Le blog de La Sorcière
 

Sweeney Todd

Moi, il y a des choses qui me gonflent. Et vous savez ce qui me gonfle le plus ? Le génie.

Alors, j'admets que sur ce coup-là, il s'est fait plaisir, cet enfoiré de Tim !
Du coup, c'est vrai que pour les novices du genre, ça doit surprendre. Ca doit même sacrément refroidir... Mais comment résister à cette esthétique irréprochable, noire, implacable, grinçante, qui vous glace et vous secoue d'un gros rire nerveux tout à la fois ? Et puis qui sans prévenir, vous enchante... et la seconde d'après vous fait couiner de trouille... ?

C'est bien simple, moi, je ne savais plus où regarder.
Première chose qui a attiré mon attention : les lèvres des acteurs, d'abord, qui remuent au rythme d'une synchro quasi-parfaite... j'en ai vu des films musicaux, des opéras filmés, tout ce qu'on veut... je ne crois pas avoir déjà vu un play-back aussi remarquable.
Johnny, ensuite, qui fait mal aux yeux tellement il est exceptionnel. Je veux dire... le moindre de ses mouvements est d'une justesse à pleurer. Le regard, les attitudes, son physique même... il EST Todd, ce personnage brisé par quinze ans de bagne et qui finit par se noyer dans sa vengeance.

Puissent les forces supérieures (et forcément malfaisantes) qui dirigent notre monde, quelles qu'elles soient, nous offrir encore de nombreuses collaborations entre Burton et Depp tellement la magie qui s'en dégage est surnaturelle...

A part ça, j'ai détesté le film.

Non, j'déconne, hein... Même s'il était à chier (ce qui n'est pas le cas, ooooh non), j'y trouverais mon compte rien qu'en me laissant porter par l'ambiance de ce magnifique Londres sauce gothique.
D'abord, j'ai forcément adoré le côté vieille comédie musicale un peu désuète, un peu pompeuse, entrecoupée de grands moments de délire made in Helena Bonham Carter qui est décidément une sacrée cliente. Je comprends pas. Chaque fois j'ai l'impression de m'en étonner, mais elle me sidère par son talent. Ici, elle est superbe en sous Lady MacBeth crasseuse et blafarde, avec ses volants poussiéreux et ses tourtes immondes... et surtout belle et touchante comme tout.

Et quelle alchimie entre ces deux acteurs qui doivent maintenant se connaître si bien. Savoir se réinventer comme ils le font sous la houlette de maître Tim, de film en film... s'il ne devait rester que deux acteurs au monde, je voudrais que ce soient eux...

Ensuite, j'ai adoré chaque intervention de la clocharde ("Mischief ! Mischief !"). C'est con, mais pendant tout le film, je me suis dit que si j'avais pu choisir un rôle à interpréter (et surtout à chanter) dans ce film, j'aurais choisi le sien. Bien évidemment, j'avais flairé l'arnaque.
Et puis Alan Rickman en méchant grisonnant et libidineux à souhaits. Façon vieux beau, comme ça lui va désormais si bien.

Et, Jeeeez. Ces gars-là savent chanter ! Prenez ce traître de Johnny Depp... ça a un timbre profond, ça a des aigus aériens, ça tient ses notes avec une facilité révoltante, ça a une manière d'articuler à vous faire tomber à la renverse. Il pourrait pas s'arrêter dix secondes d'être talentueux histoire qu'on se repose un peu ???

Enfin, si l'image est soignée aux petits oignons, la distribution l'est tout autant, jusque dans les seconds rôles... le gamin, petit gavroche miteux et alcoolique est extra, Queudver est fidèle à lui-même, Borat est formidable, et j'ai même aperçu un certain Giles passer !

Bref, j'ai adoré. Mais je comprends qu'on puisse buter dessus. C'est triste, sanglant, sordide, excessif en tout, ça évolue dangereusement entre le mauvais goût et la grâce... en restant pour moi toujours du bon côté.

Et comme je pourrais continuer comme ça pendant des heures, je préfère m'arrêter là. Mais je reprendrais quand même bien un peu de cette délicieuse tourte aux doigts, ma ravissante Mrs Lovett.

 

Pour la soirée la plus (soi-disant) romantique de l'année...

... c'est-à-dire hier soir, la Sorcière s'est fait un plan à huit, rien que ça. Je suis une gourmande.

Alors, à votre avis, qu'est-ce que j'ai bien pu regarder comme DVD, hier soir ?

(J'ai donné un indice il y a quelques jours, pour ceux qui suivent et qui connaissent mon côté légèrement monomaniaque sur les bords.)

 

Ceci est une private joke...

Mais après tout, rien ne m'empêche de vous la faire partager.

Ca remonte à une bonne année et demie et "Dead man's chest" venait de sortir. On y était, la Chech', Labell'A et moi-même. Vers la fin du film, cette lopette d'Orlando se fait étaler par je ne sais plus qui. Il se réveille quelques secondes plus tard sous les yeux de sa mocheté toute prête à aller galocher Johnny. Et là, d'un coup, dans cette salle de ciné sur le point de périr d'ennui, il s'est produit une chose que je n'ai vécu qu'une autre fois : un instant de communion parfaite. Nul doute qu'il devait y avoir un paquet de gonzesses car un immeeeeense soupir de tendresse a soulevé l'assistance émue par la vision en très gros plan de ce gros bébé ouvrant ses beaux yeux noirs. Unbeliefuckingable.
En revoyant le fameux "Dead man's chest" hier soir (on ne se refuse rien, mais je viens d'acheter le troisième opus), je suis loin d'avoir ressenti la même chose, apparemment, ça ne marche que sur grand écran.

