Le blog de La Sorcière
 

Edge of never... c'est le cas de le dire.

Bon, pour ceux qui n'ont pas regardé Virtuality et qui veulent se faire une petite idée, voici un extrait du pilote qui est aussi un extrait de l'émission de télé-réalité la plus délirante que j'aie vu dans une série... enfin, après le Big Brother de Doctor Who, on va dire.



Pour les curieux, ça donne une petite idée...
A part ça, j'ai entendu parler de webisodes réalisés pendant le tournage par Peter Berg... C'est lui qui a réalisé ce pilote, et visiblement, il a privilégié l'improvisation, surtout pendant les scènes "télé-réalité, ce qui a donné des trucs assez sympas qu'il aurait été dommage de jeter. Si quelqu'un sait s'ils ont été diffusés sur le net, ça m'intéresse. J'ai cherché, et je suis uniquement tombée sur cet extrait qui a plus ou moins servi de promo. Du coup, je suis un peu perplexe.

Dans ma recherche, je suis tombée sur cette vidéo sympa où les acteurs répondent (ou du moins tentent de répondre) à la question : si vous partiez dans l'espace pendant dix ans, qu'est-ce que vous emmèneriez ?



Alors moi, personnellement, si j'avais un module virtuel, pas grand-chose. Je m'arrangerais pour me faire l'intégrale de BSG à l'intérieur... et je branlerais pas grand-chose à l'extérieur, je crois !
Du coup, je suis pas sûre que ce soit vraiment une bonne idée de filer ce genre de truc à des astronautes, à la base !
Bon, sinon, ce que j'emmènerais ? Un piano ou un violoncelle. Et je peux vous dire qu'au bout de dix ans, je déchirerais !
Et James D'Arcy.

Et vous ?
 

Réplique du jour

"Save the cheerleader, save our world."

(Dr Gregory House, House MD)

 

Arf...

Je suis pétée de rire devant la formulation, on dirait moi !

Et le pire, c'est que je me souviens qu'on a une explication, mais je sais plus du tout laquelle !

 

[Virtuality]Pilot

J'ai essayé. J'ai TOUT fait. Je me suis préparée dans ma tête, plusieurs jours à l'avance histoire que ça rentre bien : non, il n'y aura pas de Virtuality version série puisqu'à la Fox, ils sont trop cons (ou trop réalistes) pour signer un projet aussi ambitieux et intelligent que celui-ci.
Mais rien à faire. Je suis dégoûtée. Enfin, disons que j'étais dégoûtée hier soir en finissant de zyeuter ce pilote. Là, je ne suis plus dégoûtée. Je suis furieuse. Oui, totalement furieuse. Parce que c'est de loin le truc le plus brillant que j'aie vu cette année et que c'est sans conteste l'heure et demie de télévision qui m'a fait le plus réfléchir depuis BSG.

Vous me direz, je suis vraiment sur mon terrain de prédilection, et ça, ça aide. J'adore la SF, c'est pas un secret, et pour un peu que ça se passe dans un vaisseau spatial et que ça soit pas trop trop kitsch, ben tout se libère, chez moi, surtout l'imagination.
Alors là, forcément, vous prenez douze clampins et vous me les enfermez pour dix années dans un bout de ferraille, vous agitez bien, vous rajoutez des trucs un peu bizarres, de la paranoïa, un brin de folie, des passés bien chargés... et vlan, vous obtenez la recette idéale pour une Sorcière en mal de vaisseaux spatiaux et de drama qui pique.

Donc Virtuality, c'est quoi ? Ben ça aurait pu être le digne successeur de ma série préférée, Battlestar Galactica. D'autant qu'aux manettes, on avait un certain Ronald D. Moore, producteur exécutif de la chose, et visiblement mon âme-soeur sur cette Terre tellement j'ai l'impression qu'il n'écrit que pour me faire plaisir.

