Oh wow. 
Ca partait pourtant mal. En général, je ne suis pas fan de cette époque de la saison. C'est vrai, le pauvre loner, entre le deuxième arc de deux et l'épisode "Doctor-Lite", et aujourd'hui en plus une Donna inexistante (sans doute trop occupée à tourner l'épisode suivant). Pas facile.
Et pourtant, cette enflure de RTD nous a encore écrit un machin pas possible.
Je vous le dis, cet épisode avait tout pour être à chier. D'autant qu'une intrigue à huis-clos, c'est très très périlleux, comme choix.
Là, le goret nous monte petit à petit un malaise monstrueux qui nous laisse tout morveux à la fin, presque coupables.
Tout commençait si bien. Par une adorable querelle téléphonique entre Mr and Mrs Doctor. 


Donna : I said no.
The Doctor : Saphire waterfall. It's a saphire waterfall made of saphires. There's an enormous jewel the size of a glacier. Reaches the cliffs of Oblivion and then shatters into sapphires at the edge and falls a hundred thousand feet to a crystal ravine.
Donna : I bet you say that to all the girls.
The Doctor : Oh come on, they're boarding now. It's no fun if I see it in on my own.
Il n'y a pas de mais. Mrs Doctor a décidé de zapper l'excursion et de se faire papouiller la couenne au spa. Gnan. Il a qu'à y aller tout seul à ses chutes pourries.

(Cela dit, on la comprend. Raaaah, veuuuuux ! Et double ananas dans le cocktail, merci !)
Donna : And you be careful. All right ?
Comme c'est trop meugnon, tout de même. Ah, ma Donna. Elle me manquera. Oui, je dis ça parce qu'on sait tous que la Tate ne reste qu'une saison, pas par le pouvoir du crâne ancestral qui me souffle les spoilers. Gnapas spoilers fin saison 4. Enfin si, quelques uns épars, mais pas concernant Donna. Ni Rose. Ou presque pas. Bref.
Notre Docteur s'en va donc en célibataire prendre l'autocar du futur pour visiter la belle planète Midnight/Email Diamant. Super commode. Faut pas sortir sinon tu te fais azimuter les gencives. Ptain, ça donne envie. Malheureusement, il se trouve que c'est très beau. Et décidément, cette saison ils ont fait un travail remarquable sur les décors en CGI. Franchement, entre la planète des Oods, la Bibliothèque et ça, chapeau, les gars.

Par contre, non, le Docteur ne s'en va pas à la recherche du Magicien d'Oz (ben quoi, un peu de peinture verte et on aurait pu y croire, non ?), il fait son touriste de base. Et je vais vous dire, moi, voir le Docteur emprunter les transports en commun comme n'importe quel rampant, le nez frisant d'anticipation, ça m'a fait glousser pendant quelques longues minutes.


J'avoue que le coup des trois divertissements diffusés en même temps m'a fait honteusement penser à mes deux ordis et à ma télé, parfois tous allumés en même temps, et quel soulagement lorsque Ten nous coupe tout ça histoire de faire connaissance avec les autres passagers.



Que des braves gens. Un gentil couple un peu beauf sur les bords et leur fils emo-ado. Une lesbienne célib' (RTD et sa manière ô combien subtile de nous rappeler que tout le monde n'est pas hétéro), un professeur et son assistante... Bref, tous transparents, bien sympas, pas des flèches, mais on fait avec.
On notera aussi que Rose cherche toujours à contacter cette TANCHE de Docteur mais qu'il a décidé d'être aux abonnés absents chaque fois qu'elle veut faire coucou.


Ce qui se passe ensuite ? La simplicité même. La cabine se retrouve paumée entre son point de départ et son point d'arrivée, sans pilotes, et nos passagers sont bloqués, puis traqués par une entité qui envahit d'abord la lesbienne.

(Qu'elle est flippante, cte conne. Sérieux, je n'ai jamais aimé la tronche de cette actrice, mais là, elle est vraiment terrifiante, avec ses horribles yeux violet.)
Je ne vais pas revenir sur l'extraordinaire synchronisation des dialogues. Je ne sais pas comment ils ont fait mais c'est prodigieux. Les intonations, les accents, tout est d'une précision redoutable.

Et qui aurait pu croire que quelqu'un qui répète la moindre de vos paroles puisse faire aussi peur.

Mais voilà, lorsqu'on est coincé dans un lieu clos, avec quelque chose qui cogne contre la carrosserie, sans moyen de joindre l'extérieur ni de sortir, le moindre pet de travers prend des proportions titanesques. Et c'est ainsi que quelques personnes pourtant si agréables quelques minutes plus tôt peuvent se transformer en une véritable meute en colère.
Mue par la peur, celle-ci n'a de cesse de trouver un responsable, un coupable, à exécuter le plus vite possible. D'abord la blonde Sky Silvestry. (Les noms, dans cte série, c'est du délire.)
Blonde que notre Docteur va bien entendu défendre bec et ongles. Au point de s'attirer la méfiance générale.

Au point que cette fois, c'est lui qu'on veut flanquer par l'airlock. A se demander si Laura Roslin n'est pas dans le coup.
Pauvre Docteur. Si impuissant lorsqu'il se fait à son tour envahir, répétant comme un idiot tout ce qui se dit pendant que l'affreuse qu'on devine toujours aussi maléfique joue les innocentes délivrées.


Est-ce qu'on n'a pas un tout petit peu honte d'être humains lorsqu'on voit ces abrutis, tellement apeurés qu'ils n'ont plus un neurone en état de marche, se déchirer entre eux pour savoir ce qu'il faut faire, et enfin traîner notre pauvre rat musqué pour le flanquer par-dessus bord ?


Heureusement, une étincelle de bon sens parvient à faire percuter l'assistante et l'hôtesse. Cette dernière se sacrifie pour tuer le démon.

Et notre Ten est sauvé.

Mais pauvre choupi... qu'est-ce qu'il a morflé. Nul doute que son amour-propre en a pris un bon coup, mais plus que tout, c'est certainement cette fenêtre brièvement ouverte sur ce que l'âme humaine peut comporter de plus sombre qui l'a blessé.

Le fait que ces petits singes qu'il affectionne tant puissent, en quelques minutes, se transformer en véritables bêtes sauvages... Lui qui a une telle foi en nous. Ca fait vraiment mal au coeur.
(Et par Zeus, qu'est-ce que David Tennant est bon, dans ces scènes-là. Autant il peut me gonfler quand il fait celui qui a mis les doigts dans la prise de courant, autant là... )
Et est-ce qu'on n'est pas soulagés de le voir retrouver sa Donna ? Qui comprend tout de suite que ça ne va pas fort, d'ailleurs.

Pauvre Docteur. Sérieux, j'en ai honte. 

Quoiqu'il en soit, on se fout totalement de savoir qu'est-ce qui a attaqué l'autocar. C'est ça, le plus dingue.
On est bien trop occupés à être catastrophés, pétrifiés de consternation, et à se dire que c'est trop vrai, ce qui se passe, là-dedans, que limite, ça pourrait être nous.
Et bien sûr, le fait que les passagers focalisent sur le vrai nom du Docteur, ça fait tiquer, une fois de plus, de même que l'allusion à Medusa Cascade. Je ne sais pas ce qu'on essaye de nous teaser, mais on peut croire que ce nom va jouer un rôle important à la fin de cette saison.
Probablement tout aussi important que...

Que j'ai hâte d'être à la semaine prochaine... 