Le blog de La Sorcière
 

104 : Family portrait

Ce que j'aime franchement bien, dans Brothers and Sisters, c'est que certains trucs sont criants de vérité. Notamment ceci :

Le conflit entre les générations. Entre une mère qui est charmante et qui croit absolument faire tout ce qu'il faut pour ses enfants mais qui ne se remet absolument jamais en question et qui en chemin, ne se rend pas compte que par maladresse, elle blesse parfois très fort, et des enfants qui se sentent parfois traités de manière injuste... et pas forcément comme des adultes.
De ce point de vue, la scène entre Kevin et Nora dans laquelle se retrouve rapidement embringuée Kitty est criante de réalité. Je connais un paquet de trentenaires qui se retrouveraient dans ce genre de scène. Et c'est mon cas.

Sinon, toute l'histoire autour de la photo de famille affichée par Nora sur laquelle Kitty est absente est très jolie.

Gros symbole que de les voir à la fin prendre une nouvelle photo de famille, cette fois avec Kitty, mais sans le patriarche.

Chaque épisode a tendance à se terminer sur une sorte de rite de passage, comme le plongeon dans la piscine et là, la prise d'une photo sans le père, comme si tous s'autorisaient maintenant à vivre sans lui.

C'est vrai que c'est de la saga familiale, cette série, mais c'est quand même élégant et intelligent. Et une fois de plus, quel casting. On sent petit à petit les frangins monter, dans cette histoire, après les nénettes qui nous en ont foutu plein la vue dans les premiers épisodes, les garçons commencent à s'affirmer. Le gars qui joue Kevin, le frère homo, est absolument excellent. Et son duo avec Sally Field dans cet épisode est remarquable.

 

103 : Affairs of state

Par Belzébuth ! Il y a du bon, dans c'te série ! On roupille agréablement avec un demi-zyeux d'ouvert, bercé par le bruit de ses propres ronflements et les crises d'hystérie de Callista Flockhart, et paf, d'un coup, on vous sort LA scène.

Revoyons la chose au ralenti. Il y a quelques jours, autour, j'imagine, d'un repas concocté par mes soins (je n'ai eu qu'une fois la chance de déguster le riz à la Alton, et je ne vais rien dire car le Dark Side serait bien capable de me fondre sur le paletot depuis sa retraite slovaque en éructant que je m'en suis resservie deux fois, ce qui est vrai, car se déplacer jusqu'au tréfond de la banlieue, ça creuse), le Dark Side, donc, car c'est bien d'elle qui s'agit, m'a confié entre deux féroces coups de dent, qu'elle était tombée sur l'un des épisodes de B&S sur Foxlife, sans doute pendant que monsieur Alton roupillait du sommeil du juste à une heure avancée de la nuit. Et le Dark Side a trouvé que c'était solide... pour une série qui ne raconte pas grand-chose, on est bien d'accord.

Interloquée, et n'ayant moi-même pas tout à fait renoncé à Sally Field, Rachel Griffiths et Callista Flockhart, je me suis dit que puisqu'il faisait nuit (ce qui exclue donc totalement le visionnage de Twin Peaks), que j'étais un peu trop fatiguée pour compatir à la déprime de Tony Soprano, et que Wentworth Miller me file à nouveau des boutons, why not.

Eh bien ça m'en a réveillée, dites donc.

Effectivement, les errances amoureuses de Kitty Walker nous rappellent avec bonheur une époque où Callista Flockhart dansait avec d'atroces bébés virtuels, effectivement, les démêlés conjugaux de Sarah Whedon m'évoquent avec émotion les plans cul de Brenda Chenowith, effectivement, les trois frangins sont décidément des canons sur patte (l'homo de la famille promet beaucoup), mais tout ça n'est RIEN face à la suprématie, que dis-je, à l'hégémonie de Sally Field, qui entre deux sourires ultra-brite, pourfend d'une phrase l'harmonie factice d'une fête de famille autour de la piscine.

