Je ne vous cache pas que je pressens une certaine difficulté à reviewer les trois derniers épisodes de Torchwood. Pour l'instant, je vais donc faire comme s'ils n'avaient jamais existé, lalalala, I'm in total denial, joy, joy, joy.
Ca tombe bien, je trouve que ça commençais à bien faire, toutes ces infidélités à Ten. Me revoilà, mon Docteurounet, je suis toute à toi, on va laisser les bouseux de Gallois à Cardiff pendant quelques mois histoire qu'ils se rafraîchissent un peu les fesses.
BRAIF !
Je savais depuis un bon moment que c'était la Minogue qui jouait la copine du Docteur dans cet épisode, et cela m'avait valu quelques reniflements de mépris. Alors que comme la moitié de la planète, j'ai bougé mon cul/bavé devant le clip de la minibombe australienne, surtout celui avec le truc grand ouvert jusqu'à la ceinture, là. Si si, vous voyez très bien de quoi je parle. Mais voilà, j'avais un peu peur qu'elle nous la joue "Im the Green Fairy!" version 2007.
Eh ben pas du tout.
A mon grand étonnement. Elle est super, la Minogue. D'ailleurs, au cas où vous ne le sauriez pas, même Kylie Minogue peut choper quarante balais. Eh ouais, c'est cette année. Et ça commence à se voir. Ben je l'aime beaucoup comme ça, moi, Kylie. Elle est charmante, elle m'a fait craquouiller grave, et à un moment, je me suis surprise à imaginer que Ten l'embarque à bord du Tardis. Malheureusement, il y a bien longtemps que je sais que la Tardis Girl de la saison 4, ce sera la Tate.
Et puis cet épisode, je l'ai trouvé génial, voilà. Pourquoi ? Parce que pour la première fois, peut-être par manque d'enjeu véritable, j'ai apprécié l'histoire comme je l'aurais fait à onze ans, comme j'ai pu regarder Indiana Jones ou Star Wars. Avec une innocence absolue. Profitant de chaque pointe d'humour, de chaque scène d'action, de chaque petit moment d'émotion ou de magie sans m'inquiéter de savoir ce qui va se passer après. Peut-être parce que j'arrivais au bout de ce que j'avais en magasin côté Who, peut-être aussi parce que contrairement aux deux premiers Christmas Specials, je me suis sentie libérée de toute pression : pas de régénérescence, pas de disparition d'un personnage cher. Juste Ten qui se promène et qui une fois réparé son Tardis un peu embouti (je voudrais pouvoir faire ça avec ma caisse chaque fois qu'un connard la gratte en sortant de son créneau), le voilà à bord du Titanic, pas mécontent de la vie, ma foi.
Première claque dans ma face : holy frak, je n'avais pas du tout imaginé qu'il puisse s'agir d'autre chose que du vrai Titanic ! 

Ben oui, je veux dire, je me souvenais très bien que Nine était allé à bord du Titanic, alors bon, pourquoi pas ?!
Bref, énorme surprise : une réplique spatiale du formidable navire, avec plein de touristes venus d'une autre planète pour visiter la Terre pour Noël. A ce propos, l'historien expert en Earthonomics est excellent, et j'adore ses diverses interprétations des fêtes de Noël, en particulier celle où les Grands-Bretons livrent chaque année une bataille terrible contre le peuple de Turkey et finissent par dévorer les félons ! 
Il m'a drôlement fait rigoler, ce Mr Copper. Et un peu plus tard :
Copper : This is very much in the spirit of Christmas. It’s a festival of violence. They say that human beings only survive depending on whether they’ve been good or bad. It’s barbaric.
The Doctor : Actually, that’s not true. Christmas is a time of peace and thanksgiving and… What am I on about ? My Christmases are always like this !
Bon, je sens déjà que je vais vous emmerder avec ça, mais... j'ai adoré l'alchimie immédiate entre Ten, le passager clandestin, et Astrid, la petite serveuse qui rêve de voyager, sorte de prisonnière de ce grand navire.

(Je crois que Ten a un gros souci avec les blondes.
)
Regardez, il est à fond !


Et puis attention ! Ten a claqué le smoking ET les Converse noires ! Ca rigole pas. Avec ça, il est sûr de scorer auprès de la pintade de service. De toute façon, comment pourrait-il ne pas voir en cette charmante enfant la compagne idéale ? Douce, simple, (canon), dévouée, (blonde), innocente. Entre nous, je pense que malgré tout ce qu'on peut en dire, à peine une Tardis Girl larguée, le voilà déjà à la recherche de la suivante. Oué oué oué.
Bref, notre Jack Dawson de l'espace est charmé. Mais où est donc sa Rose, AHAHAHAH.
Le tout sous le regard hyper-flippant des hosts, ces anges très clinquants et pas du tout rassurants, sorte de bornes d'informations très moches. Perso, j'en voudrais pas chez moi, de ces machins-là.

