410 : Revelations
Par La Sorcière, samedi 14 juin 2008 | Rubrique: Battlestar Galactica épisodes | 67 commentaires
Allez, hop, à chaud, à bouillant, même, vite, vite, sans deuxième visionnage de peur que celui-ci n'efface mes premières impressions. Oh my God... Voilà une review qui m'a coûté cher en sacs à main et lunettes de soleil.
(Ben quoi, faut bien se remonter le moral comme on peut.)
Pffff... que dire de cette série qui n'a pas déjà été dit ?
Là, ce qui est merveilleux, c'est que c'est du factuel, du début à la fin. Pas ou peu de mythologie, de devinettes. De l'action, de la réaction, de la grosse vérité dans ta tête, de la manipulation... C'est bien simple, dès la première seconde, on retient son souffle et on ne le relâche qu'après l'extraordinaire scène de fin, peut-être la plus belle et la plus triste de toute la série. Quel épisode, nom d'un chien. Quel épisode.
J'ai été étonnée et amusée qu'on démarre sur une scène entre Lee et Kara, en train de regarder... le temple d'Aurora (!), sur Terre.


(Monsieur et Madame Adama font leur commande France Loisirs.
)
J'ai beaucoup aimé. Leurs scènes ont été rares, cette saison, mais elles n'ont jamais été superflues. A chaque fois, on a pu sentir qu'ils étaient habités, ancrés dans le sol. Ca n'a plus rien à voir avec leurs entretiens saccadés, entre passion et rejet. C'est fixé, quoi. On ne sait pas trop où ils en sont sentimentalement parlant, mais ce genre de regard en dit long.

Gaulée ! ![]()
Bisou ?
On ne s'attarde pas, cela dit. Et très vite, c'est le fauteuil vide d'Adama qui attire le regard. Ce fauteuil sur lequel Saul Tigh n'ose même pas poser les yeux.

Ce fauteuil qui faisait même peur à Lee quand il était enfant... Tout un symbole que ce fauteuil vide qui porte encore l'empreinte des fesses du patron et que ces deux jeunots encore un peu maladroits et presque gênés de se retrouver là.

Et là, Kara a une réplique très vraie que j'avais depuis longtemps envie d'entendre. Le plus délirant étant qu'elle la tient de Leoben, dont elle parle maintenant de manière tout à fait sereine...
Kara : You know Leoben said something to me when he was holding me in that dollhouse on New Caprica. That children are born to replace their parents. For children to reach their full potential their parents have to die.
Prophétique ? Assurément.
D'autant que les parents, ils sont de retour. Finie la fiesta, remballez la chaîne hifi et la sangria, les vieux sont de retour, et en avance.

("Vous allez me ranger ce souk. Tout de suite !")
Ptain, s'il y en a bien une que j'aurais butée durant tout l'épisode, c'est bien cette chienne de D'Anna. La rosse ! Franchement, je vais rester polie parce que la journée est loin d'être finie et que j'ai eu ma dose de contrariétés cette semaine, mais argh...

Son chantage, l'airlock, tout ça... mais on croit rêver, ma parole.
Et la présidente qui glisse à l'oreille de son Bill que si ça se gâte, faudra tout faire péter.

Frak, le vieux en sursaute d'horreur. Si tôt, ma bonne amie ? Mais et nos soirées Scrabble, alors ?

Avant d'en venir aux FF, c'est pas grand-chose, mais vous avez vu qu'il y a du nouveau sur le front de l'ultimate CIC couple ? ![]()

Pauvre Felix. Ils n'ont même pas été foutus de lui bricoler une pauvre jambe de bois ? Se sont pas foulés, au service après-vente.
(Vous noterez le recours désespéré à l'humour naze histoire de ne pas céder à l'émotion. I'm so pathetic.)
Nos FF, donc. Déjà, vous imaginez mon état de liquéfaction en entendant D'Anna dire que le Cinquième n'est pas dans la Flotte. Hem. *gratte la terre du bout de sa tong*
Ben euh... c'est normal vu que euh... c'est Papy ! ![]()
A part ça... hanlala, les pauvres malheureux FF. Ah mais j'en étais malade pour eux. Pour le Chief et Sam qui regardent débarquer avec une décontraction hallucinante l'engeance qui va les dénoncer.

Sam : Maybe she won't be able to identify us. (Mais oui, bien sûr, mon chéri. Elle n'a rien vu, rien entendu, d'ailleurs qu'est-ce qu'elle fait là ? On n'en sait rien.)
Saul qui se fait calculer direct.


Et Tory qui, avec un culot monstre, nous fait le coup de la feinte. Oui mais bon, vous savez, les médocs de Roslin, tout ça. Pas de souci, je me sacrifie, tenez, même pas peur. Otage volontaire.