Face à ses enfants qui n'osent croiser son regard et qui savent tous qu'à la table siège l'ennemie publique numéro une, alias la maîtresse de feu leur papa, un étranger (qui a lui-même couché avec Kitty la nuit précédente), s'étonne du silence pesant qui règne sur la tablée.

Warren : What's going on ?
Nora : What do you mean ?
Warren : Well, why isn't anyone but us talking ?
Nora : Oh... Well they all think that I don't know that my husband had an affair with that women Holly over there ; a long one, with a cunning little cottage built for two to go with it. Yes, Warren you see they all think I'm living in the dark and they're terrified that I'm going to figure it all out tonight. And in their panic and obliviousness and their eagerness to handle me they've lost their very basic ability to conduct themselves in a social circumstance. It's very sad, but there it is... Will someone please pass the mango, peach salsa to Scotty ?

On rigole, on rigole, mais cette scène n'en est pas moins très triste, en fin de compte.

Et très joli, le final, avec Nora qui plonge, tout habillée, dans la piscine où est mort son mari, comme pour exorciser cette trahison et son décès prématuré.

Bref, je dis BRAVO !

Et si chaque épisode contient au moins une scène aussi percutante, je suis prête à regarder jusqu'au bout.

 

Brothers and sisters : 101 et 102

Mon père, c'est un farceur. Pas tellement intéressé par le monde des séries, tout au plus louche-t-il le samedi soir sur Heroes (et encore, quand je lui ai demandé ce qu'il avait pensé du vrai papa de Claire, il m'a regardée avec de gros yeux ronds) et attend-il la sortie de la saison deux de Rome en DVD pour se faire l'intégrale, il est tout de même conscient qu'en dehors de mes *compte sur ses doigts* trois ou quatre activités à but lucratif, je tiens un blog sur les séries.
C'est comme cela que l'air de rien (toujours, l'air de rien, c'est comme ça qu'il fonctionne), il pose le TV-Sate-7-Jours-Magazine bien en évidence pour que je ne puisse pas rater la couverture avec Calista Flockhart en gros.
Bingo, ça m'a donné envie de jeter un oeil à Brothers and Sisters.

Je ne vais pas vous le cacher : ça s'annonce très très compliqué. Ca va faire plusieurs jours déjà que j'ai regardé les deux premiers épisodes, et je ne sais toujours pas quoi en penser. Il y a deux choses :

- La première : c'est fabuleusement bon de revoir Calista Flockhart à l'écran. Je ne l'aurais pas cru, même si comme beaucoup de jeunes des années 90, je me suis éclatée devant les trois premières saisons d'Ally McBeal. Ally est passée, je l'ai un peu oubliée. Mais ça m'a fait un choc de revoir Calista dans Brothers and Sisters. Elle n'a pas changé. Elle a pourtant 43 balais, nom d'une pipe. Mais elle est toujours bonne actrice, mignonne comme tout, d'autant plus qu'on ne distingue plus ses côtes sous son pull, bref, elle crève l'écran. Elle est bonne, c'est tout.

Ajoutez à cela Rachel Griffiths, qui joue sa sister, et qui est plus géniale que jamais, même si l'on craint très vite qu'elle ne soit sous-exploitée, surtout quand on l'a vue tout exploser dans Six Feet Under. D'emblée, on se dit que ce duo de frangines est à la fois audacieux et électrique. Dans un autre contexte, j'en aurais pleuré de bonheur.

Ensuite, on a les trois frangins. Au bout de deux épisodes, j'ai compris comment les différencier. Il y en a un qui est homo et qui est donc trop bien coiffé pour réellement exister. Il y en a un qui est un peu fonceur et avocat, lui, je me souviens de son prénom, c'est Tommy, et il est plutôt pas dégueu. Et enfin, le petit mignon complètement cramé, c'est Justin. Lui, il me plaît bien. Il a l'air d'avoir de gros soucis dans sa tête. Qui a dit "justement" ?

Bon, les frangins, à surveiller. Pour le moment, je les trouve un peu chiants.
Mais alors, cerise sur cette meringue un peu trop sucrée : la maman de cette charmante couvée, c'est Sally Field.

