Le blog de La Sorcière
 

408 : Silence in the library

J'ai la haine.
Vraiment.
Depuis que j'ai vu cet épisode en me levant tout à l'heure, je suis absolument obsédée par une question : qui est River Song ?
Je n'arrive à rien faire d'autre que me creuser le citron pour trouver une réponse potable. Et il n'y en a pas. (J'en profite pour prévenir l'aimable assemblée que si JAMAIS quelqu'un lâche un spoiler à ce sujet, je déchaîne sur lui ou elle toutes les forces démoniaques de l'univers.)
Bref, c'est hyper gonflant. J'ai voulu aller me recoucher (oui, la nuit a été, hum... courte) et rien à faire. River Song, River Song, River Song.

Alors, qui est-elle ? Une future amoureuse ? Ben, je n'ai pas trop envie de croire qu'on nous balancerait un quelconque "love interest" dans la saison où on nous ramène Rose. Les boules, quoi. En plus, physiquement, ils sont plutôt mal assortis.
Une descendante ? Plus plausible. Elle l'a vu "plus vieux", affirme-t-elle... Elle sait beaucoup de choses sur lui. Elle a l'air très proche de lui. L'ennui ? On dirait qu'elle le drague. Ca fait bizarre. Donc bof. Le petit plus : il lui a donné un tournevis sonique. Si c'est pas le genre de cadeau très significatif que l'on donnerait en héritage, ça... Mais bof quand même.
Elle vient du 51ème siècle. Hello ? On ne connaîtrait pas un tout petit peu quelqu'un qui vient de cette époque ? Je n'ai pas trop envie de penser à un Captain Jack en jupons, mais c'est quand même assez... euh... troublant. D'autant que ahahah, elle dégaine quand même un tout petit peu le même super pistolet de la mort qui fait des trous dans les murs. As already seen in "The Empty Child". En même temps, le 51ème siècle, c'était aussi le vaisseau de la Pompadour. Ptain, Moff', y a d'autres époques que le 51ème siècle, ya know ?
Un lien avec Rose ? On sent qu'il y a une dimension tellement émotionnelle dans toute cette histoire que je ne vois pas comment, dans cette saison précisément, cela pourrait ne pas être le cas. Et de toute façon Rose est liée à cette histoire. Pourquoi ? Parce que ceci.

Rose, de nouveau. Cette fois en dessin sur un mur. Et ce ne serait pas un loup, en dessous ? Est-ce qu'on aurait droit à un rebond du Big Bad Wolf ? Est-ce que Rose sème à nouveaux des petits cailloux aux quatre coins de l'univers ?
De l'autre côté de la pièce, on dirait un dessin du Docteur, mais je ne suis pas sûre, on ne voit pas bien.

Interesting...

Bref... difficile de tout réunir pour en faire quelque chose qui se tient... mais c'est super troublant, et ça me fout une boule dans la gorge rien que d'y penser car je pense qu'on peut s'attendre à de la révélation à couper le souffle pour le prochain épisode. Qui est cette petite fille, outre le fait qu'elle semble contrôler la Bibliothèque, Bibliothèque qu'elle dit être sienne ?

A moins qu'elle ne soit la Bibliothèque, tout simplement. Sa conscience. Coincée ici sous la forme d'une petite fille.

J'en profite pour dire que je trouve l'enfant adorable... vraiment. C'est rare, mais je la trouve trop craquante, avec ses grands yeux bruns brillants d'intelligence.

C'est marrant. Ces yeux bruns, ces taches de rousseur. On croirait presque qu'elle a été choisie pour ressembler à... quelqu'un.

Bref... l'épisode. Le début, évidemment, est enchanteur. La musique est merveilleuse, le lieu est envoûtant... une ville-bibliothèque qui réunit tout ce qui a été écrit jusque là, partout dans l'univers. Ca fait rêver, vraiment. Une véritable ambiance de conte de fées. Et comme beaucoup de contes de fées, très vite, le tout tourne au cauchemar.
Ce que j'aime, chez Steven Moffat, c'est qu'il exploite nos peurs les plus banales, les plus instinctives, pour en faire quelque chose d'à la fois fascinant et absolument terrifiant. Ici, l'ombre. C'est vrai, ça. Pourquoi a-t-on si peur du noir ?