J'en profite pour dire qu'une fois qu'on a vu le trois, comme par magie, le deux prend une dimension tout à fait nouvelle. C'est un peu dommage, ce décalage, car je m'étais vraiment fait chier en le voyant au ciné. Hier soir, j'ai porté grande attention aux scènes entre Will et Davy Jones (qui lui même en devient par la même occasion immensément intéressant).

Pour info, la deuxième fois où j'ai vécu cet instant de grâce dans une salle de ciné, c'était devant "Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants". Charlotte Gainsbourg est en balade, elle monte dans un ascenseur, et là, sans prévenir, c'est Johnny Depp, sur fond de Radiohead. Un "hiii" général, ému, et extrêmement féminin a retenti et est comme resté suspendu dans l'atmosphère. C'était mortel.

 

Seigneurs, Anneaux, Hobbits, Elfes, captures d'écran, réflexions et autres : les Deux Tours

Alors là, attention, ça se complique.

(Ca se complique tellement que ça m'a sortie du lit. Je voulais me coucher tôt et ce foutu billet tournait dans ma tête, il fallait que je l'écrive.)

Replaçons la chose dans son contexte.
2002, vlan, je me case. Ce sont des choses qui arrivent.
Nous nous convertissons mutuellement à un tas de choses (je résiste à The West Wing, on est bête quand on est jeune) mais surtout, pendant les mois qui précèdent la sortie des Tours, nous procédons à une préparation digne des plus grands athlètes. Relecture des bouquins, revisionnage intensif de la version longue de la Communauté, avec les commentaires, l'intégrale des bonus, bref, on en bouffe, de l'Anneau.
Et là, c'est le drame. On va voir les Deux Tours. On se retrouve deux heures et quelques plus tard à la terrasse surchauffée d'un bistro voisin, et on se regarde la mine déconfite : c'était quoi donc, ce truc ?
Je vous dis pas l'ambiance.

Je crois qu'on s'est obstinés. Je ne me souviens pas si on y est retournés dans la foulée, si on en a parlé pendant des jours et des jours pour se convaincre qu'il était bon, ce film, toujours est-il qu'on s'y est fait. En ce qui me concerne, c'est la version longue qui a fini d'envoyer aux pelotes toutes mes réserves concernant les Deux Tours, et aujourd'hui, malgré les quelques aménagements qui à l'époque m'avait choquée (ah Faramir, comme tu me fis de la peine, en 2002) j'aime le deuxième opus tout autant que les deux autres.

D'abord, j'ai peu de souvenirs de l'effet que m'a fait l'ouverture de la Communauté. Je me souviens en revanche que c'était à Cannes, que la salle était bondée et que ça papotait un max. Le Retour du Roi, inutile d'en parler, j'ai totalement occulté mes souvenirs de cette époque, ayant attaqué 2004 le moral au fond des socquettes, je ne me souviens pas de ma première impression. En revanche, je me rappelle très bien comment j'ai vécu le début des Tours. Rahlala, ces montagnes...

... et le grand plongeon de Gandalf avec son copain Balrog. D'autant que le récit que fait Gandalf de son combat avec la bête dans le bouquin est un des passages que j'adore. J'imagine que quand on se souvient de cela, cette scène n'en est que plus grandiose.

Ce qui nous vaut par la suite un Gandalf repassé de frais et sacrément bien manucuré.

Les Deux Tours, c'est quand même aussi gravement Gollum.

Je l'adore. Je trouve que tout ce qui a été brodé sur lui dans les deux derniers films est excellent. Son petit côté schizo, ses conversations avec lui-même ("You don't have any friendssss." "Not listening. Not listening." "Muuuurdereeeer").
Voilà un personnage qui a gagné gros en passant à l'écran. Et son incarnation de chair et d'os, Andy Serkis, y est pour beaucoup. Si vous n'avez jamais regardé les bonus, jetez-y un oeil, c'est édifiant.

Alors, s'il y a des raisons pour lesquelles j'ai aimé ce film, c'est d'abord pour le Rohan. J'adore ce pays. J'adore la rudesse de ses habitants, leur côté un peu ploucos mais noble, leurs chevaux... Et puis Bernard Hill, dans le rôle de Theoden, il est juste monstrueux.

Je trouve aussi que le personnage d'Eowyn est bien négocié. Ne serait-ce que visuellement.

Le reste, ce sera pour le Retour du Roi, parce que là, à part jeter de longs regards mouillés du côté d'Aragorn, c'est un peu encéphalogramme plat. Mais ça fait partie du jeu, on est d'accord.

Autre chose : la vision d'Arwen. Celle-là m'avait mise en colère, dites donc, au premier visionnage. C'est vrai, on a tous bien compris que son contrat stipulait qu'elle apparaîtrait dans les trois films. A posteriori, je trouve cela charmant. Pourquoi ? Parce que ce sont les Appendices du Seigneur, qu'on nous montre là. Oui, Arwen restera, oui, elle sera veuve, et oui, elle traînera son deuil dans les sous-bois de la Lorien avant d'y mourir.

Que ça plaise ou non à Elrond le Semi-Elfe pouêt pouêt camembert, bon sang ne saurait mentir, c'est dans les gènes, il va pas nous en faire un fromage, non ?

(Et hop, une petite capture d'écran de ce supercanon de Hugo Weaving qui arrive à rester d'une virilité exemplaire malgré les tresses, la quincaillerie et les broderies anglaises.)

Et puis enfin, outre évidemment la mythique bataille du Gouffre de Helm et le formidable réveil des Ents (malgré des passages un poil longuets chez Sylvebarbe), ce que j'attendais avec impatience, c'était l'apparition de Faramir. C'est vrai quoi, le petit frangin a une sacrée responsabilité sur les épaules. Malheureusement, la version courte nous le fait apparaître comme un sous-excrément de hanneton, et je peux vous dire que sur le coup, ça m'avait foutue dans une colère noire.