Et là je dis : bravo. Parce que ça, c'est de l'actrice. Alors oui, Sally Field dans ER, elle nous avait soûlé, on en avait bouffé jusqu'à en avoir les dents du fond qui baignent, les bipolaires, c'est sexy un moment, mais après deux épisodes, c'est bon. Dommage, mais il n'empêche que Sally Field, elle déchire. Et là, je ne veux pas dire, mais ce rôle de matriarche pourrait définitivement, pour un peu que la série dure, faire d'elle une superstar.
Son duo avec Calista Flockhart est brillant et touchant.

Voilà, on va dire que ça, c'était pour les plus.

- Deuxième chose : malheureusement, c'est rasoir. Alors, j'entends déjà les ricanements des blasés qui vont me dire que de la part d'une série vendue comme un Dallas des années 2000, ce n'est pas très étonnant. Je leur répondrai ceci : si Brothers and Sisters est un Dallas des années 2000, moi, je serai au rendez-vous toutes les semaines. Pourquoi ? Tout simplement parce que Dallas, ce n'était pas les Feux de l'Amour, ce n'était pas Santa Barbara. Dallas, en dehors de JR et de Suellen, c'était avant tout une saga qui tournait autour de l'industrie du pétrole sur fond d'intrigue familiale et de traîtrise. Normal. PE-TRO-LE ! Dallas, c'était aussi des personnages maléfiques qui avaient tendance à abuser de la boutanche. Où est le mal, je vous le demande ? Alors oui, Dallas, c'était aussi les choucroutes de Victoria Principal et les chapeaux de cow-boy de Patrick Duffy, mais que voulez-vous, si on veut toucher la ménagère qui fait son repassage l'après-midi à 14h45, le pétrole, ça fait un peu juste.
Alors à la lumière des deux premiers épisodes, non, Brothers and Sisters n'est PAS le Dallas des années 2000. L'intérêt va sans doute résider dans les convictions politiques de Kitty/Calista, férocement républicaine dans une famille qui penche plutôt côté démocrate, mais pour le moment, ce n'est pas super convaincant. J'aurais de loin préféré qu'on s'apesantisse davantage là-dessus au lieu de passer trois plombes sur le décès du père, musique dramatique tonitruante en prime.
Toute l'affaire de l'héritage et de l'entreprise familiale me paraît encore trop nébuleuse pour être intéressante, même si Sarah/Rachel Griffiths est catapultée présidente. Dans cette histoire, le tonton ex-bad guy d'Alias me paraît autant à sa place qu'un loulou de Poméranie dans un souk marocain. Ne parlons pas de la fâcheuse découverte que le père modèle menait une double-vie, blonde vénéneuse anciennement présidente dans Prison Break à l'appui. Ca, c'est pathétique et on le voit venir gros comme un immeuble de 70 étages.

Enfin, pour résumer, je suis perplexe. Clairement, ce genre de série, c'est tout sauf ma came. Mais ce trio d'actrices est tellement formidable. J'ai tellement envie de les voir à l'écran malgré des ficelles grosses comme ça.

Pourtant, j'ai vraiment pas le temps ni l'envie de me taper les histoires de fesses de ces branlouzes !

Que faire, cher lecteur, je te le demande ? S'il y avait des ados, ce serait facile, j'enverrais tout bouler... Mais Calista ! Rachel ! Sally !
Quel dilemme...

J'imagine que les réactions vont se partager en deux clans :

- Les : *grosse voix virile*
"Ah non, déjà qu'elle nous soûle avec (rayer les mentions inutiles... ou pas !) Bones/Booth, House/Cameron/Stacy/Cuddy/Wilson, Lee/Kara", si cette fois elle se met à taper dans du vrai soap, moi, j'me casse !

- Et les : *voix de fausset*
"Hi hi hi, siiiii, regarde, c'est trop biiiiien, moi j'adore, Tommy il est aussi mignon que Jack dans Lost !

Alors, si vous avez d'autres arguments que ceux sus-nommés, n'empêche, je suis prête à vous écouter.