Eh ben si Donna et le Docteur ne le savent pas encore, ils vont bien vite le comprendre.
Ils débarquent donc dans cette mythique bibliothèque bizarrement déserte.

Et où l'on trouve des claviers Apple bien amochés.

(Je les conseille d'ailleurs chaudement, ils sont d'un confort absolu. Je pourrais écrire pendant des heures, sur ces machins. D'ailleurs je le fais.)

Première réplique qui m'a fait tiquer, celle de Donna :

The Doctor : This must be biographies. I love biographies.
Donna : Yeah, very you. Always a death at the end.
The Doctor : You need a good death. Without death, there'd only be comedies. Dying gives us sighs.

Hhhhhhhhh...

Et puis ici, les bornes de renseignement sont un peu bizarres. Franchement flippantes, en fait.

Il y a des têtes de vrais gens, dedans, c'est atroce. Des gens qui ont fait don de leur corps. Brrrr... Des fois, je hais le futur.

Nos deux amis rencontrent ensuite une équipe de gens pas super sympathiques avec parmi eux, la fameuse River Song. Qui a l'air d'être là pour une bonne raison, et qui balance tout de suite du "Hello, Sweetie" et du "Pretty boy" à Ten. Nan mé oh, elle va s'calmer toud'suite, celle-là !

The Doctor : Pretty ?

Arf.
En tout cas, Alex Kingston, impériale. Parfaite. Rien à redire, elle est pile poil là où il faut quand il faut. On sent tout de suite qu'il y a quelque chose de très fort entre les deux, et en même temps, comme Ten ne la connaît pas encore, ce flux d'émotions à sens unique est très perturbant. Pour nous comme pour lui.

The Doctor : You've seen me before then.
River : Doctor. Please tell me you know who I am.
The Doctor : Who are you ?

Et même pour Donna, en fait.

En tout cas, ça semble avoir voyagé à ses côtés...
Enfin disons que ça voyagera à ses côtés. Ptain, je comprends plus rien, avec ces histoires de voyages temporels.
Par rapport à nous, elle voyagera. Par rapport à elle, elle a voyagé. Mais alors... comment c'est possible... ? Ah, bref, peu importe.

Toujours est-il que ce bouquin est... horriblement tentant.

Oui, il crie : "Sorcièèèère, Sorcièèèère, ouvre-moi et régale-toi de mes spoilers !"
Voilà encore une chose que je trouve géniale : cette histoire de spoilers. Quel joli clin d'oeil à nous, fans avides d'infos, confrontés à ce double épisode qui s'avère est une véritable torture. Et comme c'est amusant de voir le Docteur tellement tenté de savoir, lui qui veille tellement jalousement à ce que ses petites copines évitent de trop en apprendre sur leur avenir.
Ah, comme nous aussi on aimerait savoir ce que la vie réserve encore à notre Docteur. Comme ce doit être passionnant, ce qu'il y a dans ce journal.

River : You're not allowed to see inside the book. It's against the rules.
The Doctor : What rules ? (Ptain, Ten, quand tu veux tu peux vraiment être très con.)
River : Your rules.

Et dans la série je n'aime pas le futur, le coup du "data ghosting". Quelle... ho... rreur.

Donc déjà, les ombres vous font ça.

Et en plus, les appareils de communication du 51ème siècle gardent une sorte d'empreinte de votre conscience qui continue à blablater avec inquiétude. Avant de s'éteindre définitivement. Atroce. Moi aussi, j'en aurais pleuré, à la place de Donna. Dans tous les épisodes du futur, ce qui me fait le plus flipper, c'est la déshumanisation de l'humain.

La mort de cette pauvre petite demeurée, là... pfff, super triste. Sans doute parce qu'elle n'était pas fut-fut. Mais tout à fait inoffensive. Ca m'a vraiment fait chier que ce soit elle qui clamse.