Faramir ne saurait convoiter l'Anneau. Faramir est bien au-dessus de ça. Faramir est un prince. Et comme cette race-là se fait rare, je n'apprécie pas qu'on nous l'écorche.
La version longue m'a un peu calmée grâce à la scène où Boromir et Faramir célèbrent la reprise d'Osgiliath. Mais quid du raffinement et de l'éducation du cadet de Denethor, ancien élève et protégé de Gandalf ? Aux oubliettes. Horreur.

Bref, je me rends compte que les Deux Tours ne peuvent réellement exister que dans leur version longue. Le bouquin est déjà une aberration à mettre en scène, ça relève du pur délire étant donnée la construction du récit et le nombre d'intrigues parallèles. Et aujourd'hui, même si certains aménagements me font encore un tout petit peu grincer des dents, je pense qu'il n'y avait guère moyen de faire mieux. Mais définitivement, la version longue. D'un point de vue technique, je trouve le montage de la version courte trop abrupt. Et puis les scènes coupées manquent cruellement, ne serait-ce que pour la compréhension générale.

To be continued...

 

Seigneurs, anneaux, Hobbits, Elfes, captures d'écran, réflexions et autres : la Communauté

(Comme les temps sont durs et qu'il est difficile de poster quoi que ce soit, voici quelques délires grattes pendant ma maladie suite au visionnage de la Communaute de l'Anneau. N'y voyez pas une analyse ni une review ni un resume ni quoi que ce soit, seulement quelques idées jetées dans tous les sens par une fanatique de Tolkien. Vous allez être tentes de rajouter de l'info mais je vous previens de suite que de ce côté la je suis assez blindée. Cela dit, on peut en discuter.)

Il y a des gens qui ne peuvent pas s'imaginer les fêtes de fin d'année sans Sissi ou le Père Noël est une Ordure, moi, je ne peux pas me l'imaginer sans Peter Jackson. Depuis 2001, pour moi, Noël rime avec Seigneur des Anneaux. Alors cette année, comme j'ai été malade à quelques semaines de la chose, je me suis dit que c'était peut-être l'occasion de voir ce que ça fait de revoir le tout, quelques années après.
Cette intégrale version longue, je me la suis faite il y a deux ans et demi, et depuis, plus rien... Ca m'a fait tout drôle de ressortir les coffrets, presque usés, déjà, à force de les ouvrir et de les fermer pour regarder les bonus.
Première impression ? Rien n'a changé, rien n'a vieilli, à part moi. Enfin si. La différence, cette fois, c'est que je sais que je vais aimer. Alors je ne regarde plus tout à fait les mêmes choses.

Les petits détails, je les ai déjà vus au premier visionnage des versions longues, que j'estime indispensables à tout bon fan du Seigneur des Anneaux (du livre, donc). Parce qu'elles sont là, les petites pépites que le vrai fan va chercher de son oeil exigeant et souvent peu clément.
D'ailleurs, dès le prologue, tout bon fan ne pourra s'empêcher de pousser des cris de joie en découvrant que derrière la splendide Galadriel (Cate, Cate, Cate... un jour, tu réussiras à me rendre lesbienne... ) se cachent les deux autres Elfes porteurs d'anneau, Cirdan le charpentier (dont l'anneau reviendra plus tard à Gandalf, si si, regardez bien, c'est bien l'anneau de Cirdan) et Gil Galad, mon grand copain, qui combat quelques secondes plus tard lors de la grande bataille contre le Mordor, avec sa superbe lance, au côté d'Elrond.

Ca a l'air très con, mais dès cet instant, le fan pur et dur se renfonce dans son fauteuil, rassuré. Il sait qu'il ne s'est pas trompé de film. Et il sait qu'il va falloir ouvrir l'oeil, parce qu'il n'a pas fini d'en voir, des choses intéressantes.

Bref, ce crétin d'Isildur se fait la malle avec l'Anneau (le vrai, cette fois), se fait descendre comme un malpropre, "my precioussss", etc etc, paf, nous vlà à Hobbiton où ça fume, ça boit, ça ripaille, on étouffe un ricanement en apercevant les Sacquet de Besace (qu'on ne fait que deviner dans la version courte, tsss tsss), pouf, le dragon, les enfants de Peter Jackson pointent le bout de leurs oreilles...

(De vraies tronches de petits Hobbits.)

Rebelote "my preciousss", l'ami Bilbon fait son baluchon et prend la route fleurie, et c'est bientôt au tour de Frofro et de son Sammy de lui emboîter le pas. Version longue oblige, on a enfin droit à la première rencontre des deux lascars avec des Elfes. C'est le début du ravissement.

D'autant que le départ des Elfes, c'est quand même le fil rouge de l'histoire. La fin du Troisième �ge et le règne des Hommes qui s'annonce. Encore faut-il qu'ils parviennent à ne pas se faire écraser par Sauron.

Quelques hurlements de Spectres plus tard (atroce, il n'y sont pas allés de main morte, au cinoche, j'avais les mains plaquées sur les oreilles), nous sommes à Bree, chez Prosper Poiredebeuré (qui a trop une tronche à s'appeler comme ça). Et là, attention, on ne bouge plus. Voilà un personnage qui va mettre tout le monde d'accord.

Evanouissements, hystérie collective, sanglots incoercibles, etc etc.

J'ignore quelle force surnaturelle a oussé Peter Jackson et toute sa clique à aller chercher Viggo Mortensen pour jouer le rôle d'Aragorn, mais il fallait quand même oser. Parce que Viggo Mortensen, à la base, c'est quand même un peu ça.

Iiiiik !