Virtuality, donc, c'était un pilote acheté par la Fox, grande chaîne qui ne fait pas dans la SF si ce n'est pour l'envoyer aux oubliettes.
Alors comme Firefly et comme Sarah Connor, Virtuality crève, mais cette fois avant même d'être née.
Je n'abandonne pas tout espoir parce que le pilote, diffusé dans un créneau lamentable, fait couler pas mal d'encre sur le web, et la critique est plutôt bonne. Donc qui sait ?
Mais je ne me fais pas trop d'illusions non plus. C'est le genre de fiction qui n'a pas grand-chose à foutre sur la Fox et qu'on imagine bien plus sur une chaîne câblée. A ceux qui vont dire qu'une chaîne câblée pourrait racheter le projet, je répondrai que je n'y crois pas trop. D'abord, je vois mal SciFi racheter ça alors qu'elle lance Caprica. Ensuite, je suis persuadée que si l'occasion se présente, la Fox fera tout pour empêcher une autre chaîne de faire son beurre grâce à Virtuality. Alors n'y pensons plus.

Il n'empêche. On aurait pu avoir dix saisons grandioses. On aurait pu suivre pas à pas la lente dégringolade de ces douze malheureux envoyés en pâture à un espace inexploré pour sauver les gens de leur planète.
Car à la base, le thème, c'est ça : le Phaeton (encore de la mythologie grecque !), un vaisseau spatial (que nous ne verrons jamais entièrement, bouhouhouh) est envoyé dans l'espace pour rejoindre Alpha Eridani, qui est, si j'ai bien compris, un système susceptible d'être colonisé par les Terriens. Pourquoi ? Tout simplement parce que notre planète à nous, elle est foutue, et que dans un siècle, elle ne sera plus habitable du tout. Alors on envoie le Phaeton en éclaireur, et ce voyage durera dix ans.

A bord, douze valeureux scientifiques qui ont tout largué pour participer à cette extraordinaire aventure. Et comble de l'ironie ou au choix de la consternation, cette mission cruciale pour la survie de notre espèce... fait l'objet d'une émission de télé-réalité. La télé-poubelle dans toute sa splendeur... et là, c'est pas juste les candidats qui risquent de finir à la poubelle, mais nous.
Le pire, c'est que ça marche. Des milliards de curieux regardent ça chaque jour et nos astronautes sont donc épiés en permanence par des caméras. Et voilà pourquoi on ne voit jamais le Phaeton en entier : parce qu'il est filmé par les caméras extérieures et que forcément, ces caméras ont bien du mal à nous faire un travelling arrière pour nous montrer le beau vaisseau dans son intégralité.

Ca, je l'ai tout de suite compris, et je me suis tout de suite mise à fantasmer sur la manière dont on pourrait (enfin aurait pu) un jour, dans plein de saisons, découvrir le Phaeton en vrai. A l'occasion d'un flashback sur son lancement, ou autre, dans un épisode grandiose... sauf que non, donc.

Bref, seul moyen pour nos astronautes d'avoir un minimum d'intimité et d'échapper au suffocant huis clos que leur impose la vie à bord du Phaeton : des aventures virtuelles. Chacun d'entre eux peut se retirer dans sa bulle pour y faire ce qu'il veut, grâce à un concept qui n'est pas sans rappeler le holodeck de Star Trek et surtout le holo-band de Caprica.
Et c'est là que ce pilote commence. En pleine Guerre de Sécession puisque le commandant du vaisseau, le dénommé Frank Pike, aime bien y passer ses petits loisirs.

(Excusez-moi, je verse quelques sanglots émus voire rageurs. C'est-à-dire que moi, à la base, après avoir vu cette scène plus quelques autres, c'était le genre de commandant que j'aurais effectivement suivi jusqu'au bout de la galaxie. Mais bon. Ca ne se fera pas, ça ne se fera pas, que veux-tu, ma pauvre Sorcière.)

Donc ça lui va divinement au teint, à Frank Pike, gueule de granit et canines bien pointues, de jouer les sioux dans les hautes herbes et de coiffer son chapeau de confédéré.

Seulement là, d'un seul coup, en pleine bataille, voilà que des mitraillettes mettent tout le monde d'accord. Quoi ? Comment ? Qu'est-ce que c'est ? Notre héros est perplexe.

(Oh oui, sois perplexe, chériiiii !)

Débarque le type HORRIBLE que je déteste et qu'on voit partout en ce moment.

Et là, on comprend qu'à la base, le gus n'a rien à foutre dans ce programme. Tellement rien à foutre qu'il tue Franky Boy en lui murmurant cette chose étrange : "You're not fooling anyone, Frank. Least of all, yourself."