Et puis soudain, j'ai percuté que Donna a quand même l'air de sacrément se méfier de cette River, tout de même. Depuis le début, elle la regarde un peu bizarrement. Et c'est un peu confus à ce stade de l'intrigue, mais je me dis parfois que si ça se trouve, le personnage est peut-être tout à fait malintentionné. Ayant volé le journal, mentant comme un arracheur de dents (elle le dit elle-même au début, qu'elle ment en permanence : "I lied. I'm always lying. Bound to be others."), prenant le Docteur par les sentiments. Son but pourrait bien être d'accéder à la Bibliothèque en elle-même, et donc à la petite fille, pour une raison que j'ignore. Si ça se trouve, elle lui a elle-même chouravé son tournevis !

Alors je reste sur mes gardes. Peut-être honnête, peut-être pas... Mais comme Donna se méfie et qu'elle a souvent raison, je me méfie aussi.

Donna : You know him, don't you ?
River : Oh God, do I know that man. Go way back, that man and me. Just not this far back.
Donna : I'm sorry, what ?
River : He hasn't met me yet. I sent him a message, but it went wrong, it arrived too early. This is the Doctor in the days before he knew me. He looks at me, and he looks right through me, and it shouldn't kill me, but it does.

Donna : What are you talking about ? You're just talking rubbish. Do you know him or don't you ?
The Doctor : Donna ! Quiet. (Roh, mais laisse-la parler, gros nigaud !)
Donna : Sorry.
River : Donna. You're Donna. Donna Noble.
Donna : Yeah. Why ?

River : I do know the Doctor. But in the future. His personal future.
Donna : So why don't you know me ? Where am I in the future ?

Hem.
En attendant, soi-disant qu'il ne faut pas raconter l'avenir, mais quand il s'agit d'impressionner l'actuelle copine du Docteur, elle ne se gêne pas, River Song. Bizarre, bizarre.
Et à part ça, son nom est assez strange aussi. Un rapport avec les Oods ? On parle beaucoup de chansons, dans cette saison, quand même.

Pour en revenir aux ombres, han, le coup des deux ombres, ça m'a fait flipper à mort.

Et pourtant, mais c'est rien, quoi ! Une ombre, comme si ça pouvait faire peur !? Mais deux... argh.
Ca marche super bien. Le coup du squelette dans le scaphandre, ça pourrait faire rire. Mais avec les ombres, ben non.

(Et j'adore la démarche du truc, très zombie-like. Bon, ok, il n'avance pas très vite et laisse tout le temps aux autres de se carapater, mais bon. C'est un squelette, on peut pas lui en vouloir.)

Mon pauvre Docteur, quand même. Qui croit balancer Donna dans le Tardis pour la protéger. Et qui la retrouve encastrée (et donc vraisemblablement morte) dans une borne de renseignements.

Iiiiik.

(Et à côté de ça, j'adore le voir bugger face à ce genre de trucs. Comme si le monde s'effrondrait autour de lui. Terriblement émouvant.)

Quant à elle...

Mmmmmh... Qu'en penser, bon sang.

Enfin, j'ai poussé un énorme "NOOOON" quand le générique de fin a retenti. C'est super rare mais je ne l'ai pas vu venir. Et je pensais être encore loin de la fin. Argh.
Moralité, si j'ai aimé cet épisode, c'est plus pour l'empreinte qu'il laisse après que pour l'épisode en lui-même. C'est bien simple, si je le reviewe aussi vite, c'est parce que j'ai besoin d'exorciser. Il m'a hantée tout l'après-midi, littéralement.
En lui-même, c'est un chouette épisode, très beau, avec des jeux de lumière sublimes qui en arrivent presque à intégrer la narration, ce qui est assez spectaculaire.
Le problème, c'est qu'à cet instant précis, on a trop peu d'éléments en main pour comprendre ce qu'on vient de voir. On peut juste jeter quelques théories de ci de là, et encore, avec de gros trous.
En ce sens, l'épisode de la semaine prochaine va être phénoménal, et dans la foulée, il faudra sûrement revoir les deux d'une traite.

