Enfer et liquéfaction ! 
Mais ces gens sont MALADES ! Ils n'ont donc pas pensé une seule seconde à nous, Sorcière et Dark Side, piteusement recroquevillées sur le canapé, à regarder se dérouler cette horreur d'épisode, reniflant à qui mieux mieux (surtout le Dark Side... ouuuuh, le Dark Side n'aime pas qu'on touche à son Wiwi !).
C'est vraiment pas sympa. Non. Pas sympa.
Et moi qui me suis baladée toute la semaine avec en tête cette image :


Pauvre Wilson, donc, qui découvre sa bien-aimée quasiment hachée menu, et qui va passer tout l'épisode à produire les réactions les plus démentes, lui pourtant confronté à la plus grande misère médicale, lui si fort, si parfait. Pour la première fois, Wilson passe de l'autre côté du miroir. Il brille quand il est aux côtés des malades et encore plus aux côtés des familles, remplissant le grand vide laissé par House dans ce domaine. Mais quand c'est lui, la famille, Wilson perd tout ce qui fait de lui Wilson. Wilson devient moins que rien. Même s'il tente de rester Wilson.
Bref, on en doutait, mais si, la preuve est là. Wilson est humain. Wilson n'est pas Casper le gentil fantôme comme je l'appelais dans la première saison. Wilson n'est pas un ange descendu des cieux pour assister Greg House ci-bas. Non, Wilson est juste comme nous. Ca fait un choc.
Et le pire, c'est que face à un Wilson désangélisé, House est complètement à la ramasse. D'autant qu'il se relève tout juste d'une crise cardiaque (entre autres banalités). Et probablement terrifié par ce qui a pu se produire la veille pour aboutir à l'arc Amber/accident/autobus, il dit amen à tout. Même aux requêtes les plus aberrantes de Wilson. On rêve tout debout.
Wilson : It gives you more time to find a diagnosis. House, this is Amber ! Please !

En même temps, comment résister à un appel au secours aussi vibrant. Et à la confiance aveugle que Wilson a en lui en cet instant. Persuadé que tout estourbi, amnésique et courbatu qu'il soit, House trouvera la clé de l'énigme et sauvera sa belle. Comment ça, vous ne pleurez pas déjà ?

Et pourtant, House aussi a ses problèmes, bien plus graves qu'un crâne fracturé ou qu'une pauvre crise cardiaque, maux basiquement physiques qui ne sont rien à côté de la torture de l'âme.
Il aimerait bien savoir ce qu'il faisait avec Amber dans un bus, et pourquoi. Et évidemment, ça ne peut être que Taub qui pose le premier la question.

Et s'ils avaient eu une aventure ?
J'ai adoré la manière qu'à House d'écarter immédiatement cette éventualité, comme s'il savait que jamais il ne toucherait à la nana de Wilson. Et pourtant, ça le hante.


Commence un véritable jeu de piste avec Amber dans le rôle du lapin blanc. Et je reste soufflée par l'alchimie que ces deux-là dégagent à l'écran.

C'est incroyable. Qui aurait soupçonné ça il y a encore quelques mois ? Je suspecte les scénaristes de cette série de pouvoir nous faire gober n'importe quel rebondissement, même le plus improbable.
Bref, House tente de reconstituer le puzzle afin de découvrir de quoi souffre Amber, qui ne va pas fort. Il sait qu'avant l'accident, un truc l'a fait tiquer. Mais difficile de mettre le doigt dessus. Et à ce stade de l'épisode, on sait tous que c'est une très mauvaise idée d'emmener Wilson sur le lieu du crime, à savoir l'endroit où il s'est murgé la gueule... avec Amber.
Barman : Last night, she was your girlfriend.
Uhoh.
Le pire étant bien sûr que Wilson puisse le soupçonner de se l'être tapée. Atroce.
Et là, on commence à s'enfoncer dans un engrenage de colère, de remords et de culpabilité parfaitement odieux. Est-ce le doute que son meilleur pote puisse le trahir qui pousse Wilson à lui demander de se soumettre à une expérience aussi dangereuse ? Ou est-ce que tout simplement, il aime plus Amber que House ? Quelque soit la réponse, il n'y a qu'un perdant, dans l'affaire. Enfin, pour l'instant.