Ouuuuh, mais c'est très, très bizarre, ça ! Quel singulier monsieur !

Voilà, donc bienvenue dans la matrice. Qui est très, très bien faite, en passant, puisque on voit trop qu'on n'est pas dans un décor naturel, mais que c'est super dur de dire pourquoi ! Vous voyez ce que je veux dire ? Le Mind-Frak dans toute sa splendeur ! Parce qu'il est là, le propos : différencier le vrai du faux. Je m'expliquerai plus tard.
En fait, je pense que toutes les scènes virtuelles ont été tournées sur des fonds verts. Et qu'ils ont fait en sorte que ça se voie.
Exemple avec le Dr Meyer et sa peinture... qu'il peint sur une toile et qui se dessine petit à petit dans les montagnes devant lui. (Aïe ! Est-ce que la montagne est le modèle ou la peinture, oeuf, poule, migraine !)

Bref, une fois notre captain sorti de son petit fantasme de guerrier (c'est bien un truc de mec, ça), on découvre petit à petit la vie à bord du Phaeton. La "vraie" vie. Hum.
A bord de ce vaisseau, on trouve des jardins hydroponiques, une vraie cuisine, et c'est très gentiment aménagé et surtout, super spacieux ! Qui a dit que l'espace était une denrée rare dans... l'espace ?

Chacun semble disposer de quartiers franchement luxueux, et on va dire qu'il faut bien ça quand on découvre les menus sacrifices faits par chacun pour aller sauver l'espèce humaine. Exemple avec Alice qui aimerait bien faire des bébés, sauf que c'est interdit.
Entre nous, ma chérie, la blonde a bien raison. Tu as ton mari sous la main, mais qu'attends-tu pour envoyer tout le monde aux pelotes. C'est pas comme si dans dix ans, on te demandait de procéder à un avortement. Bref.

Du coup, quand elle se réfugie dans son monde virtuel, Alice est enceinte. Et elle va rendre visite au gynéco avec un air rayonnant.

Le reste du temps, elle déconne avec son mari et des fois, elle bosse.

Egalement à bord, un autre couple marié. Ce qui est amusant et très chouette, c'est que jouant le jeu de la télé réalité, chacun passe régulièrement "au confessionnal". Ca nous évite de nous demander trop souvent ce qu'ils pensent dans leur petite tête. Exercice que j'aime bien, habituellement, comme vous le savez.
Du coup, là, on renverse le truc et on va essayer de deviner et de comprendre ce qu'ils ne disent PAS devant les caméras. C'est pas futé, ça ? J'adore.
Donc pour en revenir à notre autre couple marié...

J'aimerais dire que ça me fait plaisir, mais non, ça ne me fait pas plaisir, ça me paraît juste normal et je ne vois vraiment pas pourquoi dans la presse, on lit partout : "Virtuality, la série avec un couple d'homos dedans." Au secours. On en est encore là ?

Donc ceux-là, c'est deux drama-queens qui assurent le show, trop bien. Même que s'ils se disputent assez souvent à l'écran, leurs familles auront le droit d'être mises à l'abri avant le prochain tsunami. C'est pas super chouette ?

Après ça, on a aussi une botaniste qui respire la joie de vivre.

Un second quadraplégique qui est aussi mal viré qu'un certain Saul Tigh de ma connaissance.

Et une douce jeune fille qui est la voix de l'émission en plus d'être une geek.

Sa passion, c'est de chanter (faux !) en japonais devant des foules en délire alors qu'en vrai, elle est terrifiée par les caméras.

Sinon, le Docteur, donc, qui me rappelle Mohinder Suresh en moins boulet, sauf qu'il est un peu boulet quand même parce que pour se découvrir un Parkinson au bout de six mois d'un voyage de dix ans, faut forcément être un peu boulet sur les bords.

Une pilote qui aurait pu être le personnage féminin le plus génial de la télévision américaine après Starbuck si on lui en avait donné l'occasion.

Et puis le concepteur du Phaeton dont on découvre très vite qu'il a perdu son jeune fils et qu'il se torture la tronche à aller le voir dans son monde virtuel, c'est une horreur.

Mais... cet équipage ne serait rien sans ZE personnage du lot. Celui qu'on a tout de suiiiite envie de détester mais qu'on n'y arrive pas, et qui, en ça, n'est pas sans nous rappeler l'incomparable Gaius Baltar.