Pour ma part, après avoir cogité tout l'après-midi, (genre j'ai que ça à foutre), je pense que c'est la Bibliothèque qui s'est verrouillée elle-même, à cause de la menace des... Vashta Nerada, c'est ça ? La Bibliothèque est une entité bienfaisante incarnée par la petite fille (qui est coincée dans un monde qui visiblement n'est pas le sien), et c'est pour cela qu'elle flippe tant quand le Docteur et Donna débarquent. Personne n'est censé entrer dans la Bibliothèque. Parce que c'est elle qui a tout fermé.
Pour Donna, que le Docteur se console. Je suis bien persuadée qu'elle n'est pas morte. Pas plus que les autres "bornes" qu'on a croisées. Ce doit être un moyen qu'a trouvé la Bibliothèque pour sauver les personnes qui se trouvaient à l'intérieur lorsqu'elle a été fermée. ("Donna Noble has left The Library, Donna Noble has been saved.") Ce qui expliquerait pourquoi des signes de vie sont détectés.
Save them, Doctor.

Enfin, quel régal de regarder ce genre d'épisode. Si riche, si profond. Il y a tellement de choses, encore, à en tirer, à comprendre, tellement de minuscules indices à exploiter. La suite va être absolument mortelle...

A partir de demain, il faut que j'oublie tout. J'ai tellement peur de me spoiler sur ce coup-là que je crois que je vais éviter ne serait-ce que d'y penser...

 

A propos de Miss Jones...

Vous allez dire que ça fait deux mois que je vous casse les pieds avec Martha Jones, que je fais une fixette, que c'est bon, vous avez compris, je ne l'aime pas. Peut-être. Ou peut-être pas.
En fait, vous l'aurez sans doute remarqué, j'aime bien comprendre pourquoi tel personnage plutôt qu'un autre, pourquoi la mayonnaise, parfois, ne prend pas. Je déteste dire : "J'aime pas Untel, sa gueule me revient pas."
Du coup, je me pose régulièrement la question suivante : pourquoi le personnage de Martha n'a-t-il pas pris pour la majorité des gens ? (A en juger par ce que je lis sur le net, en tout cas.)

Eh bien hier soir, alors que j'étais supposée me coucher à une heure très chrétienne rapport au réveil qui a sonné à 5h30, la vérité m'a percutée, envoyée sans doute par quelque mauvais génie ayant décidé que non, la Sorcière ne dormira encore pas correctement cette nuit.
Et cette vérité m'est apparue sous la forme d'une photo.

Voilà, cette photo promo du premier épisode de la saison 3, c'est la toute première que j'aie vue de Martha. Et les autres sont dans le même ton. Pose impertinente, sourire de défi, oeil qui frise et vous toise, à la fois espiègle et décidé, look un poil garçon manqué. Tout cela m'a follement plu, d'entrée de jeu. J'imaginais déjà une jeune aventurière galopant en jeans et veste en cuir, avec une petite pointe de charmante sournoiserie, très vive, un peu grande gueule.
Erreur. On ne nous a pas vendu Martha pour ce qu'elle est. Le personnage de cette photo n'a rien à voir avec celui de la série. C'est de la publicité mensongère.
Entre le moment où j'ai vu cette photo (ainsi que celle où Martha court avec le Docteur) et celui où j'ai découvert le personnage dans la série, j'ai eu mille fois l'occasion d'imaginer la nouvelle accompagnatrice du Docteur. Et à aucun moment je n'ai pensé à un quelconque investissement romantique. Je la voyais très Action Girl, hargneuse et enjôleuse. Et qu'est-ce qu'on me refile ? Une groupie professant ses sentiments pour le Docteur à qui veut bien l'entendre.

Moralité, à la Bibici, c'est pas des malins. Ils vous promettent un plateau de cornes de gazelles et vous vous retrouvez avec une tarte au flan.

 

Extrait de "Silence in the library"

Regardez cette bande-annonce, et malgré la qualité toute relative de la vidéo, osez dire que ce n'est pas merveilleux...



 

Devinez qui est en couverture du dernier Doctor Who Magazine ?

Bon, c'est pas un secret, c'est...

En revanche, je planque la couverture pour les esprits purs...

