Trois chiffres : 66 minutes. 295 captures d'écran. 20 minutes de sanglots incoercibles.
Plus de larmes encore que pour Doomsday. On pensait que ce n'était pas possible, mais si. Russell T. Davies l'a fait. Il a fait mieux que Doomsday. L'enfoiré.
Ah, si j'étais seule, je me referais cet épisode trois fois de suite tellement c'était merveilleux. Merveilleux, c'est ça que j'ai répété plusieurs fois pendant le visionnage et après, encore sous le choc. Incroyablement fort, jouissif, hystérique, survolté. On a trouvé l'el Dorado du geek, les gars, et c'est cet épisode.
Et pour commencer... vous vous rendez compte que la planète entière (enfin presque) a vibré pendant une semaine de peur de voir cet abruti changer de tronche et voilà qu'en trois secondes, en un petit geste en direction de son bocal à main, le voilà tranquillou régénéré... en lui-même ?!! Il a pas juste l'impression de s'être un peu foutu de nous, le Docteur ? Ca le dérange pas trop de nous faire des coups pareils ??? 
Je ne parle même pas des copines déjà transies de désespoir dans les bras de Jack (probablement ravi, d'ailleurs). C'est honteux.


The Doctor : I didn't need to change. I didn't want to. Why would I ? Look at me !
(Je rêve. J'hallucine. Pincez-moi. Fort.)
Et en même temps, c'est tellement drôle, tellement innocent, tellement RTD qu'il est impossible de lui en vouloir plus de trois secondes. D'autant que...



(Je ris, je pleure, je caquète, je liquide.)
Enfin de vraies retrouvailles. Et c'est moi ou Jack se retient de verser une larme ?

Donna (à Jack) : You can hug me, if you want. No, really, you can hug me. (Donna !!!
)
C'est tellement mignon, tout ça. Il a l'air tellement heureux, notre Ten. Je jure que c'est presque mieux que dans Satan's Pit (pas tout à fait, cela dit). Ca doit être tellement bon de faire ça, enfin, après un tel vide. Comme si c'était juste normal que ce soit comme ça, et pas autrement.

(Bisou ?)
J'ai vraiment été heureuse de voir Ten aussi rayonnant. Ca m'a rappelé (parce que je l'ai vu hier) le double épisode de 1941 où tous survivent. Et pourtant, là, tout va mal. Mais Ten est heureux. Pas longtemps, mais il l'est. Et malgré la situation, il ne peut pas le cacher.

Profite, Docteur adoré. Profite de ces précieuses poignées de secondes. 
Bon, parlons un peu des autres. D'abord, Martha. Mon Dieu, qu'est-ce qu'elle peut me déplaire, cette nana, c'est hallucinant ! 
Et plus ça va, pire c'est. Ce n'est pas de très bon augure pour l'avenir, je peux vous le dire, étant donné la fin.
En tout cas, non vraiment, elle m'horripile. No second chance. I'm that kind of a woman.
Cela dit, en bonne germaniste, j'ai absolument adoré le "EXTERMINIEREN!" de ces bons vieux Daleks nurembourgeois.
J'ai tellement ri que j'ai bien cru que j'allais me faire péter la rate. D'ailleurs, ça n'a rien à voir avec Doctor Who (ni même avec le pauvre allemand de Martha), mais j'ai eu une révélation, en regardant le passage où elle parle avec la vieille folle. En fait, je me rends compte que mon cerveau ne fait pas la différence entre l'anglais et l'allemand. A l'arrivée, je comprends, donc pas de souci, mais sur le coup, je n'arrive pas à savoir de quelle langue il s'agit. Il faut que je me concentre pour déterminer si les gens parlent anglais ou allemand. 
Enfin bref !
A Torchwood, j'ai eu une pensée émue pour Tosh qui avait si bien protégé le Hub que même les Daleks n'ont pas réussi à descendre les deux survivants.

Tosh, you clever girl, you were fantastic. 
Rah, et puis l'arrivée en fanfare de Mickey et Jackie, j'en ai poussé des cris de joie tellement je les attendais.
Et Donna. Alors là, si je dois dire quelque chose, c'est "Bravo, la Tate". Merveilleuse. Elle a amplement mérité cette sortie magnifique. Ce passage par la Time Lorditude. Plus que personne dans cette série, c'était un cadeau qu'elle méritait. Le plus beau cadeau, mais aussi le plus empoisonné qui soit. Donna, meilleure compagne parmi les compagnes, jamais je n'aurais espéré te voir devenir Docteur Donna.