Roger Fallon, qui a manqué de peu de s'appeler Felon.
Alors lui, c'est le gars qui chapeaute l'émission, en plus d'être psy. C'est très dur de se faire une opinion sur lui. Contrairement à Gaius, il a une vision très, très nette de ce qui se passe autour de lui et il ne travaille pas pour sa gueule. Mais on ne peut pas s'empêcher de se dire qu'il a vendu son âme au diable. L'ennui, c'est que s'il ne l'avait pas fait, il n'y avait pas de mission Eridani. Et oui, même quand la Terre part en quenouille, le maître mot, c'est ren-ta-bi-li-ser.

En plus, on le sent un brin cynique, c'est lui qui a le plus de recul sur tout ce qui se passe. Un personnage clé que celui de Roger Fallon.
D'autant que... au détour d'une petite escapade dans le monde virtuel, on découvre que... la botaniste et le commandant fricotent quelque peu.

(Déjà, on s'étonne, ces deux-là cachent bien leur jeu.)

Ah ah ! Pour la bonne raison que la botaniste est mariée avec le psy ! Uh uh uh ! Comme c'est pratique, les mondes virtuels, on peut coucher avec qui on veut sans que personne ne le sache, y compris les maris affublés d'une superbe paire de cornes !
Et n'empêche, une fois le pot aux roses découvert, voyant les deux amoureux déployer des trésors de discrétions pour se parler, j'étais pétrifiée de trouille à l'idée que la vérité éclate au grand jour ou qu'une caméra surprennent les petits effleurements ou les conversations discrètes.

Et de me dire qu'en vrai, forcément, ils n'ont jamais couché ensemble.

Donc voilà, c'est ça, le Phaeton. Ce sont des cachotteries qui pourraient mettre le vaisseau à feu et à sang si elles se découvraient, ce sont des scènes de ménage, des engueulades autour de la table du dîner, des décisions pas faciles et une ambiance parfois pesante. Et la solitude, aussi. Imaginez-vous passer dix ans à fréquenter les mêmes douze personnes.
Et puis se posent d'autres questions, surtout avec le Parkinson du médecin... tant qu'à faire. Faut-il faire demi-tour ? Quelles sont les pertes acceptables ? Et comment gérer une blessure, une maladie, si on perd le médecin ? Et une panne si on perd un ingénieur ? Et une manoeuvre compliquée si on perd le pilote ? Bref... Quand on se met à penser à tout ça, c'est chaud, chaud, chaud.
Mais le Phaeton, c'est aussi la magie de sortir, pour la première fois de l'histoire de la conquête de l'espace, du système solaire. Et ça, j'avoue que comme pour les astronautes, pour moi, c'était un grand moment.

Bref, pour en revenir à la chose virtuelle, puisque c'est un peu le sujet, ben le holodeck a des ratés. Ca commence par Pike qui se fait descendre lors de son petit jeu de guerre, ensuite, c'est le toubib qui se fait flanquer par dessus bord, Pike, rebelote, qui se fait canarder quand il est au lit avec sa douce, et puis la petite Billie qui se fait... eh ben qui se fait violer par le triste sire que je peux pas saquer.

Et ça, c'est l'horreur. La pauvre gosse n'arrive pas à mettre fin au programme, et c'est parfaitement terrifiant de la voir allongée sur son lit, en train de se lacérer la paume des mains avec ses ongles.

Le débat qui suit est absolument passionnant... parce que du coup, on envisage d'arrêter net les petits voyages virtuels à cause de ce qu'on considère comme étant un dysfonctionnement. L'ennui, c'est qu'il y a aussi la possibilité que la jeune Billie ait des fantasmes un peu violents. Pauvre petite, elle est évidemment complètement traumatisée... mais est-ce qu'on peut considérer ça comme un vrai viol ou pas ? Ah ah ah, c'est une question qui tue !
J'ai trouvé qu'elle était abordée avec beaucoup de finesse et qu'on évite avec élégance la facilité et le vulgaire. Ca m'a vraiment beaucoup plu.
La réaction des autres qui ne veulent évidemment aucun mal à Billie mais sur lesquels s'abat une chape de plomb quand ils apprennent qu'ils vont peut-être être privés de leur seul moyen d'avoir un peu d'intimité et de s'échapper du Phaeton, c'est terrible. Parce que les modules virtuels, pour Jimmy Johnson, c'est le seul moyen de marcher, pour Alice, c'est le seul moyen d'être mère, pour Rika, c'est le seul moyen de tromper son mari, bref, sans ça, combien de temps ils vont tenir avant de s'entretuer ? Sûrement pas plus de quelques mois. Ca fout une trouille monstrueuse.