Hallucinant ! ![]()
La gueule de Saul qui la regarde partir, c'est juste magnifique.

![]()
Ah, la petite vache, n'empêche. J'ai presque eu peur pour elle, dites donc. De la voir arriver à bord du basestar, si petite, si frêle, dévisagée par tous ces skinjobs complètement sous le choc et qui ne savent même pas comment réagir à son arrivée.


Je me suis presque demandée s'ils n'allaient pas avoir envie de la serrer très fort... entre leurs dents. Flippant, non ?
Et puis qu'est-ce qu'elle a donc de plus que les autres pour accepter aussi vite de passer de l'autre côté du miroir ? Pas d'attachement, peut-être. Le Chief a son fils, le Galactica. Sam a Kara (enfin, il aimerait bien), Saul a Bill. Elle, elle n'a rien. Alors pourquoi pas.
Bien sûr, c'est avec délice que je l'ai regardée annoncer à Laura la bonne nouvelle.

Tory : You had no idea, did you ?
Laura : No.
Tory : Might be worth pondering what else you've been wrong about.
Vlan ! Prends ça, la vieille.
Et Gaius en prime. Evidemment que tu l'as toujours su, gros bouffon ! ![]()

Et que pensez-vous que la vioque essaye de faire aussitôt qu'elle apprend que son assistante, sa confidente, presque son infirmière, est un cylon ? Eh bien elle essaye de la manipuler pour tourner la situation à son avantage. Vous avouerez que c'est quand même une sacrée taupe !
Tory : I'm done taking orders from you.
Voilà la présidente rhabillée pour l'hiver, ma foi.
Passons au gros de cet épisode. Et non, je ne parle pas du Chief, bande d'affreux !
Tenez, mon coeur se serre rien que d'y penser. Saul, Saul, Saul, ptain Saul, comme tu y vas fort, dans ta volonté d'enfin tout lâcher. Pauvre Adama qui fait tout pour essayer de ne pas comprendre. Qui lui cherche des excuses ridicules. Mon Dieu que c'est triste.
Adama : Switched you on ?
Saul : Like Boomer. I'm one of the Five.
Adama : The Five.
Saul : One of the Cylons D'Anna was after.

Et en même temps, le soulagement triomphant, le rictus de délivrance qui se lit sur le visage du FF est absolument bouleversant. Presque plus que la tête des mauvais jours de Bill.

Saul : It is not a delusion. It is not a chip in my head. I am a Cylon. I fooled you for months now. I didn't want to, but I did.
Adama : Get your hands off of me.
Saul : If I had the guts to airlock myself when I first found out, we wouldn't be in this mess.
Délirant. Monstrueux. Quelle scène. Si vous prêtez l'oreille, je suis sûre que vous pourrez entendre le coeur du vieux en train de se briser alors que son ami, son compagnon de toujours, est en train d'être conduit à l'airlock.


Comme c'est dur d'assister à ça.

Mais pas autant qu'à ça.

Atroce. J'en ai les larmes aux yeux. C'est tout ce qu'on ne voulait jamais voir. La vision de ce géant déchu, c'est d'une tristesse incommensurable. Et il n'y a qu'une personne pour être capable de gérer ça, c'est Lee.
Eh ouais. Prendre en charge les parents qui partent en javel, notre lot à tous. "I'll take care of it." De toute façon, tu n'as pas le choix, Lee.

Pauvre Adama. Même pour lui, le fardeau se fait trop lourd.
Je crois que c'est la première fois que l'on ressent l'immense tendresse de Lee envers son père. Mille fois plus en tout cas que lorsqu'il le ramasse sur Kobol ou l'embrasse lorsqu'il est dans le coma. C'est très beau et très triste, mais c'est dans la logique des choses.
Logique aussi que Lee, après avoir bordé papa, aille mettre un pain superbe à Saul.
Saul : Where's the old man ?
Lee : Right where you put him.
Wow. ![]()


Dingue de se dire qu'à ce moment de la série, Lee est prêt à exécuter lui-même le meilleur ami de son père, son ancien supérieur... Etourdissant.
Lee : You wanna save the fleet ? I need the others and I need them now.
(Quel homme, quel chef.
)
C'est parti pour le coming-out ultime, donc. Terrible. Pauvre Kara.

Et alors là... je jure que malgré l'état d'émotion dans lequel je me trouvais, j'ai ri. Ri de voir le Chief soupirer, genre : "Ptain, grouillez, les gars. Flanquez-nous par l'airlock, et qu'on en finisse."

![]()
Mais putain, Kara, quoi. Pauvre enfant. Il y a vraiment de quoi devenir maboul.

Lui, merde, lui, avec lequel elle a passé tant de nuits, lui dont elle est tombée amoureuse, nom d'un chien, comme si ça lui arrivait tous les jours ! Lui, LE mec qu'elle a ramené de Caprica.

