Mon père, c'est un farceur. Pas tellement intéressé par le monde des séries, tout au plus louche-t-il le samedi soir sur Heroes (et encore, quand je lui ai demandé ce qu'il avait pensé du vrai papa de Claire, il m'a regardée avec de gros yeux ronds) et attend-il la sortie de la saison deux de Rome en DVD pour se faire l'intégrale, il est tout de même conscient qu'en dehors de mes *compte sur ses doigts* trois ou quatre activités à but lucratif, je tiens un blog sur les séries.
C'est comme cela que l'air de rien (toujours, l'air de rien, c'est comme ça qu'il fonctionne), il pose le TV-Sate-7-Jours-Magazine bien en évidence pour que je ne puisse pas rater la couverture avec Calista Flockhart en gros.
Bingo, ça m'a donné envie de jeter un oeil à Brothers and Sisters.

Je ne vais pas vous le cacher : ça s'annonce très très compliqué. Ca va faire plusieurs jours déjà que j'ai regardé les deux premiers épisodes, et je ne sais toujours pas quoi en penser. Il y a deux choses :
- La première : c'est fabuleusement bon de revoir Calista Flockhart à l'écran. Je ne l'aurais pas cru, même si comme beaucoup de jeunes des années 90, je me suis éclatée devant les trois premières saisons d'Ally McBeal. Ally est passée, je l'ai un peu oubliée. Mais ça m'a fait un choc de revoir Calista dans Brothers and Sisters. Elle n'a pas changé. Elle a pourtant 43 balais, nom d'une pipe. Mais elle est toujours bonne actrice, mignonne comme tout, d'autant plus qu'on ne distingue plus ses côtes sous son pull, bref, elle crève l'écran. Elle est bonne, c'est tout.

Ajoutez à cela Rachel Griffiths, qui joue sa sister, et qui est plus géniale que jamais, même si l'on craint très vite qu'elle ne soit sous-exploitée, surtout quand on l'a vue tout exploser dans Six Feet Under. D'emblée, on se dit que ce duo de frangines est à la fois audacieux et électrique. Dans un autre contexte, j'en aurais pleuré de bonheur.

Ensuite, on a les trois frangins. Au bout de deux épisodes, j'ai compris comment les différencier. Il y en a un qui est homo et qui est donc trop bien coiffé pour réellement exister. Il y en a un qui est un peu fonceur et avocat, lui, je me souviens de son prénom, c'est Tommy, et il est plutôt pas dégueu. Et enfin, le petit mignon complètement cramé, c'est Justin. Lui, il me plaît bien. Il a l'air d'avoir de gros soucis dans sa tête. Qui a dit "justement" ?

Bon, les frangins, à surveiller. Pour le moment, je les trouve un peu chiants.
Mais alors, cerise sur cette meringue un peu trop sucrée : la maman de cette charmante couvée, c'est Sally Field.

Et là je dis : bravo. Parce que ça, c'est de l'actrice. Alors oui, Sally Field dans ER, elle nous avait soûlé, on en avait bouffé jusqu'à en avoir les dents du fond qui baignent, les bipolaires, c'est sexy un moment, mais après deux épisodes, c'est bon. Dommage, mais il n'empêche que Sally Field, elle déchire. Et là, je ne veux pas dire, mais ce rôle de matriarche pourrait définitivement, pour un peu que la série dure, faire d'elle une superstar.
Son duo avec Calista Flockhart est brillant et touchant.

Voilà, on va dire que ça, c'était pour les plus.
- Deuxième chose : malheureusement, c'est rasoir. Alors, j'entends déjà les ricanements des blasés qui vont me dire que de la part d'une série vendue comme un Dallas des années 2000, ce n'est pas très étonnant. Je leur répondrai ceci : si Brothers and Sisters est un Dallas des années 2000, moi, je serai au rendez-vous toutes les semaines. Pourquoi ? Tout simplement parce que Dallas, ce n'était pas les Feux de l'Amour, ce n'était pas Santa Barbara. Dallas, en dehors de JR et de Suellen, c'était avant tout une saga qui tournait autour de l'industrie du pétrole sur fond d'intrigue familiale et de traîtrise. Normal. PE-TRO-LE ! Dallas, c'était aussi des personnages maléfiques qui avaient tendance à abuser de la boutanche. Où est le mal, je vous le demande ? Alors oui, Dallas, c'était aussi les choucroutes de Victoria Principal et les chapeaux de cow-boy de Patrick Duffy, mais que voulez-vous, si on veut toucher la ménagère qui fait son repassage l'après-midi à 14h45, le pétrole, ça fait un peu juste.
Alors à la lumière des deux premiers épisodes, non, Brothers and Sisters n'est PAS le Dallas des années 2000. L'intérêt va sans doute résider dans les convictions politiques de Kitty/Calista, férocement républicaine dans une famille qui penche plutôt côté démocrate, mais pour le moment, ce n'est pas super convaincant. J'aurais de loin préféré qu'on s'apesantisse davantage là-dessus au lieu de passer trois plombes sur le décès du père, musique dramatique tonitruante en prime.
Toute l'affaire de l'héritage et de l'entreprise familiale me paraît encore trop nébuleuse pour être intéressante, même si Sarah/Rachel Griffiths est catapultée présidente. Dans cette histoire, le tonton ex-bad guy d'Alias me paraît autant à sa place qu'un loulou de Poméranie dans un souk marocain. Ne parlons pas de la fâcheuse découverte que le père modèle menait une double-vie, blonde vénéneuse anciennement présidente dans Prison Break à l'appui. Ca, c'est pathétique et on le voit venir gros comme un immeuble de 70 étages.
Enfin, pour résumer, je suis perplexe. Clairement, ce genre de série, c'est tout sauf ma came. Mais ce trio d'actrices est tellement formidable. J'ai tellement envie de les voir à l'écran malgré des ficelles grosses comme ça.
Pourtant, j'ai vraiment pas le temps ni l'envie de me taper les histoires de fesses de ces branlouzes !
Que faire, cher lecteur, je te le demande ? S'il y avait des ados, ce serait facile, j'enverrais tout bouler... Mais Calista ! Rachel ! Sally !
Quel dilemme...
J'imagine que les réactions vont se partager en deux clans :
- Les : *grosse voix virile*
"Ah non, déjà qu'elle nous soûle avec (rayer les mentions inutiles... ou pas !) Bones/Booth, House/Cameron/Stacy/Cuddy/Wilson, Lee/Kara", si cette fois elle se met à taper dans du vrai soap, moi, j'me casse !
- Et les : *voix de fausset*
"Hi hi hi, siiiii, regarde, c'est trop biiiiien, moi j'adore, Tommy il est aussi mignon que Jack dans Lost !
Alors, si vous avez d'autres arguments que ceux sus-nommés, n'empêche, je suis prête à vous écouter. 