Et cette horreur, ils ont réussi à nous en faire un prince, que dis-je un roi. C'est bien simple, Viggo, c'est tellement Grand-Pas, puis Aragorn, puis Elessar (et Dieu sait que ce n'est sûrement pas facile d'être les trois à la fois) qu'il ne pourra plus jamais y en avoir d'autre.

Personnellement, j'ai manqué de tomber en pâmoison lorsqu'une fois dans la forêt, le Rôdeur hume l'air, tout comme il le fait dans le bouquin. Et puis quelle classe, quelle tenue, quelle magnificence. C'est bien simple, ce roi boueux et loqueteux, c'est juste trop beau pour être vrai.

Le tout bien sûr pimenté par les deux zèbres qui ont toujours un boyau de vide, "what about second breakfast" etc etc.

Premières larmes en ce qui me concerne, toujours dans la version longue : nos amis campent dans le marais, Aragorn rapporte un cerf pour le dîner (ça c'est un homme. Gollum, lui, il vous rapporte deux lapins, vous comprenez l'intérêt de voyager avec le roi du Gondor ?), et puis pendant que ces feignasses de Hobbits roupillent, le voilà qui chante. Alors, je conçois que le Silmarillion ne soit pas à la portée de tout le monde, mais quel bonheur, quelle félicité lorsque d'un seul coup, on se rend compte qu'Aragorn va évoquer Beren et Luthien. Et lorsqu'il le fait, votre coeur de fan est sur le point d'exploser.

Je ne suis pourtant pas une grande romantique, mais ce grand gaillard qui soupire après la mort de ces deux figures mythiques qui rappellent tellement sa propre histoire, lui qui porte d'ailleurs l'anneau de Beren (si si, on le voit très bien l'anneau aux serpents, lorsqu'il brandit son épée), c'est juste trop, même pour un coeur de pierre tel que le mien. J'en ai pleuré comme une lopette. Obligé.

A peine le temps de m'en remettre qu'Aragorn se met déjà à vouloir envoyer les Spectres ad patres. Ah ça mon bon ami, il va falloir penser à y aller mollo, on a encore sept heures de film devant nous, il faudrait voir à ne pas nous occire tous les méchants de suite.
A peine le temps de m'en remettre, donc, qu'au terme d'une galopade que je préfère regarder les yeux fermés (oui, depuis que j'ai vu Liv Tyler s'exciter sur une peau de cheval montée sur un tonneau, j'avoue que cette scène me paraît encore plus ridicule que lors du premier visionnage, ce qui n'est pas peu dire), nous arrivons à Rivendell (Fondcombe, en français, si c'est pas un malheur).

Alors, autant j'aime la Lorien, autant Rivendell, ah, Rivendell... non c'est trop la classe. J'en ai reversé une larmichette tellement c'est trop ça.

Et vlan, sans prévenir, Narsil...

Et les roucoulades...

Et le Conseil.

J'ai presque honte de le dire, mais ce Conseil made in Peter Jackson est presque plus chouette que dans le bouquin. C'est vrai, dans le bouquin, ils sont à table, quelle idée...

Et attention, là, ça se gâte. Arrive un de mes personnages préférés, Boromir.

Boromir... ah ça, j'en ai tartiné sur Boromir, à l'époque, sur certains forums spécialisés. Boromir, c'est quoi ? Boromir, c'est l'Homme. Une véritable métaphore humaine. Même pas besoin de se demander pourquoi l'ère de l'Homme est arrivée, et pourquoi elle risque de ne jamais voir le jour. Il suffit de regarder Boromir, brave garçon, mais un peu rustre, pas totalement fini de dégrossir, pas bête, mais avec les qualités de ses défauts.
J'adore Boromir.

Profitons-en pour faire un gros plan sur un autre personnage important. Hop, it's alive. Oui, lui aussi, il parle.

(Dingue comme ils ont réussi à lui donner cet aspect lourd, à ce machin en toc. Impressionnant.)

Hop, avance rapide, "Mellon", "You shall not pass", "Run you fools", "Gandaaaalf", "he's dead, Jim" et apparaît la divine Galadriel (précédée du très charmant Haldir. Alors ça, je vais vous dire, enlevez-lui sa perruque blonde, à lui, et vous avez juste un canon de chez canon, un truc de fou) qui fait, il faut bien le dire, un effet boeuf à tous ces messieurs. Même à Sam.

Ah, quel bonheur d'entendre enfin Gimli confier à Legolas le cadeau que lui a fait la Dame dont il se méfiait tant : trois cheveux de sa tête dorée.

Bon, je serais malhonnête de finir cette note sans évoquer mon coup de foudre de l'époque pour le représentant elfique de la Communauté. Oui, il joue comme une savate, oui, il est bien mieux quand il la boucle, oui, il a l'air d'un gamin qui a piqué les habits et le maquillage de sa tante Edna, mais ptain, qu'est-ce qu'il est bonnard, cet Orlando !

Comment, pourquoi lui ici, dans ce film ? Mystère. Mais il y est, et ma foi, avec un arc et des flèches, il est d'un naturel désarmant. A croire qu'il a fait ça toute sa vie.

Aujourd'hui, après de longues années de piraterie, Orlie est enfin devenu un acteur à part entière, ou presque. C'est donc plutôt mignon de le revoir en grande blonde indolente. Et de tous les Elfes du coin, c'est de loin lui qui porte le mieux la perruque blonde.

(Karl Urban se débrouille pas mal dans les Deux Tours, mais lui il a un casque avec des chevaux dessus, donc c'est pas du jeu.)

Après ça, on nous tue Boromir, j'aime pas. Même si le "my captain, my brother, my king" me fait toujours verser une petite larme.

Et si Aragorn pleure, de toute façon, je pleure aussi.

To be continued.