Et puis c'est l'occasion de découvrir aussi que Sue a vécu le même genre de truc, mais en vrai. Et c'était un chouette moment entre les deux nénettes qui à la base, n'ont rien en commun. C'est vraiment ce genre de choses que j'aurais eu envie de voir dans une série Virtuality. Il y a tellement à explorer que... ben que c'est triste.

Un petit peu avant l'affaire du viol, il y a aussi Pike qui commence à doucement partir de la fiole... et pas pour rien. Expérimentant pour la troisième fois une mort violente de l'autre côté du miroir, cette fois, ça lui fait un déclic. Et ça m'a fait un déclic à moi aussi quand j'ai revu cette scène une deuxième fois (car un revisionnage est indispensable une fois qu'on a capté ce qui se passe). Au moment où il revient à la réalité, il y a une porte qui s'ouvre... ou plutôt un sas. Et une fois sorti du monde virtuel, Pike se met à avoir un comportement complètement ahurissant.

Surtout aux yeux de ses coéquipiers qui le voient sauter en tous sens façon bi-polaire sous ecsta.
Eh bien c'est que notre commandant, il vient de réaliser un truc, sauf qu'on ne le sait pas encore et qu'on se dit que cette fois, il a complètement fondu un fusible. Au revisionnage, la conversation qu'il a avec ce bon Roger au sujet de la mésaventure de Billie m'a fait pousser des hurlements. C'est du pur génie.

Frank : What do you think ? Was it real ?
Roger : Why are you asking me, Frank ?
Frank : I'm asking if you know reality from fantasy, Roger.
Roger : I think I do. Do you know what's real, Frank ?
Frank : I'll tell you what I think. I think this mission has changed. I think our eyes are about to be opened. And that we are on the verge of a profound awakening that you and I cannot even imagine. And I think that the virt-modules are crucial to that awakening. I won't shut them down.

Tu m'étonnes, John. Euh, Frank.
Et comme par hasard, c'est là que ça part méchamment en couille. Déjà, quand je les ai vus partir tout guillerets pour réparer un petit souci près d'un sas, je me suis dit : "Uh, oh, y a pas bon airlock ! Airlock dangereux ! Airlock toujours s'ouvrir sans prévenir !"

Ca part gentiment, ça rigole entre z'amoureux qui se croient méga-discrets, La Sorcière lâche trois litres de bave devant les superbes combinaisons blanches de l'équipage...

Et là, d'un coup, mon Frank Pike se retrouve enfermé dans le sas. Tiens, c'est ballot, ça. Bon, allez, c'était rigolo, maintenant ouvrez la porte, les petits.

Sauf que c'est pas DU TOUT une blague et qu'en quelques secondes, on bascule dans une pure horreur. Et là, La Sorcière, elle se dit : "Nan. Il oserait pas faire ça."
Et à peine La Sorcière elle se dit ça qu'elle se souvient qu'elle a à faire à Ron Moore, LE type qui a tué Jim Kirk.
Ok, donc il va le faire. Et il le fait.
Le sas s'ouvre irrémédiablement. Avec une lenteur exquise. Le commandant n'a évidemment pas son casque, c'était bien la peine de se faire tout beau dans sa combinaison d'homme de l'espace. Le voilà aspiré direct vers la sortie. Rah, si Laura Roslin avait été là, elle en aurait mouillé son slip.

Voilà comment, à la stupéfaction générale, RDM nous tue son personnage principal.
J'en suis restée complètement sous le choc. Il a fallu que je les regarde ranger le cadavre dans un tiroir pour réaliser.

J'ai ressenti exactement la même chose que les pauvres sous-fifres du commandant Pike. Pendant une heure et quart, on nous le place comme le type qui assure la cohésion, le gars bien, celui qu'on suivrait jusqu'à Eridani sans jamais moufter. Le héros, quoi.
Et là, pouf, plus rien.