Comme c'est bien amené. Et comme le génie de RTD prend ici tout son sens, réglant d'un seul coup l'affaire de la main (que j'ai vue être coupée il y a quelques minutes avec mon ours de frère), les étranges battements de coeur, et tout ce qui gravite autour de Donna depuis toujours. Comme Ten a de la chance d'avoir su si bien s'entourer. Un Tardis en danger, une Donna, une main...



Et alors que Ten est probablement en train de mourir un peu en regardant son précieux vaisseau être sacrifié par les Daleks... ("You are connected to the Tardis. Now feel it die.")

Un autre Ten émerge de cette main. Et une nouvelle Donna.

(How you doin' ?
)
Donna : It's you !
Doctor : Oh yes !
Donna : You're naked ! (Enfin !!!)
Et là, je me suis dit : le voilà, le Docteur de Rose. Pitié, faites qu'ils puissent repartir ensemble, faites que personne ne meure. Please. 
Donna : You are bonkers.
The Doctor : Why what's wrong with blue ?
Donna : Is that what Time Lords do ? Lop a bit off and grow another one ? You're like WORMS !
The Doctor : No, no, no, no no, I'm unique, never been another like me. And all that regeneration energy went into the hand. Like that. Love the hand. Then you touched it, WHAM, shhhh instantaneous biological metacrisis... I grew out of you. Still could be worse.
Donna : Oi, watch it Spaceman !
The Doctor : Oi watch it Earthgirl ! (Uh oh !) I sound like you. All sort of... rough.
Donna : Oi !
The Doctor : Oi ! (Oh my God !!!)


Donna : Oi !
The Doctor : Spanners. Shhh. Must have picked up a bit of your voice is all. Is it ? Did I ? No. Oh you are kidding me. No waaay !!! One heart ! I got one heart ! This body has got only one heart. (WHAAAAAAAT ???)

Donna : Like you're human ?

The Doctor : Oh that's disgusting ! (
)
Donna : Oi !
The Doctor : Oi !
Donna : Stop it !
The Doctor : No wait, I'm part Time Lord... part human. Well isn't that wizard ? (Not at all. Now let's make babiezzzzz !
)
Fucking unbelievable !

Dès lors, on est aspiré dans une spirale de folaïe, on est dans un état second, on n'a même plus le temps de réfléchir à comment ça va finir, c'est juste trop bon, il faut que ça ne finisse jamais.
Pendant ce temps, pauvre Rayures qui croit son Tardis éliminé. Avec Rose qui vient lui prendre la main dans cette épreuve.


Rose, ma Rose, qui ne saura jamais pourquoi Jack, après avoir été volontairement exterminé, ressuscite si facilement. Peut-être est-ce mieux de la préserver de ça. Peut-être son Docteur le lui dira-t-il un jour.

En tout cas, superbe explication de la folie de Dalek Caan. Il a vu le Temps, tout simplement. Enorme. Logique. Imparable. Bien sûr, qu'il a vu le Temps. Tout vu. Il en a tellement vu, le pauvre vieux, que ça commence à bien faire.

Mais avant cela, Davros nous claque son petit caca nerveux qui dans le concept n'est pas si éloigné de celui de l'Empereur Dalek (vu hier, dire si c'est encore frais). Détruire, détruire, bien sûr, mais surtout, montrer au Docteur à quel point ils sont proches. Révéler l'âme du Docteur, hail the Doctor, the great Exterminator.

Comment ne pas comprendre en un quart de seconde ce qui va se passer. A peine Martha apparaît-elle avec sa clé à la con qu'on capte exactement où Palpa... euh, Davros, veut en venir. 

Détruire la Terre si la souffrance devient trop ingérable pour ses habitants. De quoi horrifier le Docteur, bien sûr. Plus inquiétant encore, l'admiration de Rose, elle-même aspirée par le sillage de violence que laisse Ten derrière lui. Hélas, pauvre Docteur qui déteste tant les armes, regarde ce que toi tu as crée. Ton armée, prête à tout faire péter, elle aussi. Pas aussi terrifiante que cette armada de boîtes de conserves, mais pas loin.



Terrible écho au final de la saison 1 où Nine n'avait pas pu détruire la Terre pour détruire les Daleks. Coward... any day.
Davros : And the prophecy unfolds. The doctor's soul is revealed. The man who abhorres violence, never carrying a gun. But this is the truth doctor. You take ordinary people and you fashion them into weapons behold your children of time transformed into murderous. I made the daleks doctor you made this.... how many more, just think, how many have died in your name ?