 

La Boussole d'or

Adoncques, hier soir, la Chéché, Labell'A et mon humble personne allâmes au cinéma. Bravant toutes les intempéries que vous pouvez imaginer. Je fus héroïque, malgré une Chéché qui a tenté de me griller lors d'un sprint final mémorable la place de "deuxième" à laquelle je ne suis pas habituée.
(Oui, c'est un petit jeu entre nous... je crois que pour ne pas arriver en retard, il faudrait que je maîtrise la téléportation... surtout que mes deux acolytes sont toujours rigoureusement à l'heure. Ces vicelardes-là poussent même parfois la traîtrise jusqu'à arriver en avance rien que pour voir ma mine déconfite de bonne dernière. Je le SAIS !)

Vous avouerez qu'avec le temps qu'il fait, on n'a pas forcément envie de se taper un vieux Chabrol ou autre truc très gai. D'autant que ces derniers années, les fêtes de fin d'année manquent singulièrement de Tolkien et de Peter Jackson.

Bref, malgré tout, c'est Noël, il faut de l'imaginaire, du brillant, des effets spéciaux, des animaux qui parlent, des enfants à gifler, des stars qui se fourvoient. Il faut voir la Boussole d'or.

(Et surtout ne pas avoir peur de côtoyer une Sorcière qui retombe en enfance en moins de deux face à ce genre de film.)

La Boussole d'or, donc. A connaissais po du tout. Disons qu'il y a quelques années, j'ai entamé le premier bouquin très vite abandonné pour je ne sais plus quelle raison... en français, je crois que ce n'était pas gégé. Ecrit bizarrement, avec des phrases impossibles.

Et là, force fut de constater que si dès la première seconde, vous n'y prêtez pas une attention accrue, c'est mort.

En général, c'est relativement loin d'être mon cas. D'autant qu'après des pubs aussi stupides qu'interminables, l'écran est resté noir pendant plusieurs très longues minutes, ce qui nous a réveillées et lancées dans une conversation assourdissante. Moralité, le temps qu'on abrège, le film a déjà presque commencé, le prologue est en route, on n'est pas concentré pour un sou, et moi, j'ai rien compris à la chose. Il y a des mondes différents, ou je ne sais quoi. Enfin, je n'ai pas tout capté, c'est un peu ballot.

Cette inattention se paye très cher. Si on comprend bien vite que les personnages ont tous la particularité d'avoir un "daemon", sorte d'extension animale (dont l'apparence m'a fortement l'air de symboliser leur âme), il y a plusieurs choses qui ont tendance à rester un peu brumeuses...

D'ailleurs, ce sera tout le problème du film. Tout va trop vite ou pas assez, les transitions sont d'une pesanteur mammouthesque, le montage réalisé à la scie électrique, la musique chiante au possible... etc etc... Tout cela ne sert guère un scénario et plus généralement une histoire qui n'est pas inintéressante puisqu'elle est quand même là pour vanter les horreurs de l'église et de la pensée unique.

A part ça, il y a du bon. D'abord, le rôle principal, celui de Lyra, est parfait. La gamine, castée parmi 10 000 pisseuses, est géniale. Pas très jolie, rouquine, avec des dents jaunes. Tant mieux, ça nous change de tous les rebuts de concours de Mini-miss qu'on nous parachute dans les productions américaines.

Elle s'appelle Dakota Blue Richards. Avec un nom pareil, on se demande pourquoi Bruce Willis ne l'a pas encore adoptée.

(Ah ah ah, ce que tu es drôle, ma pauvre Sorcière.)

Bref, Dakota truc est très bien. Elle joue... bien, ce qui est assez extraordinaire pour être mentionné, d'autant que la pauvre gosse a dû passer les trois quarts du temps à parler à des animaux... qui n'étaient pas là... et surtout, elle ne nous assomme pas (enfin pas trop) avec des larmes de crocodile. Sans compter que le personnage de Lyra est vraiment sympa. Il doit beaucoup à son "daemon", Pan, mignon et drôle... comme elle.

Le personnage est d'autant plus intéressant qu'il est entouré d'une galerie de personnages secondaires adultes d'une formidable fadeur, malgré des looks assez spectaculaires. Il n'y a guère que Sam Elliot pour s'en tirer relativement honorablement.

J'avais très envie de dire que Daniel Craig est grandiose mais il ne l'est pas. Il est juste superbement beau et j'estime qu'il aurait fallu qu'on le voie davantage à l'écran.

Eva Green, en sorcière évanescente et bouclée est très belle... Ca lui va comme un gant. Et j'aime beaucoup ces sorcières qui volent tranquillou et qui se battent vachement mieux que les mecs.

Et puis, ah... *se frotte les mains* ... venons-en, donc, au cas du jour. Il fallait que quelqu'un s'en prenne plein la poire, ce sera Nicole Kidman.

Madame Kidman, vous êtes une grosse menteuse. Et en plus vous nous prenez pour des cons. S'il est vrai que vous osez toujours prétendre ne pas avoir eu recours à la chirurgie esthétique, vous devriez avoir honte. Après les deux heures que j'ai passées à quelques mètres d'un écran d'une taille très respectable, le doute n'est plus permis. Madame Kidman, vous n'arrivez plus à sourire. Vous en êtes à 8 sur l'échelle de Meredith Grey. Madame Kidman, ce n'est plus du sang mais du Botox qui vous coule dans les veines. Et vos lèvres n'ont plus rien du museau flûté qui jadis fit frémir Tom Cruise. Vous étiez alors charmante. Vous êtes aujourd'hui risible. Et il me sied qu'on commence à vous caster pour jouer d'affreuses mères indignes qui frappent leurs "daemons".

Là. Ca fait du bien.

J'en avais mal aux yeux, dites donc. Voir ces grosses lèvres s'étirer en ce sourire étroit et pénible, iiiiik, c'est dégoûtant !

Bon, à part ça, histoire de finir sur une note positive, j'ai adoré Nounours, moi !