Et on se dit qu'avec Jimmy Johnson aux commandes, ben euh...

Franchement, tout ça m'a poursuivie toute la journée. Quand j'ai éteint l'ordi hier soir, ok, c'était fini, j'ai bien dormi et tout. Mais aujourd'hui, impossible de me sortir cette histoire de la tête, totalement impossible. Je revois les scènes, je revois les personnages. Et puis d'un coup, ça a fait chboum là-dedans... j'ai repensé au Loft, au sas... à Pike et à son flingue. Et à sa phrase : "I was blind but now I see."

En fait, j'ai comme l'impression que le commandant a été sorti de force du Loft. Parce qu'il avait compris. Compris quoi ? J'en sais rien. Mais c'est comme s'il était sur le point de lever le voile sur une énorme supercherie, et j'en arrive à être persuadée que tout ça n'existe pas. Que le Phaeton n'existe pas. Que la mission Eridani n'existe pas. Que personne ne regarde l'émission sur Terre, mais qu'ils sont tous comme des rats de laboratoires qu'on va disséquer, dont on va voir jusqu'où ils sont capables d'aller. Une expérience à échelle humaine, en somme. Piquons-les un peu, et voyons ce que ça donne. Saupoudrons d'un peu de Parkinson, d'un soupçon de viol, et régalons-nous de les voir se débattre.
Pourquoi ? Peut-être pour préparer une vraie mission Eridani ? Ou pas ?
C'est là que perso, je bloque. Mais une chose est sûre, de leur côté, les autres vont lentement se mettre à envisager toutes les options possibles, et Roger Fallon, il n'est pas très loin de comprendre ce qui se passe.
Sans parler de Jules, le concepteur du vaisseau, qui est bien décidé à comprendre pourquoi celui-ci a tué son commandant.
Et puis il y a Rika qui s'offre la scène de fin. Qui découvre, par on ne sait quel miracle, les petites lunettes de son amant dans ses quartiers, et qui va faire un petit tour dans son monde virtuel à lui.

Pour l'y trouver, naturellement.

Frank : It's okay, Rika. None of it's real.
Rika : What ?
Frank : Follow me through the mirror and down the rabbit hole because the only way out for any of us now is to keep going. Trust me. It has to be this way.

Et évidemment, dans sa petite salle de montage (oh mon Dieu, l'écran géant tactile, j'ai frôlé l'orgasme !), Roger se passe et se repasse la scène de la mort de Frank... et là...

Il capte le "I love you" que le captain articule à Rika de l'autre côté de la vitre.

Super chouette... Mais tellement de questions, ptain ! Ca appelle tellement une suite, c'est de la torture !
On est à quelle époque, exactement ? Et c'est qui, l'affreux qui viole les filles et tue les gens dans les mondes virtuels ? Pourquoi Alice va-t-elle lui parler à la fin ? Pourquoi est-ce qu'on n'a pas su plus tôt que c'était lui, son gynéco dans sa réalité ? Est-ce que c'est elle, la taupe de la prod ?

Bref, est-ce qu'on parle d'un monde virtuel à l'intérieur d'un monde virtuel ? Auquel cas... aïe ma tête ! Mais ce serait génial ! De jouer sur la virtualité DANS la virtualité !

En tout cas, que ce soit ça ou pas, on aurait fait un voyage splendide... surtout que j'ai trouvé le cast vraiment prometteur. Très peu de visages connus, mais un magnifique Danois aux oreilles très intéressantes aux commandes (et qu'on n'aurait pas manqué de revoir, j'ai dit !), plein de Britons comme je les aime, et Clea Duvall qui avait déjà bossé avec RDM sur Carnivàle... rah. Ca aurait été génial.
Evidemment, c'est filmé avec talent, on passe des caméras fixes du Phaeton à la caméra à l'épaule, et même à la mini-caméra de Billie.
C'est lent, parfois muet, on pense à Solaris, à 2001, à BSG, aussi, au travers de certaines images telles que celle-ci.