House : You think I should risk my life to save Amber's ?
C'était pourtant son idée, soufflée par Amber. L'ennui, c'est que s'il l'avait fait de lui-même, ça n'aurait pas eu le même impact. Et on sait qu'il l'aurait fait. Seulement là, c'est Wilson qui lui met le pistolet sur la tempe. Et ça prend une dimension mille fois plus perverse.
Le pire, c'est qu'une fois que House, branché sur secteur, se met à se souvenir, je me suis marrée. Parce que House bourré, c'est drôle.

On notera avec tristesse que si Amber est venu le chercher ce soir-là dans ce bar, c'est parce que Wilson n'était pas joignable. Et que c'est sans doute pour faire preuve de bonne volonté qu'elle s'est déplacée et l'a hissé dans le bus.

Et c'est là que House la revoit en train d'avaler le poison qui va la tuer. Poison bien inoffensif... tant qu'un accident de bus ne réduit pas vos reins en charpie.



Pauvre Amber. Qui vient de signer son arrêt de mort en avalant des pilules pour soigner un... rhume. 

House : I'm so sorry.

Je ne sais pas ce qui me tue le plus. La tristesse de Wilson, ou la misère de House qui pleure pour Wilson, lui qui ne versera jamais une larme pour un patient... ou pour lui-même.
Car une fois de plus, après le coeur qui lâche en découvrant l'identité du patient du jour, c'est le bonhomme tout entier qui s'effondre après avoir identifié le mal. Passant le relais à Wilson.



Pauvre Wilson. Pourrait-il être plus accablé ?
Avant d'en revenir à Wilson, petit retour en arrière. Du lourd, aussi, dans cet épisode, du côté des Kids. Je ne vais pas m'attarder sur Thirteen que j'aurais préféré ne pas voir de l'épisode tellement cette gonzesse est un embarras pour la gente féminine, même si elle sert plutôt habilement le propos du jour qui est : "Comment gérer la mort d'un des nôtres ?"
Mal, bien sûr. Mais pour cette gourde de Thirteen, c'est pire que ça. Par ricochet, c'est un peu sa mort, qu'elle vit, elle qui a mené une telle compétition contre Amber... compétition qu'elle avait remportée d'une courte tête.
C'est donc avec un plaisir malsain que j'ai vu House lui balancer dans la tête ses quatre vérités.

(Qu'elle lui renvoie aussitôt, en passant.)
Et je suis bien contente à l'idée que son test qu'elle a enfin le courage de faire, sans doute inspiré par la mort très digne d'Amber, s'avère positif. Ca m'horrifie d'écrire ça, mais c'est le cas. Et c'est logique.

De toute façon, il eût été ridicule de faire durer le suspense sur la moitié de la saison pour un résultat négatif.

Bref, en un épisode, on nous tue les deux gonzesses de la saison. C'est pas juste totalement gonflé et énorme ?
Et à côté de ça, on a le jeune Kutner qui avec une franchise et une simplicité désarmantes, lui raconte qu'en fait, ses vrais parents sont morts quand il avait six ans, descendus par des mecs venus voler la caisse de leur magasin. Ca calme. Et ça explique beaucoup de choses sur ce garçon.
Bref, pas étonnée que lorsque Wilson se résout enfin à réveiller Amber pour lui dire au revoir, il soit le premier à dire qu'elle était leur amie. Je soupçonne Thirteen de n'être qu'une sale hypocrite qui veut se donner bonne conscience. Quant à Taub, il a le mérite de dire ce qu'il en pense. Foreman, no comment. C'est un bon gars, au fond. Mais je ne suis pas sûre qu'il aurait suggéré ça au groupe.
13 : We should say goodbye.
Taub : She didn't even like us.
Kutner : We liked her.
Taub : Did we ?
Foreman : We do now.
Enfin, truc atroce, Wiwi réveille Amber, et évidemment, elle a vite fait de comprendre la situation. Ptain, Anne Dudek est incroyable, dans cette scène. Le moment où son visage se creuse parce qu'Amber vient de capter, c'est du délire tellement c'est vrai.