Une fois qu'on est bien dans l'ambiance de fête, ouhla, ça se gâte. Le vieux commandant du vaisseau se met à péter un câble...

Et voilà mon Titanic heurté non par un iceberg mais par trois vilains missiles.

Avec ça que les hôtes se mettent à marcher au pas cadencé au son d'une douce musique :

Information : you're all going to die.
Sympaaaaaa !
Bien sûr, pour corser le tout, le Tardis se retrouve éjecté dans l'espace, très vite attiré par le corps astral le plus proche, à savoir la Terre, of course.

Au revoir, le Tardis !
Très vite, Ten prend les choses en main, et décide de jouer les hôtesses de l'air.

Les issues de secours sont situées à l'arrière, au centre, et à l'avant de l'appareil ! 
Ah, mais je ne peux pas ne pas évoquer un peu les compagnons du Docteur pendant la cavalcade qui suit. C'est vrai, ça, il ne reste pas beaucoup de survivants puisque les hôtes sont en train d'en faire de la chair à pâté. Mais heureusement, le Docteur s'est récupéré le gratin du gratin ! Deux blaireaux affamés mais émouvants (Madame a la chance de se prénommer Foon, ahem), l'expert en earthonomics, un gros con de courtier qui ne pense qu'à son portemonnaie et à sa gueule, l'Astrid et... Bannakaffalatta. 

Chose amusante : tous ces gens sont de gros imposteurs. Que ce soit le courtier qui ne le cache pas, le vieux Copper qui a trouvé son diplôme de "terrologie" dans une pochette surprise, les deux blaireaux qui ont gagné le voyage parce que madame a téléphoné 5000 fois à SVP, et même le pauvre Bannakaffalatta qui déjà pas gâté par la nature rapport à ses piquants, s'avère être un cyborg. Ce qui ne l'empêche pas de draguer à mort la belle Astrid aussitôt que le Docteur a le dos tourné ! 
(Surtout que haut comme il est, il doit avoir une vue imprenable sur les cuisses de la dame. Bref.)
Evidemment, jusque là, qu'est-ce qu'on s'marre, hein ? Franchement, moi je me régalais, lorsque...

Comme qui dirait que le blaireau mâle, pourtant bien gentil, se casse la gueule là-dedans. 
Ahahah, il est pas vraiment mort, hein ? Hein ???
Ben si. Et là, ça se gâte.

(Et ces salauds d'hôtes tuent avec... leur auréole. C'est pas génial, ça ?)
Bref, notre Ten improvise une petite partie de base-ball, les pieds dans le vide.

(Que quelqu'un NOURRISSE cet homme !)
Avant d'être sauvé par Bannakaffalatta qui sacrifie son énergie pour mettre les hôtes au tapis... 

Sauf que AAAAAAAH, il en reste un ! Ah, au temps pour moi, Foon l'a ficelé et désespérée d'avoir perdu son mari, se jette dans le vide, emportant l'hôte avec elle.


Mais c'est fini, oui !!! On avait dit qu'on voulait rigoler un coup !
Ah, mais j'oubliais ! Il y a de la réplique qui tue, dans cet épisode. D'abord, lorsque ça commence à râler façon "who put you in charge ?", Ten claque un exceptionnel :
"I'm the Doctor. I'm a Time Lord. I'm from the planet Gallifrey in the constellation of Kasterborous. I'm 903 years old and I'm the man who's going to save your lives and all six billion people on the planet below. You have a problem with that ?"
Wouhouuuuh ! 
Et puis quand Astrid lui demande comment il connaît si bien la Terre : "A few years ago, I was sort of homeless and... there was the Earth." 
Et là, alors qu'il vient de perdre trois de ses petits protégés, il se lève, superbe, et dit simplement : "No more."
Rah, comment ça calme ! 
Bref, c'est pas tout ça, mais il faut empêcher la carcasse du Titanic de s'écraser sur Terre parce que sinon, ça va faire un gros badaboum nucléaire qui va rayer la planète de l'univers, et ça, le Docteur, il préférerait pas. Alors il prévoit d'aller démasquer le grand chef des hôtes, bien planqué au niveau 31, parce qu'il est futé, le Docteur.
Avant d'y aller, il promet à Astrid de l'emmener en voyage avec lui, tout touché par sa manière de lui demander si elle peut venir.

Alors pour fêter ça, elle chope une caisse à outils, à moins que ce ne soit une trousse de secours, enfin bref, un remonte-couillon, quoi, et se dépêche de lui lécher la poire avant qu'il ne soit trop tard. 

(Eh ben, si le Docteur avait baisé chaque fois qu'il s'est fait embrasser de force par une gonzesse, il aurait déjà gagné sa place à Torchwood !)
Requinqué comme pas deux par cette violente démonstration d'affection, notre Docteur s'en va faire le mariole chez les hôtes, très content d'avoir démasqué toute l'affaire...