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Ceci est aussi une photo promo de "Silence in the library"...

Mais comme ça spoile un peu la distribution, je cache...

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Bande-annonce pour le reste de la saison 4...

OMIGODOMIGODOMIGOD !

 

Ceci est une photo promo de "Silence in the library"

... Par Steven-mais-oui-vous-savez-Moffat.

Alors euh... bonjour.

 

David T. vante les mérites de BBC Wales...

Il y a deux pubs, mais je vous poste celle-ci pour une bonne raison. A vous de trouver l'oeuf de Pâques. On remarquera aussi que tout Docteur qu'il est (Tardis, costard et compagnie), son accent, lui, est résolument écossais pur porc !

 

Petits singes, réjouissez-vous !

Depuis quelques temps, malgré son enthousiasme toujours débordant, on savait que Russell T. Davis, grand réinventeur de Doctor Who, souhaitait partir voguer vers de nouveaux horizons.
Je vous dis pas l'inquiétude dans les rangs.

Aujourd'hui, nous apprenons le nom de son successeur. Ce sera... STEVEN MOFFAT

*évanouissements*

Pour les ignares à qui ce nom illustre (qui ne se prononce qu'accompagné d'une profonde révérence) ne dit rien, je le présenterai en un mot : Blink
Voui, il est le génial scénariste à qui nous devons The Empty Child, The Doctor Dances, The Girl in the Fireplace et le merveilleux Blink. Et à qui nous devons... Captain Jack.
Rien que d'imaginer ce qu'un tel poète peut faire à la barre de cette série, la tête m'en tourne et je suis bonne pour renifler mes sels.
Bref, the Moff' prendra ses fonctions pour la saison 5, en 2010. Et moi, je peux dormir tranquille. Mon Docteur est entre de bonnes mains.

Chose amusante, depuis hier, j'ai entrepris un marathon "Steven Moffat". Et commencé la rédaction d'un billet spécial lui. Pour être fin prête pour les deux prochains épisodes de la saison 4 signés de sa main.

Sur ce, mes chers compatriotes simiesques, faites de beaux rêves. Ce sera mon cas.

 

407 : The unicorn and the wasp

Apparemment, je ne suis pas très fan des épisodes qui se déroulent dans le passé. Celui-ci est signé par le même monsieur qui avait commis The Shakespeare Code, pas du tout parmi mes épisodes préférés.
Néanmoins, ici, il y a quelques menus bonus, notamment un casting parfait. L'actrice qui joue Agatha Christie, notre "celeb" du jour, est plus vraie que nature. De même que tous les personnages secondaires, extrêmement british, qui servent à merveille l'atmosphère polie et guindée (mais un tantinet fantasque) des années 20, et qui trouvent parfaitement leur place dans une intrigue où britishness oblige, on s'assassine entre deux tasses de thé.

D'ailleurs, le Docteur et Donna sont très élégants. Surtout Donna qui est tout à fait ravissante. Le Docteur, lui, est comme d'habitude. C'est-à-dire très bien.

Première grosse rigolade : lorsqu'ils aperçoivent le fils de la maison en train de flirter avec un des domestiques.

Donna : Typical. All the decent men are on the other bus.
The Doctor : Or Time Lords.

J'adore. Que ce soit la réaction de Donna qui ne perd pas le nord et qui apporte une touche de modernité à cet épisode. Ou de Ten, oui, bon ben, moi chuis là, quoi. Comme si le fait d'être un Time Lord le mettait hors de portée. Bref, hilarant. Ils sont tellement aux antipodes l'un de l'autre, ces deux-là, que je me demandent comment ils arrivent à voyager ensemble et à en tirer autant de plaisir. Clairement, ils s'entendent très bien, mais on se rend parfaitement compte que Donna et le Docteur, c'est deux choses bien différentes, et qu'il est hors de question que ces deux choses différentes empiètent l'une sur l'autre. Je les vois bien se dire bonne nuit après le souper, de loin, en agitant la main.

J'imagine que tout le monde aura méchamment tiqué quand Donna commence à prendre un accent posh et que le Docteur lui dit précipitamment "No, no, no, don't do that." Ca m'a rappelé la "timorrrrrous beastie".