Amber : I'm dead.
Donc chacun de faire ses adieux à Amber. Sauf House, bien sûr, toujours dans les vapes.
Et puis c'est au tour de Wilson. Nom d'un chien, c'est juste affreux.

Pauvre Wiwi. Qui sur sa demande débranche tout tranquillement. Bouhouh. 
Pendant ce temps, House fait ses propres adieux à Amber.


House : You're dead.
Amber : Everybody dies. (Oh joliii ! Superbe déformation de la maxime préférée du sick bastard !)
House : Am I dead ?
Amber : Not yet.
Pauvre, pauvre House. Je le plains horriblement. On se faisait la réflexion qu'il n'avait pas perdu beaucoup de patients, cette saison. Mais qu'il perde celle-là, rah, juste celle qu'il ne fallait pas perdre, quoi. Il ne se le pardonnera jamais, c'est sûr. La culpabilité qu'il dégage est démentielle. Et jamais il ne l'exprimera mieux qu'ici, avec une morte.

House : Wilson's gonna hate me.
Amber : You kind of deserve it.
House : He's my best friend.
Amber : I know.

Amber : What now ?
House : I could stay here with you.
Amber : Get off the bus.
House : I can't.
Amber : Why not ?
House : Because... because it doesn't hurt, here. I don't want to be in pain, I don't want to be... miserable. And I don't want him to hate me. (Aaaaaw... )
Amber : Well... you can't always get what you want. (Putaiiiin, ils veulent ma mort ?! Mick Jagger, sors d'Amber tout de suite !)
Allez hop, lève-toi et marche. Et sans boîter.

Punaise. Première fois que le monstrueux instinct de survie de Gregory House s'effondre de la sorte. Bien vite regonflé par cette projection de son propre subconscient, cela dit. Mais tout de même.
Ca m'amuserait presque qu'il ne lui vienne pas une seconde à l'esprit que Wilson puisse être triste de perdre, après la femme qu'il aime, son meilleur ami. Et en même temps, étant donné la scène de fin, il ne vaut mieux pas.
Car si du côté des Kids, il y a encore une lueur d'espoir (notamment Foreman, tout seul à une table, et rejoint par ses deux anciens collègues), je pense que du côté de House et Wilson, c'est cuit.


(Je jure que quand Wilson se retourne pour s'en aller après avoir échangé un regard avec lui, ça m'a transpercé le coeur...
)
House a malgré tout encore Cuddy.

Wiwi, lui, n'a plus personne.


Le coup de massue final. 
Pfiou. Trois mois pour digérer. Il faudra bien ça. Je me fais vraiment du souci pour nos deux oiseaux. Jusqu'à présent, rien n'avait pu venir à bout de leur amitié. Ni les mensonges, ni les trahisons, ni le fric. On commençait à la croire indestructible.
Désormais, quoiqu'il arrive, cet épisode pèsera toujours sur eux. Que ce soit le fait qu'Amber ait été dans ce bus à cause de House, ou le fait que Wilson ait franchi la ligne sacrée en demandant à son ami de risquer sa vie pour... pour rien en fait. Et même s'ils arrivent à se pardonner l'un l'autre, parviendront-ils jamais à se pardonner à eux-même ?
Alors est-ce une ultime épreuve ? Ou bien est-ce une nouvelle manière de changer la dynamique de la série ? Auquel cas c'est une idée géante car rien ne pourrait changer plus House que de perdre Wilson. L'ennui c'est que... euh. On n'a pas du tout envie de perdre Wilson, nous !
Bref. Je suis à bout d'épithètes. C'était effroyable, comme fin de saison. J'en ai bien chialé en revoyant l'épisode hier soir. Et bien peu ri. 