Davros : The Doctor, the man who keeps running, never looking back because he dare not out of shame.
Rah... 
Dans sa folie, le pire, c'est qu'il a raison. La fuite, toujours, pour le Docteur. Elle lui coûte cher, mais elle est bien là.
Pauvre Ten. Je ne le plaindrai jamais assez.
Quant à l'autre cinglé qui veut détruire la réalité, wow. Ambitieux, le monsieur.

(Ouh, quelle abjecte dentition !
)
Et là, le Tardis. Frak me, le Tardis et Blue Suit qui débarquent !!!


Je jure que le show de Donna, descendue par Davros mais réveillée par le tir dans sa nouvelle nature de Time Lady m'a enchantée.
Donna : Half Doctor... half Donna !

(Je couine, je ris, je saute, j'en peux plus.)
The Doctor : The Doctor Donna. Just like the Ood said, remember, they saw it coming.

Donna : Well, don't just stand there, you skinny boys in suits ! Get to work !

Un Docteur... plus deux moitiés de Docteur. 
De ma vie, je n'ai jamais ressenti un pareil geekgasme. Et vous voulez que je vous dise quel est le pied suprême ? Le truc qu'on ne pensait jamais voir ? Le truc qui m'a le plus soulevée de joie après l'extraordinaire trahison de Dalek Caan qui renie sa nature et donne un coup de main inattendu au... enfin, aux Docteurs ?

Ceci, bien sûr.


Le Tardis, enfin piloté par six personnes, comme il se doit, et les six meilleures personnes au monde, bien sûr. 
Que c'est beau. Comme on aimerait que cela dure toujours. Et le remorquage de la Terre (grâce à K9 !!!), après avoir renvoyé une par une toutes les planètes enlevées par Davros. Grandiose. Mirifique. 

Et cerise sur le gâtal :

The Doctor à rayures : Tell me, Gwen Cooper, are you from an old Cardiff family ?
Gwen : Yes, all the way back to the 1800.
The Doctor à rayures : Yeah, I thought so, special genetic modificity, yeah.
Et regardez bien. Ils se remettent instantanément à refaire comme avant. Si, si. 

(Bisou ?)
Et la fin arrive, après le grand moment de bonheur délirant, le sauvetage de la Terre.



Un à un, ils s'en vont, après avoir rempli leur mission. Ma gorge se serre, mon ventre gargouille (oui, bon, j'ai faim). Ten sait qu'il va tout perdre, encore une fois.

Mais ses petits n'ont plus besoin de lui, à présent. Ou si peu. Ils ont tous trouvé une famille.
Sarah-Jane...

Jack, Martha...


Et même Mickey, qui courageusement, décide de revenir sur sa Terre d'origine...

(Si c'est pas direct Torchwood, je veux bien être pendue par les orteils... )
Oui, Docteur, tu peux être fier de tes petits. Tu les as bien élevés, malgré tout.

Allez, remballe ta Rose, ta Jackie, ta Donna, et direction Darlig Ulv Stranden... Bad Wolf Bay...
Mon coeur s'est terriblement serré à cet instant. Revoir cette plage... c'est presque insupportable.

Le choix de l'endroit est tout sauf anodin. Ten sait qu'il y a du business à finir, ici. Pauvre Rose, si inquiète à l'idée d'être à nouveau abandonnée.


The Doctor : We saved the Universe but at a cost. And the cost is him. He destroyed the Daleks. Committed genocide. He's too dangerous to be left on his own. (Aaaaaw... )
Blue Suit : You made me !
The Doctor : Exactly ! You were born in battle. Full of blood and anger and revenge. Remind you of someone ? That's me, when we first met. And you made me better. Now you can do the same for him. (Craaaaaac.)