Il faut ensuite sacrifier à l'habituel "we're not a couple". Ca en devient louche, non ?

Pour en revenir au casting, excellent, donc. L'enthousiasme de Ten et Donna qui rencontrent Agatha Christie fait plaisir à voir. L'actrice est parfaite. Et elle a une telle tronche qu'à côté d'elle, celle de la Tate a presque l'air normale.

Et puis les yeux très clairs, brillants d'intelligence. L'élégance naturelle. Tout y est. Avec ça que l'ambiance est parfaite. Les décors aussi.

Beaucoup aimé le second degré développé du côté des personnages. La Lady qui lève le coude plus qu'il ne faudrait, le maître de maison qui se rince l'oeil, la demoiselle pas franchement comme il faut...

Et puis toute l'enquête, jusqu'au dénouement typique des bouquins de la dame, elle-même sérieusement ébranlée pour cause de crise maritale. Très divertissant. L'ennui étant bien sûr l'intervention de cette grosse guêpe débile et moche dont on a du mal à croire qu'elle est bien là.

Et puis le coup du bébé caché, on le voit venir gros comme une maison. Les six mois passés dans une chambre fermée... avec un nounours. Mmmmh.

Néanmoins, comme toujours avec les personnages brillants qui croisent le chemin du Docteur, il y a une belle alchimie entre lui et Agatha...

Et puis il y a cette scène complètement... affolante de bêtise.

Mais qui m'a fait hurler de rire quand même. Nous, pour faire une semaine de détoxification, on fait une cure de raisins (ou autre truc tout aussi ahurissant). Le Docteur, lui, il avale tout ce qui passe en s'agitant dans tous les sens et en poussant des cris de goret.

Donna : How many words ? One ! One word ! Shake ! Milk ! Shake ! Milk ! Milk ! No milk ! Shake !

Et hop, un bon gros bisou de la Tate pour le choc.

La tradition veut qu'elles y passent toutes. Voilà, celle-là, c'est fait. Limite on n'y croyait plus.

Bref, c'était ridicule. C'était Doctoresque.

La confrontation de fin était amusante dans la forme mais décidément, cette histoire de guêpe hybride planquée sous les traits d'un curé qui est en fait le fils caché de la Lady, euh...

Et le coup du "genetic lock being released", c'est sans doute le raccourci le plus commode et le plus idiot, doublé de la réplique la plus à chier de toute la série. Ajoutez à cela la métamorphose du cureton que j'aurais trouvée cheap même en 1971, et c'est la totale.
Bon, il fallait que ce soit tordu, mais tout de même, de grâce.

Enfin, la conclusion est charmante.

Et Donna découvre, des larmes dans les yeux, qu'Agatha Christie deviendra la romancière la plus lue de tous les temps.

Le parallèle avec Dickens, lui-même si inquiet de savoir si ses récits traverseront les siècles, est plutôt joli. Malheureusement, malgré plein de petites choses sympas, j'ai trouvé ça plutôt vide et basique. Trop superficiel, pas assez fouillé. Les personnages sont à peine effleurés, la Licorne, notamment, qui n'a l'air d'être là que pour faire joli dans le titre. Un ton au-dessous de ce que j'attends de Doctor Who. L'exercice était sympathique, cela dit, et vraiment délirant. La mise en scène particulièrement soignée. Et cela donnera sûrement envie à plein de jeunes de lire les bouquins d'Agatha Christie. J'en ai lu au moins deux cents alors je passe mon tour sur ce coup-là.

Mention spéciale à Ten-l'homme-des-bois. Il n'est pas trop tard pour l'engager pour le tournage du Hobbit. Les flèches, ça lui va drôlement bien au teint. Je suis sûre qu'en collants, il doit être terrible.

Rendez-vous dans quinze jours pour la suite. L'Eurovision nous vole notre Docteur de la semaine prochaine, mais que voulez-vous, un double épisode signé Steven Moffat (qui va encore nous foutre la trouille de notre life, je le sens), ça se mérite.

 

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