The Doctor : Take me to your leader. I've always wanted to say that ! (
)
Pendant que les trois survivants de sa fine équipe s'éclatent à faire exploser quelques hôtes grâce à ce qui leur reste de Bannakaffalatta. Charmants, ces gens-là.

Bref, derrière toute cette affaire, il y a Max Capricorn, le patron de la compagnie qui possède le Titanic. Un gros loser qui est devenu à moitié cyborg, ce qui la fout mal. Et comme il a perdu sa compagnie, eh bien il décide de tout faire péter.

(Enfin c'est un peu plus complexe que ça, mais au fond, ça n'a que peu d'intérêt, pour moi... Sauf que c'est amusant de comparer la petite histoire à la grande, c'est-à-dire au vrai naufrage du Titanic... )
Sauf qu'Astrid débarque et lui fonce dans le cul... Pauvre petite. Sous le regard impuissant du Docteur, elle se flanque dans le ravin, avec le vilain Capricorn.


Pauvre Ten. Ca m'a rétamée de le voir une fois de plus traverser ce genre d'épreuve. 
C'était tellement chouette de le voir retrouver quelqu'un avec qui il accroche d'entrée de jeu, comme ça avait été le cas avec Rose. Ou presque. (Parce que là, c'est quand même Astrid qui lui demande si elle peut venir. Nine avait demandé à Rose. Deux fois.)

Bref, très triste. J'ai vraiment partagé sa tristesse, sur ce coup-là. Et si la scène où il claque des doigts pour que les hôtes, à présent dépourvus de chef, le portent jusqu'au pont est un peu kitsch, eh bien il a quand même une sacrée classe, notre Time Lord.


Et toujours cette gueule terrible du gars qui vient de se prendre une grosse claque, mais qui n'en tolèrera pas davantage. La gueule qui rappelle terriblement la fureur du Time Lord. Brrrr...
Heureusement, pétons un bon coup, la rigolade revient bien vite. Il faut dire lors du passage éclair du Docteur sur Terre, à l'occasion d'une mini-visite guidée des touristes, on a découvert que les Londoniens avaient déserté la capitale, de peur d'un troisième Noël catastrophique d'affilée. Tous, sauf la reine et... le grand-père de Donna Noble ! 
Bref, voilà la Queen qui dévale les escaliers de Buckingham Palace, en charentaises, tous bigoudis dehors, avec le chien, pour voir le Titanic raser le palais, avec aux commandes un Docteur complètement déchaîné mais bien décidé à ne pas laisser Londres morfler une troisième fois.

Elizabeth II : Thank you, doctor, thank you ! Happy Christmas !


The Doctor : Unsinkable ! That's me !
Et voilà comment le Docteur a encore une fois sauvé la Terre, notamment grâce à son nouveau pote, Alonso ! 

Mais quand même, au final, que de pertes. 
C'est quand même effarant de voir à quel point le chemin du Docteur est jalonné de morts. Pourtant, s'ils n'y avait pas ces morts, l'épisode n'aurait pas cette profondeur, c'est sûr. Ce serait juste un épisode de divertissement, qu'on oublie aussitôt la télé éteinte. On a à peine eu le temps de s'attacher à eux, mais impossible de ne pas penser à Morvin, Foon, Bannakaffalatta et Astrid. Au point, d'ailleurs, que le Docteur nous pique une crise, cherchant à tout prix un moyen de ramener la blonde. Et il y arrive presque.


(Oh, pauvre biquounet... )
Copper : Doctor, let her go.
The Doctor : I can do anything !
Astrid : Stop me falling.
Alors le Docteur rend à Astrid, qui voulait tant voir les étoiles, deux derniers services :
The Doctor : Astrid Peth, citizen of Sto, the woman who looked at the stars and dreamt of travelling… there is an old tradition.

The Doctor : Now you can travel forever.
Et il la transforme elle-même en étoile...
The Doctor : You're not falling, Astrid. You're flying.
C'est pas juste trop mimi ? 
Et puis sur sa lancée, une fois récupéré son Tardis, il largue pépé-Earthonomics sur Terre avec une carte de crédit bien remplie, et pépé est ravi.

Copper : Oh Doctor, I will make you proud !
Et c'est reparti pour de nouvelles aventures.
Ben dites donc, c'était extrêmement bien. Je l'ai regardé deux fois sans un soupçon d'ennui. La première fois, j'ai été très étonnée de ce que j'ai vu. La deuxième fois a été un panard sans nom.
Merci à Doctor Who de m'avoir rajeunie de vingt ans pendant quelques jours.
Si j'avais vu ça à dix-douze ans, je crois que j'en aurais rêvé toutes les nuits. Peut-être même que j'aurais décidé de partir à la rechercher du Docteur, moi aussi. 
Et pour finir... Astrid... Ah, A S T R I D, comme tu aurais eu ta place à bord du T A R D I S.
Vous avez compris ? 