D'entrée de jeu, j'ai secoué la Chéché pour lui murmurer que je trouvais que ce Nounours avait des intonations très gandalfiennes. Le genre de Nounours à vous dévorer trois Balrogs au petit déj'. Et bien blanc, avec ça.

(J'avais raison, c'est bien Ian McKellen qui double Nounours.)

Avec ça que Nounours est pourvu d'un nom qui résonne de manière suave à mes zoreilles. Je vous l'ai déjà dit, je suis une fétichiste des noms. Et là, un nounours, aussi digital soit-il, qui a la voix de Gandalf et qui s'appelle Iorek Byrnison, moi, je ne peux plus résister. Je fonds. Avec ça que c'est le roi des Nounours. Arrêtez-moi, je sanglote.

(J'en profite d'ailleurs pour dire, à propos de mon fétichisme des noms, que j'ai failli m'évanouir de bonheur quand j'ai entendu qu'ils arrivaient à... Trollesund. Râââh, quelle merveilleuse musique que ce nom !)

Bref, quand j'ai vu la péronnelle parcourir les étendues glacées sur le dos de ce Nounours-là, mon âme d'enfant l'a profondément enviée.

(Même s'il faut bien avouer que m'imaginer chevauchant un ours polaire relève plus de la grande rigolade qu'autre chose. Non, n'appelez pas Brigitte, je promets de ne jamais infliger ça à aucun animal... )

Enfin c'est quand même plaisant de voir que certaines productions arrivent à gérer le cas "ours polaire". Ca nous change des îles mystérieuses, ahum.

Enfin, le tout s'achève quand même sur un cliff à faire pâlir d'envie Tim Kring. Avec ça, aucun doute, j'irai voir la suite des aventures de Lyra.
Au final, ça n'a absolument rien d'un film inoubliable, cela aurait peut-être pu l'être, mais non. Allez-y si vous n'avez rien d'autre à foutre et si vous avez envie de vous changer les idées. C'était mon cas, et ça a marché.

Et à part ça, si vous voulez savoir quel est votre "daemon", c'est ici.

Le mien, c'est Remis, il est fier, changeant et solitaire... Dommage que ce soit un raton laveur.

 

Sense and Sensibilty

Comment vous dire à quel point j'aime ce film... Déjà, recadrons un peu. La première fois que je vois ce film, nous sommes en 1998, je finis ma deuxième deuxième année (hum... faut dire que je me fais sévèrement chier), et le lendemain, je dois aller voir mes résultats avec le fol espoir de passer... en troisième année. Sivouplé. Non parce qu'elle est sympa cette deuxième année, mais bon, une troisième deuxième année, il n'en est juste PAS question ! Bref, avec une copine qui est dans le même cas que moi, on décide de se murger comme il faut et de se faire une nuit cinéma dans mon 18m2 sous les toits. Zyva, au moins si on est défaites le lendemain, ce sera pour quelque chose. Je prépare Star Wars, elle rapplique avec la cassette de Raisons et Sentiments. "Kestu m'fé avec tes robes empires et tes bouclettes, toi !" que je m'exclame. "C'est pas avec ça qu'on va s'éclater !"
Que dalle. On s'est éclatées devant ce film, même qu'on a chialé à la fin et qu'on s'est endormies à quatre heures du mat' et qu'on a fait de beaux rêves.

Tout ça pour dire que ce soir-là, je suis quand même tombée sous le charme de cette petite merveille signée Ang Lee, servie par des acteurs plus que fabuleux, Emma Thompson en tête...

... qui tient là un personnage qui lui sied à ravir. Celui de la jeune vieille fille très convenable qu'un coup du sort (la mort d'un père qui a eu le malheur d'avoir un fils d'un précédent mariage) jette sur la paille et qui se retrouve entourée de trois pures drama queens. Ses deux petites frangines et sa reum.

Kate Winslet a vingt ans, elle n'est pas encore passée par la case Titanic, et dans Raisons et Sentiments, elle a l'occasion de se faire compter fleurette par Alan Rickman, c'te garce.

A l'époque, il n'a pas le triple de son âge, mais pas loin. On s'en fout, c'est du Jane Austen, et à l'époque que j'ai 21 balais, je dois reconnaître que je n'ai d'yeux que pour lui, dans ce film. Malgré la hughgrantitude de Hugh Grant, plus Hugh Grant que jamais.

Bref, tout ce petit monde sans l'sou se retrouve dans un cottage pourrave dans le trou du cul du Devonshire (c'est dire), loué à pas cher par un lointain parent et sa belle-mère, des originaux qui s'amusent à vouloir marier tout le monde et qui sont d'un lourdingue totalement assumé.

(Dans une version trash je suis sûre que le gendre se taperait la belle-doche.)

Enfin, ça pique-nique, ça caquète, on rencontre un ménage formidable, la fille de la vioque (Imelda Staunton, génialissime, comme toujours), une hystéro complètement demeurée et le mari, futur MP grincheux et très désagréable. Entre deux crises de rire (en 1998, Imelda et Hugh Laurie m'ont causé un fou rire mémorable), on essaye désespérément de se demander par quel tour de magie la vieille Jennings est parvenue à refiler son tromblon de fille au pauvre Mr. Palmer...

Il est charmant, House, avec ses rouflaquettes, ses cravates bouffantes et ses chapeaux de trois mètres de haut !

Bref, du côté des filles Dahswood, pendant que la grande soeur Elinor (Emma T.) soupire discrètement après Edward (Hugh G.) et que le colonel Brandon (Alan R.) lui fait des yeux de chien battu, Marianne (Kate W.) s'entiche de John Willoughby (Greg W.) au point de s'en rendre malade quand attiré par la fortune d'une girafe anorexique, celui-ci la snobe au bal à London.
Hurlements, crises de nerfs, galopades désespérées sous la pluie, saignées, etc etc... On remercie quand même Marianne de foutre suffisamment la merde pour nous offrir une vue débraillée et quelque peu chiffonnée du jeune Hugh Laurie (36 ans au compteur, miam miam).