Sam : It's true, Kara
Et pourtant, elle ne le tue pas. Pourtant, elle avait dit qu'elle le ferait. Mais non.
Même Lee a l'air tellement déçu, pour Sam, plus encore que pour les autres. Le regard qu'ils échangent est énorme.


Et là, la musique de fou qui se met à retentir. Enfoiré de Bear, il nous balance un truc hallucinant, une fois de plus. Incroyable de profondeur, de magnétisme, d'ampleur. Et dire qu'elle était là, la clé pour la Terre. A l'intérieur de ce viper tout blanc et tout propre.



Kara : Like it or not, Lee, something's orchestring this for a purpose. (Merci, ma jolie.)
Il faudra donc combiner les efforts de Kara, de Gaius, de Lee pour arriver à arrêter la machine de guerre une fois de plus en marche.
Et de manière incroyable, cette fois, on a enfin envie d'y croire.



D'Anna : All this has happened before...
Lee : ... but it doesn't have to happen again. Not if we make up our minds to change. Take a different path, right here, right now.

(Raaaaah, lui arracher la tête !)
Enfin...


Peace, ma soeur ! 
Sinon, je dois avouer que je trouve ça super chouette une série qui ose mettre en scène, et bien, un vrai pur amour de vieux.

C'est court, mais c'est tellement mignon. Et voir Roslin comme ça, parler d'une voix douce, ça fait du bien.
Laura : I want to see you pickup that first fistful of earth. Come on.
Ca fait un peu oublier la vieille harpie.
Même Lee en est un peu étonné, je crois.

Et elle va même lui faire un super cadeau, à lui, qui lui rend déjà les rênes du pouvoir. Elle l'intronise officiellement en tant que successeur. C'est beau, et même inespéré.

De toute façon, il fallait qu'elle reconnaisse sa manière magistrale de gérer la situation. C'est fait.


Et je crois que Lee en avait besoin.
La Flotte se rendra donc au complet aux coordonnées contenues à l'intérieur du viper. Parce que comme le souligne Adama... c'est la fin de la course.
Adama : This is the end of the line. We got nowhere else to go.

Et là...

Ca y est...

Je jure que cette vision m'a provoqué une chair de poule comme jamais. C'était juste extraordinaire.


Adama : Three years ago, I promised to lead you to a new home. We've endured a difficult journey. We've all lost. We've all suffered. And the truth is, I questioned whether this day would ever come. But today, our journey is at an end. We have arrived...at Earth.
Eh ben vous savez quoi ? Malgré ça. Malgré l'extraordinaire explosion de joie qui suit ce discours (qui fait lui-même tellement écho au tout premier de la minisérie)... ils ont trouvé le moyen de nous rendre la scène inquiétante. Non, je ne crois pas que nous allons nous réjouir plus que cela...



Et le coup de massue final... La dernière scène, mon Dieu, quel coup de poing dans le bide. Cette caméra qui part de la main d'Adama, attrapant sa première poignée de "Terre", comme Roslin le souhaitait tant, et qui opère un travelling magnifique sur des personnages qui se croisent sans sembler se voir, le visage vide, comme frappés de stupeur par ce qu'ils viennent de trouver, comme se demandant : "Et maintenant ?"










Et maintenant, ça. Plus personne ne vous attend ici, mes chéris.

Est-ce que comme moi vous vous êtes attendus à voir la statue de la Liberté ? Parce que si ceci n'est pas le pont de Brooklyn et Manhattan, je veux bien être dévorée toute vivante...
Enfin... j'aurais aimé en dire beaucoup plus. Parler davantage de Sam, Kara, du Chief, de D'Anna, de Leoben, de Roslin... mais à un moment, il faut que je m'arrête. On en parlera dans les commentaires.
Et puis il reste encore tant de questions en suspens. Une surtout : qui a collé les coordonnées de la Terre dans le viper de Kara ? Qui leur a donné l'indice suprême ? Qui les a récompensés pour leur parcours du combattant ? Parce qu'il s'agit de cela, non ?
Après ça, l'identité du dernier FF en devient presque anecdotique.
La fin de cette saison 4 va être renversante.
Je suis presque soulagée que ce soit fini. Honnêtement, je n'en pouvais plus. Maintenant, on va attendre Caprica, attendre la BO, attendre des nouvelles des futurs films. Maintenant que je sais que la série ne s'arrête pas à cette saison 4, ça me rend l'attente plus supportable.
La fin de la série est en train d'être filmée. Rekha Sharma disait que c'est si beau qu'elle en a pleuré en lisant le script.
Comme ça va être dur, quand même...
Allez, the End de cette rubrique jusqu'à la reprise... dans au moins six mois.























































































































































