On sourit quand Alice parle de coins coupés. Et puis le fait d'arriver à bord du Phaeton au bout de six mois de voyage aurait pu nous réserver un tas de chouettes surprises à venir, du même ordre que celles qu'on a déjà dans le pilote. C'est frustrant de ne pas assister au lancement de la bête, mais du coup, on se pose des tas de questions... y a-t-il jamais eu un lancement ?

Et puis il y a bien sûr la critique de notre société, de nos refuges virtuels... et encore, je n'y vois même pas tant une critique que des questions, justement. Franchement, j'adore. Et j'ai vraiment du mal à en sortir.
J'avais rien vu d'aussi alléchant depuis longtemps, et hormis Caprica, je n'avais pas été autant séduite par un pilote depuis un bon moment. Et le pire, c'est que je me dis que si je le revoyais encore deux ou trois fois, je trouverais encore plein de trucs que j'ai pas compris. Et ça, nom d'un chien, j'adore.

Bref, je suis verte. Et j'ai vraiment l'impression que la Fox m'a privée de dessert.

 

Réplique du jour

"Oi !"

(The Doctor, Doctor Who)

 

Beat it ?

Encore une fois, c'est pas parce que je n'en parle pas ici que je n'en parle pas ailleurs ou que ça ne me fait rien. Il se passe des choses dans ma vie à côté du blog, hein ? Et puis il y a des fois où je n'ai pas envie de poster certaines choses ici, et c'est comme ça...

(En l'occurrence, ça ne me fait pas grand-chose, mais bon, c'est peut-être parce que outre que j'ai l'habitude de traiter les disparitions de personnes célèbres, dans mon entourage, il y a eu un décès qui m'a vraiment fait pleurer au début de la semaine, et autre chose que celui d'un type de cinquante ans qui avait une hygiène de vie un peu zarbi. Donc voilà, je vais pas m'étendre sur le sujet, d'ailleurs j'en ai même pas - ou très peu - parlé aux gens qui me connaissent et me lisent parce que je n'ai pas envie d'en parler. Hop, comme ça, le message est passé.)

Alors si c'est ça la question : oui, comme la plupart des gamins des années 80, j'ai été très fan, j'ai regardé la série animée, et un des premiers albums que j'ai achetés avec mes sous, c'était "Bad" et j'avais dix ans. C'était et ça reste un album génial que j'écoute encore avec plaisir. Voilà. Pas grand-chose de plus à dire que ce qui se dit partout depuis le début de la semaine... comme quoi ça valait pas vraiment un billet.

 

...

...

Nan, j'ose pas... Je peux pas... Devinez, vous...

 

306 : Si se puede

Ouillouillouille ! Ca commence à devenir très, très critique, là. Moi, j'ai beaucoup de mal !
Ca m'énerve, ce qui se passe, en fait. Cet épisode, je l'ai regardé d'un oeil et écouté d'une oreille, et ni mon oeil ni mon oreille ne sont satisfaits. Et moi encore moins.

Je fatigue, mine de rien. De voir Dexter passer son temps à vouloir prouver à son père qu'il a tort. C'est bien, mais c'est pas très intéressant, parce que les seules options que je vois se profiler, c'est qu'il envoie péter définitivement la partie de lui-même qui continue à être hantée par son paternel (et ce serait pas dommage, j'en peux plus de Harry, c'était sympa au début, mais maintenant, ça devient grossier, comme procédé), soit qu'à force de ne pas vouloir faire comme Harry, eh ben il le fasse.
J'aimerais beaucoup qu'on me trouve une solution intermédiaire un peu moins nunuche, mais j'y crois moyen.

Le seul truc qui m'intéresse, dans cette histoire, outre la vie familiale du tueur, c'est le fait que cette saison, on explore plus que jamais le côté sombre de la police et des organes supposés faire régner l'ordre et la loi.
On avait évidemment Dexter et son Dark Passenger. On a désormais Ramon Prado qui use de méthodes super chouettes pour torturer ses petits copains. On a le procureur Miguel Prado qui fait évader ses prisonniers pour les faire occire par un tueur en série. On a le Quinn, là, Iceman, dont ça m'étonnerait pas qu'il ait une toute petite tendance à écorcher les gens qui le gênent. Et on a un peu aussi le patapouf d'Angel et ses petits dérapages pas super contrôlés avec les ribaudes, mais bon, ça va encore.
D'ailleurs, en parlant de ça, j'ai bien ri quand cette nigaude de Deb demande benoîtement à son frère : "Do you think a fellow cop could do something this sick ?"