Uh uh.

Heureusement, tout finit bien, les deux célibataires sont finalement commodément casées, la plus mesurée des deux avec celui qui lui fait battre le coeur depuis le tout début, la plus passionnée avec un amoureux plus mûr et modéré. Nul doute que sur le chemin, elles auront toutes les deux tiré de grandes leçons de cette histoire.

Avec cela, la musique est délicieuse, les paysages bruts et d'une mélancolie qui prend à la gorge, c'est à la fois tendre, drôle et nostalgique... Et c'est un incontournable pour tout fan de Harry Potter.

Ben oui, on a là le professeur Snape, Sybil Trelawney, Cornelius Fudge, Dolores Umbridge, et j'en oublie peut-être...

Et moi, bien sûr, dans la foulée, j'ai eu ma deuxième deuxième année, engrangé la seconde et en voiture Simone.

(Ma copine Tequila a aussi vu ce film récemment. Elle en parle ici.)

 

Des vieilleries, et des vieilles branches...

Dans le genre vieux machins que mon père adore me graver, j'avais commandé "Allô maman, ici bébé", le vieux film avec Kirstie Alley (devenue depuis une "fat actress") et John Travolta (avant le passage de Quentin Tarentino dans sa petite carrière).
Avec mon frangin, on se poilait là devant, c'était surtout le grand-père qui nous faisait mourir de rire, oui, celui au dentier farceur. Bref, j'ai jeté un coup d'oeil à ce film sympatoche, et c'est là que je me suis rendu compte qu'il n'était pas si hors sujet que ça.
Les médecins, notamment, sont fameux.

Médecin fameux numéro 1, le gynéco.

Qui n'est autre que notre bon général Hammond de Stargate. Et qui dans une autre vie, a aussi été le père de Scully, s'il m'en souvient bien.

Médecin fameux numéro 2, le médecin à la péridurale.

Qui n'est autre que notre homme à la cigarette de X-Files.

Eh ben du coup, j'ai bien rigolé !

 

Harry Potter et l'Ordre du Phénix

Mais avant tout, j'aimerais bien tenir le CON qui a dit le premier : "Il fait beau, il FAUT en profiter !"

Alors, qui que tu sois, sombre abruti, sache que parfois, il est bon de préciser ce que tu entends par "beau". Ca oui, pour faire beau, il fait beau, le ciel est bleu. Par contre, il fait genre 72°C là-dehors, si tu vois ce que je veux dire. Alors ta maxime de merde, tu peux t'en faire des colliers de perles, tu vois ? Parce que quand on habite en ville et qu'il fait beau version 72°C, il y a plein de choses qui deviennent elles aussi très belles. Prenons une déjection canine, plus communément appelée merde de chien. Une merde de chien, c'est déjà pas drôle, à la base. On risque de marcher dedans, tout ça. Et esthétiquement, c'est pas ce qu'il y a de mieux non plus. Mais alors, quand il fait beau, là, ce genre de truc se met à dauber à au moins vingt mètres ! Pareil pour la pisse ! Mais il faut en profiter, il fait beau !!!
Qu'à cela ne tienne, allons donc pédaler un peu (au risque de frôler l'insolation) au bord de l'eau, tiens, ça nous rafraîchira les idées ! Il fait tellement beau.
Sauf que quand il fait beau, ben la flotte, elle pue le mort ! Eh ouais !

Alors hein, moi, j'aime autant en profiter chez moi, où il fait 27°C et où je ne risque pas la déshydratation rapport à mes stocks de Coca-Light.

Autre alternative (celle qui fait pousser les hauts cris à tous ceux qui sont partisans d'en profiter) : le cinoche. Et là, croyez-moi, c'est tout bénef. Même quand vous prenez le risque d'aller voir un gros gros blockbuster sorti seulement depuis trois jours.
D'abord, vous pouvez traverser la ville d'une traite, tranquillou, si vous êtes assez fin pour éviter les artères à touristes gluants. Forcément, tous les autres sont partis en profiter sur la première tache de verdure venue, même si ça pue. Ou alors, ils sont en train de se baigner dans une eau où que tout le monde a déjà mis à mariner son huile solaire, que ce soit la version chlorée ou la version stagnante (avec bestioles inside).
Pendant ce temps, celle qui a décidé de ne pas en profiter, elle, pose son derche dans un fauteuil en constatant avec bonheur que :

- Elle a encore droit à la grande salle
- Elle est la seule dans sa rangée
- A vrai dire, il y a huit autres personnes dans la salle
- Elle a un coca bien frais dans la main
- Elle n'a, en tout et pour tout, pas versé une goutte de sueur depuis qu'elle a fermé sa porte
- Elle a la certitude de ressortir de là sans en avoir versé une
- Elle va se mater un putain de bon film

Bon, le seul truc qui est dommage, c'est que de joie, j'en ai renversé la moitié de ma bouteille dans mon sac. L'avantage, c'est que quand il fait beau, en une demi-seconde passée dehors, wouuuf, c'est sec !

Harry, maintenant.

(Total spoiler free, du moins pour ceux qui ont lu les livres... euh, comment ça, normal ? Oh et puis de toute façon vous savez bien que je ne parle que de moi, hein ?)

C'est quand même total bonheur dans ton coeur, ce genre de truc.
La lumière s'éteint, et la demi-seconde où tout est noir, tu ne peux pas retenir un petit "gnihi" d'anticipation, façon Lord of the Rings.
Parlons d'abord, du jeune Radcliffe, il est bien, crédible, il est à la hauteur. C'est que ça commence à être pas simple d'assurer à mesure que le personnage s'enfonce.
Ensuite, des nouveaux persos savoureux. La Lovegood est excellente. Marrante, bien décalée, et quand même doucette comme on aime.

