'on emmène même pas d'ordinateur, où il n'y a pas de connexion possible, et qui est même en majorité inaccessible au signal téléphonique.... Je commence mon nouveau taf en me mettant direct en RTT, c'est pas beau la législation du travail??

Donc merci merci Sorci, j'ai eu l'impression de recevoir ce genre de cadeau....

(vous me reconnaitrez dans le rôle d'Ursula, de dos)