Noooon, ma chérie, jamais de la vie, voyons.
Bon, il faut dire que le coup du gamin écorché, là... brrrr, atroce.

(Je mets pas la capture de face, hein, parce que bon. J'ai été tentée, mais voilà, quoi.)

Donc ça, c'est le thème général de la saison que je trouve plutôt bien décliné surtout que plus on avance dans les épisodes et plus on se rend compte que tous les personnages sont dedans jusqu'au cou.

Et puis il y a le thème de l'épisode, l'amitié, donc, et comment ça se passe quand on la mêle au business.
J'ai relativement aimé les réactions de Dexter face à Miguel qui fait de super grands projets pour eux deux, et qui nous éventre une poiscaille sans broncher tandis que Dex joue les spectateurs du massacre. C'était assez drôle.

Et j'ai bien aimé aussi le fait que notre tueur se montre aussi cachottier. C'est vrai que le procureur a capté son petit secret, mais il ne se doute vraiment pas de la personne à laquelle il a à faire. Il voit en Dex un justicier masqué alors que celui-ci tue avant tout pour satisfaire ses pulsions, choisissant des rebuts de l'humanité parce que débarrasser la Terre de ces chacals, c'est un moindre mal.
Je me demande bien quelle serait sa réaction s'il surprenait Dexter en plein rituel. Ce ne sera pas le cas ici, et Prado s'en amuse. Mais cela viendra sans doute. Même si son pote a décidé qu'il avait besoin d'un peu d'intimité quand il est question de saigner un gus à blanc.

Miguel : Together we can make a difference.
Dexter : We ?

Voilà, ça, pour moi, c'est la réplique de l'épisode. D'une part parce que Dexter est complètement soufflé d'avoir un ami, un vrai, un qui ne fuit pas en courant et en agitant les bras lorsqu'il découvre que pendant son temps libre, il découpe des gens.
Et ensuite parce qu'il n'a pas l'habitude de ça. Et qu'il n'est pas bien sûr de vouloir s'y habituer. D'autant que son père, cet enfoiré, a toujours fait en sorte que Dexter n'ait jamais d'ami.

Honnêtement, dans ces moments-là, on se demande une fois de plus si Harry n'a pas tout fait pour que son fils soit et surtout reste un monstre.

Harry : Never underestimate the capacity of other people to let you down.

C'est sympa, ça, Harry, merci d'être passé.

Je me suis également amusée à constater que Rita, aussi étonnant que ça puisse paraître, connaît également le même dilemme que Dex, puisque la femme de Miguel lui propose de venir bosser avec elle.

Je me suis désolée de voir Deb aller raconter à Quinn le cirque de la petite punaise sous Ritaline qui veut la mettre sous écoute pour le confondre.

Je ne comprends pas qu'elle ne se méfie pas davantage de l'un comme de l'autre. C'est encore des coups à finir ficelée à bord d'un bateau pour aller se faire découper en tranches, ça, ma petite Deb !
Je sais bien que ça doit beaucoup rapprocher d'être témoins ensemble des dérives d'un collègue, en l'occurrence Ramon Prado, mais for god's sakes, woman ! Use your brain !

Pour finir, je suis restée bien perplexe devant les scènes de Dexter avec la dame au cancer du poumon. Alors là, j'ai dû m'assoupir ou avoir une subite envie de regarder les mouches voler parce que j'ai pas compris. Si ce n'est que c'était très, très dur à regarder.

(Pour moi beaucoup plus qu'un faux gamin écorché, je l'avoue.)

Ce que j'en retiens, c'est que Dexter, si prompt à ôter la vie, semble fasciné de regarder celle-ci qui ne veut pas s'en aller.

Et ce con-là m'a donné quelques grosses envies de Key lime pie.

Bref ! J'ai du mal, j'ai du mal. Et comme il y a bien douze épisodes et non dix comme le prétendait la Chéché hier soir, je le sens pas super !

 

Humeur du jour

J'ai beau avoir très bien mangé au resto hier soir, elle me manque un peu, la bonne cuisine de ma mère.

 

Réplique du jour

"You're not my type."

(Gina Inviere, Battlestar Galactica)

 

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