La Ombrage... ah, moi j'ai un faible pour Imelda Staunton, donc, j'étais ravie.
Tonks : dommage, on la voit tellement peu...
Mention spéciale à Bellatrix Lestrange... rah mes amis. Comme je suis fan sans être complètement hystéro (ça m'arrive, ça en étonnera, je le sais), j'ignorerais totalement que le rôle avait échu à cette siphonnée d'Helena Bonham Carter !
Sa composition est flippante à souhait... mais eût-il pu en être autrement ?

Petit bémol pour Emma Watson, qui, comme souvent à mes yeux, sonne un poil faux.

Ensuite, si parfois, on se demande bien l'intérêt des adaptations à l'écran, il suffit de prendre les grands moments de jubilation visuelle que nous offre cet opus. D'abord, les Patronus. Quand même un très très grand moment.
Et puis, surtout, mes enfants l'ORDRE DU PHENIX !!! C'est pas des ptites bites, ces mecs-là ! Comment qu'ils assurent quand ils débarquent au ministère, manman !!!
Donc, les batailles de sorciers, par la malpeste, ça rigole pas ! Moi j'en riais de bonheur de voir les Mangemorts se prendre la volée, alors que c'est quand même pas de la première drôlerie. Et puis d'un coup, bien sûr, on nous tue Sirius. Là, j'aurais bien versé une larmichette (comme je l'avais fait en lisant le bouquin) si une connasse (on est huit, et quand même une connasse dans le lot, pas de bol) n'avait pas lâché un grand sanglot déchirant complètement bidon au moment où Bellatrix balance son sort mortel. Ben merde, alors, elle m'a coupé mon effet, c'te morue !!!

Enfin bref, malgré ça, c'est bien bonnard de s'en prendre plein la poire pendant deux heures.
Ultime petite critique : j'ai trouvé la fin un peu cavalière. C'est peut-être parce que la lecture du Sang-Mêlé est restée plus fraîche que je ne le pensais. N'empêche que ça dénote un peu avec l'ambiance générale.

Frisson, donc.
Allez, encore deux et on libère les gamins. Ils auront bien mérité de passer à autre chose. J'admire néanmoins le casting merveilleux. Déjà, d'immenses acteurs brits (on se demande comment ils arrivent à se passer de Hugh Laurie !). D'ailleurs, Alan Rickman est toujours exceptionnel (je gage que dans le Prince de Sang-Mêlé, ça va être immeeeeense !). Et puis tous ces gamins qui n'ont jamais dû être remplacés depuis le début, qui sont toujours là, et pas seulement les trois petits monstres, non, jusqu'au moindre Goyle, au moindre Seamus Finnegan... Certains sont méconnaissables, mais ce sont toujours bien eux.
Bref, outre un excellent sens du casting, c'est bon aussi de respecter l'attachement du spectacteur à ces frimousses, dans la continuité de l'attachement forgé par JKR dans ses bouquins.

Une réussite, vraiment. Malgré le compactage.

J'imagine que maintenant, difficile de ne pas se tourner avec impatience vers la semaine prochaine... et l'attente de la sortie du dernier bouquin.

Une chose m'est venue à l'esprit en regardant le film, tout comme en lisant les deux derniers bouquins : parfois, je souhaite, et ce de plus en plus, que Harry meure. Parce que je l'aime, ce galopin, et que je me demande réellement s'il y a une vie possible, pour lui, après de telles épreuves.
Et si oui, quelle vie ?

N'empêche, en rentrant, j'ai voulu en profiter pour faire une balade à vélo, tranquille. Ben j'aimerais quand même bien tenir le con qui... enfin, vous voyez, quoi.
Allez hop, à la douche !
Tant pis pour ma mine de cadavre. Moi et mes ascendances métèques, on est faites pour les siestes sous le figuier et les cigales. Je suppose que ça attendra une autre vie...

 

Pourquoi il faut aller voir "Persepolis" ?

Parce que c'est un putain de bon film.

Parce que la BD est géniale, et que si vous ne la connaissez pas déjà, vous allez découvrir l'univers doux-amer de Marjane Satrapi... Et ça, ça vaut vachement la peine.

Parce qu'on rit, on pleure... on ne veut pas que s'arrête.

Parce qu'on y trouve tous notre compte.

Franchement, c'est une réussite. J'ai lu les quatre albums et le passage à l'écran n'enlève rien. Au contraire. Les animations sont brillantes, c'est bourré de poésie, les voix sont extrêmement bien trouvées... on oublie vite Catherine Deneuve, Chiara Mastroiani et Danièle Darrieux.

A titre personnel, l'histoire de Marjane m'évoque beaucoup de choses... Moi aussi j'ai un petit peu usé les bancs du Lycée Français de Vienne. Moi aussi j'ai descendu les escaliers pour cause de boumboum. Moi aussi j'ai connu ce décalage et cette envie de trouver sa place.

Bref, pari réussi une fois de plus pour Marjane Satrapi.

Mes enfants, quel talent. Quel sens du récit, quelle rage, quelle pudeur, quelle tendresse.

Quelle histoire de fou...

(Petite cassedédi... Elle ne me lit sans doute pas, mais c'est ma Meuh chérie qui m'a conseillée il y a une paire d'années de lire la BD... ce jour-là, elle m'avait aussi dit, l'air de rien : "Tu devrais essayer le chant." Ca, c'était du brunch efficace. Toute gueule dans le cul que j'avais ce jour-là, ben c'était resté gravé. Sacrée Meuh.
)

 

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