Rose : But he's not you.
Oh, non, ma Rose, il ne l'est pas, pour sûr. Il est bien plus que cela, bien mieux, encore. Il est fait pour toi, pile poil à ta mesure. Le compagnon parfait, celui qui n'a qu'un coeur, qui vieillira à tes côtés, qui te fera douze chiards et une vie merveilleuse. Et Docteur malgré tout. Mais il n'est pas Ten.
The Doctor : He needs you. That's very me.
Ooooh... 
Mon pauvre Ten... Comme ça doit le briser de renoncer à Rose pour toujours.
Blue Suit : I look like him, I think like him. Same memories same thoughts, same everything. Except I've only got one heart.
Rose : Which means ?
Blue Suit : I'm part human specifically the aging part. I'll grow old and never regenerate. I've only got one life, Rose Tyler. I could spend it with you. If you want. (Jesus fucking Christ !!!)
Rose : You'd grow old at the same time as me ? (YEEEEEESSSSSS !!!)
Blue Suit : Together.
Et là, mes enfants, ça fait trois bonnes minutes que je sanglote, que je suis obligée de faire pause pour pleurer tout à loisir comme jamais je n'ai pleuré devant cette série tellement c'est beau, tellement c'est parfaitement doux-amer, tellement c'est la fin que je voulais.


Et là, Rose, admirable.
Rose : Alright, both of you answer me this : when I last stood on this beach on the worst day of my life, what was the last thing you said to me ? Go on, say it.
The Doctor : I said : "Rose Tyler".

Rose : Yeah, and how was that sentence gonna end ?

The Doctor : Does it need saying ? (Putain de sa race de Time Lord de... !!!)
Rose : And you Doctor ? What was the end of that sentence ?

Et là, le truc le plus merveilleux du monde. On ne l'entendra pas, mais on le voit grave, ne serait-ce que dans la tendresse qu'il y a dans son geste, mais un peu aussi dans les mouvements de son visage...

Blue Suit : I LOVE YOU.
(Je ne suis plus que larmes et sanglots. Surtout lorsque je regarde Ten en train de gloupser juste à côté de Monsieur et Madame Docteur.)

Enfin...


Et je suis sûre qu'il aurait tellement aimé le dire. Mais non. Il faut que ce soit l'autre, bien sûr, et tous deux le savent. C'est beau, c'est affreux, c'est tout.

Adieu Bad Wolf Bay. Lorsque Rose se retourne, c'est pour voir le Tardis disparaître. A jamais, sans doute.

Mais avec le plus beau cadeau qui soit. Si ce n'avait été pour Rose, Ten n'aurait jamais laissé vivre Blue Suit.

(Bon, et maintenant, dépêchez-vous d'aller faire des bébés ! Vite !!!)
Adieu, Rose... 
Et si l'on se demande pourquoi River Song avait regardé Donna d'un oeil aussi triste, voici la réponse. Pauvre Donna. Pour Rose, le cadeau, pour elle, la peine capitale. Elle ne mourra pas. Elle redeviendra tout simplement celle qu'elle a toujours été avant de rencontrer le Docteur. C'est peu-être pire encore que la mort. Elle ne conservera aucun souvenir de lui. Pire encore, ses proches ne devont jamais lui parler de Ten ni du Tardis sous peine de provoquer une mort immédiate. Car un humain ne peut pas devenir Time Lord. C'est contre nature. Et même Ten n'y peut rien.

Doctor : There's never been a human Time Lord metacrisis before, and you know why.
Donna : Because there can't be.

Et encore une fois, il perd donc tout.

S'il n'y avait eu la scène précédente, je crois que je ne m'en serais jamais remise. 
Un dernier regard sur la pipelette écervelée avant de partir.

Et un peu de baume au coeur en sachant que Wilf, lui, n'oubliera jamais et continuera à penser au Docteur, au nom de sa petite-fille.

Wilf : All those friends of yours...
The Doctor : They've all got someone else. Still that's fine. I'm fine.
Wilf : I'll watch out for you son.
The Doctor : You can't ever tell her.
Wilf : No no, but every night, Doctor, when it gets dark and the stars come out, I'll look up on her behalf. I'll look up at the sky and think of you.
The Doctor : Thank you.

Te voilà de nouveau bien seul, mon pauvre Ten. Comme ta croix de dernier Time Lord est donc lourde.


Voilà. Quel épisode exceptionnel. RTD nous a donné là ce qu'il y avait de plus beau. Pas étonnant qu'après cela, il ait choisi de partir. Comment pourrait-il encore égaler un tel final ? Encore quelques épisodes et ce sera la fin de l'ère Davies. La boucle est d'ores et déjà bouclée. Je crois que je ne pourrai plus jamais dire un mot de travers sur lui, maintenant. 
Voilà qui marque donc officiellement la fin de ma saison des séries. A partir de maintenant, c'est conserves jusqu'à début septembre. Mais ne vous inquiétez pas. On peut faire de très bonnes choses avec des conserves. 